De la méme maniere est
dans un jardin l'aubépine, sur la-
quelle toute espèce d'oiseau se
BARUCH
perche. Pareillement, à un mort jeté dans les ténebres sont semblables leurs dieux de bois et dorés et argentés.
11. Par la pourpre aussi et par l'écarlate qui est sur eux et que rongent /es vers, vous saurez donc quils ne sont pas dieux. Euxmémes aussi enfin sont mangés, et ils seront un opprobre dans le pays.
12. Mieux vaut l'homme juste qui n'a point de simulacres; car il sera loin des opprobres.
69. Un épouvantail qu'on a mis dans un champ effraye d'abord les oiseaux ; mais ils découvrent bientót ce qu'il est réellement, et dés lors il ne leur inspire plus
aucune crainte.
10. * L'aubépine ne nuit pas aux oiseaux qui se perchent sur ses branches et ne
les effraie pas.
ÉZÉCHIEL
INTRODUCTION
Ezéchiel (Dieu rend fort) était fils de Buzi, et de race sacerdotale. Onze ans avant la ruine de Jérusalem, en 598 av. J.-C., il fut transporté par Nabuchodonosor à Babylone avec le roi Jéchonias, les grands du royaume et un cerlain nombre de prêtres. Il se fixa à Tell-Abib, sur les bords du fleuve Chobar, au milieu d'une colonie de Juifs, déportés comme lui; là il se maria et eut une maison à lui. La cinquième année de sa captivité, 593 av. J.-C., il fut appelé de Dieu au ministère prophétique, et il l'exerca au moins vingt-deux ans, puisque la prophétie xxix, 17, est datée de la vingt-septième année de sa caplivité, 571 av. J.-C. Une antique tradition rapporte qu'il fut mis à mort par un prince de son peuple à qui il reprochait son 100181116, et qu'il fut enseveli dans 16 tombeau de Sem et d'Arphaxad. Il mourut sur la terre étrangére, avant la conquéte de Babylone par Cyrus. Ce prophéte vécut ainsi pendant les plus mauvais jours de l'histoire de Juda; déporté, il apprit en exil les détails lamentables de la ruine de Jérusalem et du temple, et il ne vit point briller le jour de la délivrance, plus malheureux que Jérémie, laissé par les Chaldéens dans sa patrie pour en pleurer les désastres, et que Daniel, qui contribua auprés du vainqueur de Babylone à mettre un terme à la captivité.
Mais l'énergie et la forte trempe ₪6 son caractère, qui avaient leur racine dans sa foi, lui firent supporter avec patience et courage les épreuves de la captivité. Profondément attaché à la religion de ses pères, rempli des sentiments du plus ardent patriotisme, c'était bien le prophéte qu'il fallait pour soutenir ses fréres emmenés avec lui en captivité; aussi allaient-ils chercher auprés de lui et dans sa maison les consolations dont ils avaient besoin. Jamais il ne se conduit comme un homme ordinaire; il se comporte toujours, il pense, il sent, il agit, comme un prophéte soutenu par le bras de Dieu et plein d'une force surnaturelle.
Le style d'Ezéchiel se distingue dans l'original par un grand nombre de mots et de formes qui lui sont propres. Il s'efforce d'imiter le langage du Pentaleuque; mais vivant au milieu d'un peuple étranger qui parle l'araméen, il emprunte beaucoup à cette langue. Le trait le plus caractéristique du genre du prophète, c'est sa prédilection pour les symboles. Non seulement ils sont très hombreux dans ses écrits, mais il les expose et les développe plus longuement et avec plus de détails qu'aucun autre écrivain inspiré. De plus, un grand nombre de ses images sont nouvelles et empruntées au milieu dans lequel il
fon. 1.] ÉZÉCHIEL. 1861
vivait, ainsi que nous le verrons plus loin. C'est principalement de là que provient l’obscurilé de son langage. Mais si son langage est peu clair, la faute en est beaucoup plus à notre ignorance qu'à sa maniére de parler; les images qui lui étaient familiéres, ainsi qu'à ceux qui vivaient avec lui en captivité, nous sont inconnues, et par suite fort peu intelligibles. Il n'a pas, du reste, l'éclat d'Isaie, maisil surpasse en élégance Jérémie.
L'authenticité des prophéties d'Ezéchiel n'a jamais été sérieusement contestée.
Ces prophéties forment un tout bien ordonné. Elles se partagent en deux parties trés distinctes : la première, 1-xxxir, antérieure à la prise de Jérusalem, a pour objet les jugements de Dieu contre son peuple et les peuples étrangers; et la seconde, xxxmr-xLvir, postérieure à la ruine de Jérusalem et du temple, l'accomplissement des promesses messianiques faites à Israél.
