BARUCH. — OBSERVATIONS GÉNÉRALES
faveur de ces derniers, Jér., xuur, 3. La quatrième année de Joakum, il alla lire au roi les prophéties de son maitre, qu'il avait écrites sous sa dictée, et il les écrivit une seconde fois de la méme maniére, quand le roi eut jeté au feu la premiére édition, xxxvr. Les persécutions qu'il eut à subir lui causérent un moment de découragement, mais il ne dura pas, xLv. Plus tard, sous le règne de Sédécias, il fut mis en prison avec Jérémie, et il y resta jusqu'à la prise de Jérusalem (588); il se retira alors à Masphath, et fut ensuite forcé, comme Jérémie, de suivre les Juifs fugitifs en Egypte, Jér., xri, 6. Tl alla enfin à Babylone et il y mourut. Quelques-uns croient qu'il avait déjà visité cette ville la quatriéme année de Sédécias (594), avec une ambassade royale dont son frére faisait partie et qui s'y était rendue, sur la demande de Jérémie, pour consoler |les captifs. Cf. Jér., ur, 61.
Le style de Baruch, sans avoir la magnificence d'Isaie, est remarquable, et l'on sait l'admiration qu'il avait inspirée à La Fontaine; aprés l'avoir lu, il demandait à tous ceux qu'il rencontrait : « Avez-vous lu Baruch? C'était un grand génie. » ?
Les cing premiers chapitres de la prophétie sont de Baruch; le sixième conlient une lettre de Jérémie. La plupart des protestants et les rationalistes nient l'authenticité du tout. — I. Les cinq premiers chapitres sont réellement l'oeuvre de Baruch, comme l'affirme le titre, 1, 1. — 1° On conteste, il est vrai, l'autorité de ce titre, mais c'est sans fondement. Il porte, 1, 2, que Baruch écrivit sa prophétie la cinquiéme année aprés la ruine de Jérusalem, 583. C'est inadmissible, dit-on, parce que Baruch avait accompagné Jérémie en Egypte, Jér., xLu1, 6. Mais il est facile de répondre qu'il ne suit nullement, de ce que Baruch était allé en Egypte en 588 ou 587, qu'il n'était pas en Chaldée en 583. — 2» On prétend trouver dans le cours du livre des passages qui indiquent qu'il a été écrit aprés la fin de la captivité et aprés la reconstruction du temple, 1, 10, 14; ,זז 26. — L'auteur parle incontestablement, dans ces passages, de l'autel du Seigneur et de la maison de Dieu, mais c'est de la maison de Dieu ruinée et de l'autel sur lequel on continuait à offrir des sacrifices, comme dans les passages analogues de Jérémie. — II. Quant à l'authenticité de la lettre de Jérémie, ch. vi, le titre l'attribue à ce prophéte, et il est confirmé par ce que dit le second livre des Machabées, τι, 1-2.
Le livre de Baruch se partage en deux parties principales, 1-ur, 8, et 111, 9-v. La lettre de Jérémie, placée à la fin, en forme comme un appendice. — I. La première partie renferme : — 1? une introduction, 1, 1-14, et 2° une prière qui se subdivise en deux sections : la premiére section est une sorte de confession dans laquelle le peuple captif reconnait ses péchés, r, 15-1; dans la seconde section, les coupables repentants demandent à Dieu de mettre un terme au chàtiment qu'ils reconnaissent avoir mérité, ir, 1-8. — II. La seconde partie contient un discours de Baruch. — 1° Il exhorte le peuple à chercher la vraie sagesse et à se convertir, ur, 9-rv, 8. Les versets 36-38 du ch. πὶ renferment une prophétie messianique remarquable, dans laquelle la plupart des Péres ont vu la méme pensée que celle exprimée dans l'Evangile de S. Jean : Le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous. — 2? Il consoleles captifs, leur recommande d'être fermes et courageux, et leur promet qu'ils seront vengés, iv, 9-29. — 3? Il s'adresse à Jérusalem elle-même, et lui annonce que ses fils, emmenés avec ignominie sur la terre étrangère, reviendront à elle avec gloire, tv, 30-v,