CHAPITRE XXI
Ruine de Babylone. Nuit qui menace l'Idumée. Malheurs qui doivent tomber sur l'Arabie.
1. Malheur accablant du désert de la mer. Comme des tourbillons viennent de l'Africus, il vient du désert, d'une terre affreuse.
2. Une vision pénible m'a été annoncée ; celui qui est incrédule agit infidèlement; et celui qui
notre espérance, ceux auprès | dépeuple, dévaste. Monte, Elam;
4. Nus et déchaussés; littér. nue et déchaussée (nudam et discalceatam), au singulier, quoique se rapportant à caplivilé aussi bien qu'à h'ansmigration. C'est encore un hébraisme en vertu duquel, lorsqu'un attribut a deux sujets partiels, il peut concorder avec le plus voisin. — * Les troupes de Sargon purent emmener des captifs égyptiens en Assyrie, mais Asaraddon surtout, son petit-fils, et Assurbanipal, son arrière petit-fils, emmenérent en captivité un grand nombre de jeunes hommes et de vieillards pris en Egypte.
5. Ils seront confondus, etc.; c'est-à-dire frustrés du secours qu'ils attendaient de l'Ethiopie, et de la gloire qu'ils espéraient recueillir par leur alliance avec l'Egypte. 6. Ile; le terme hébreu signifie proprement contrée éloignée, lointaine, et aussi voisine de la mer. Ainsi i! s'agit ici des habitants des contrées maritimes dela Palestine.
1-10. * Prophétie contre Babylone. Elle porte un titre un peu énigmatique, dans lequel Babylone est appelée désert de la mer. Babylone fut assiégée trois fois pendant la vie d'Isaie, en 710 par Sargon, en 103 et en 691 par son fils Sennachérib. Mais le siège de Babylone qu'annonce la prophétie, et la dévastation qui en est la suite, sont postérieurs, car au temps de Sargon et de Sennachérib, ce ne furent point les Elamites et les Perses qui s'emparerent de la ville; la prédiction ne s'accomplit que longtemps aprés la mort d'Isaie, quand Cyrus se rendit maitre de cette fameuse cité, Les détails que nous ont transmis les auteurs anciens sur la prise de Babylone par ce prince sont en parfait accord avec ce que nous lisons ici.
1. Malheur accablant. Voy. x, 1. — Désert de la mer; c'est-à-dire Babylone, ainsi appelée, soit à cause de sa position sur l'Euphrate, et des lacs qui étaient dans son désert ou sa campagne, soit, comme dit saint Jéróme, à cause de l'état οὐ elle devait être réduite un jour. Compar. xui, 4, et Jérémie, τα, 36, 41. — 11 vient; c'est-à-dire l'ennemi. — D'une terre affreuse; la Médie et la Perse, pays affreux, en effet, en comparaison de Babylone. — * Comme des lourbillons viennent de l'Africus, en hébreu, du Négeb, au sud de Juda, ainsi appelé à cause de son aridité et de sa sécheresse. Les tempétes sont terribles en Babylonie et en Susiane : « On peut les voir, dit Layard, quand elles viennent du désert, portant avec elles des nuages de sable et de poussière. L'obscurité devient presque complète. » Les tempêtes du sud de la Palestine sont du méme genre. Voir Zacharie, ix, 14; Osée, xiu, 15; Jérémie, 1v, 11; xui, 2^; Job, τ, 19; xxxvii, 9.
2. Elam; la Perse, représente ici Cyrus, qui en était; elle est ainsi nommée, parce qu'elle fut habitée par les descendants d'Elam, fils de Sem. — Méde; Darius, roi des
Mède, assiége; j'ai fait cesser tous ses gémissements.
3. A cause de cela mes reins sont remplis de douleur; langoisse s'est emparée de moi comme langoisse d'une femme en travail; je suis tombé, lorsque j'ai entendu, j'ai été tout troublé, lorsque j'ai vu.
4. Mon cœur s'est flétri; des ténebres m'ont frappé de stupeur; Babylone que je chérissais m'est devenue un sujet d'étonnement.
5. Dresse la table; contemple dans une guérite ceux qui mangent et qui boivent : levez-vous, princes, saisissez le bouclier.
6. Car voici ce que m'a dit le Seigneur : Va, et place une sentinelle; et tout ce qu'elle aura vu, qu'elle l'annonce.
7. Et elle vit un chariot conduit par deux cavaliers. 7702 qui montait un àne, et /'autre qui montait
(cu. xxr.]
un chameau; et elle considéra soigneusement d'un œil tres attentif. |