La destruction de la capitale de la Judée est donc le point central de tout le livre. Avant la catastrophe, le but d'Ezéchiel est d'exciter au repentir de leurs fautes ceux qui vivent dans une fausse sécurité, de les prémunir contre la confiance aveugle qu'ils mettent dans les secours de l'Egypte, car elle ne pourra les sauver des mains des Babyloniens, et de les assurer que le siége de la cité sainte est proche et leur malheur inévitable. Aprés ce terrible événement, il s'occupe surtout de consoler les captifs par la promesse de la délivrance future et du retour dans la patrie; il les encourage en méme temps par l'assurance des bénédictions messianiques.
Tous les oracles d'Ezéchiel sont disposés par ordre chronologique, excepté ceux qui concernent les nations étrangères, xxv-xxxrir. Ces derniers sont rangés d’après la nature des sujets; ils portent leur date, et elle montre qu'ils appartiennent à la premiére partie du livre, non à la seconde. Ils ont été la plupart composés dans l'intervalle qui sépare l'annonce du siège de Jérusalem et l'arrivée de la nouvelle de la prise de cette ville. — On admet généralement que les prophéties d'Ezéchiel ont été rangées dans leur ordre actuel par leur auteur luiméme.
1. Or il arriva en la trentieme CHAPITRE PREMIER. année, au quatrième 7207s, au cin-
Première vision d'Ezéchiel. Au milieu | Quième jour du mois, que lorsque d'un nuage enflammé paraissent quatre | j'étais au milieu des captifs, prés
animaux; prés d'eux quatre roues; au- | du fleuve de Chobar, lescieux fudessus d'eux, un firmament sur lequel
est un tróne, et, sur ce tróne, un rent ouverts, et je vis les visions homme assis et tout environné d'éclat. | de Dieu.
Cuap. I. 1. Infra, ,זוז 23; x, 20; xri, 3.
1. Trentiéme année d'Ezéchiel, selon les uns, de la découverte du livre de la loi sous Josias, suivant les autres, ou selon d'autres, parmi lesquels l'auteur de la Paraphrase chaldaique, du commencement du règne de Nabopolassar, père de Nabuchodonosor; manière de calculer les années qui étaient en usage chez les Babyloniens. — Quatrième mois de l'année sacrée, et le dixième de l'année civile. Il commencuit à la nouvelle lune de juin, selon les rabbins, mais c'était plus probablement à celle de juillet. — Chobar; en hébreu Chébar; fleuve qui prend sa source dans la Méso-
180? ÉZÉCHIEL. (cu. 1.]
2. Le cinquième du mois, c'est 4. Et je vis, et voilà qu'un vent la cinquième année de la trans- | de tourbillon venait de l'aquilon; migration du roi Joachim, etune grande nuée,etun feu tour-
3. La parole du Seigneur fut | noyant, et une lumiere éclatante adressée à Ezéchiel, le prétre, | tout autour, et du milieu, c'est-àfils de Buzi, dans la terre des Chal- | dire du milieu du feu, brillait déens, prés du fleuve deChobar,et | comme une espèce de succin; là fut sur lui la main du Seigneur. 5. Et au milieu du feu la ressem-
potamie et se jette dans l'Euphrate. — * Il est assez difficile de savoir au juste quel est ce fleuve Chobar, Kebár. Ce n'est pas le Chaboras, KAábor, de Gozan, qui se jette dans le Tigre, IV Rois, xvu, 6, puisque ce nom est écrit différemment; c'est, d'après la plupart des anciens interprétes, le Khabour actuel, qui arrose la haute Mésopotamie et se jette dans l'Euphrate; il est cependant plus vraisemblable que ce nom désigne ici un des canaux de l'Euphrate, dans les environs de Babylone, parce que le texte ajoute, r, 3, dans la terre des Chaldéens, désignation qu'on ne peut appliquer au Khabour, qui coule au nord de Babylone, tandis que la Chaldée était située au eud de cette ville.
3. La main du Seigneur; c'est-à-dire, l'action, la force, l'énergie de l'Esprit saint, dit Théodoret.
4-28. * Les trois premiers grands prophètes reçurent chacun leur mission dans une vision qui en marque le caractère spécial, 1s., vi; Jér., 1; Ez., rm, 21. Eloigné du temple et de la cité sainte, Ezéchiel vit en exil, prés du fleuve Chobar, en Chaldée. Là se trouvaient une parlie des Juifs qui avaient été déportés en méme temps que le roi Jéchonias, par Nabuchodonosor, lors de son second siège contre Jérusalem. Le but que s'était proposé la Providence, en condamnant son peuple à la captivité, avait été, non pas de l'abandonner, mais de le convertir et dele purifier. Elle. suscita done un prophéte destiné à rappeler aux captifs que le Dieu de leurs péres ne les délaisserait point, mais qu'il tiendrait fidèlement toutes les promesses qu'il leur avait faites, et enverrait un jour à leurs enfants le libérateur qu'il leur avait annoncé. — Aux enfants de Jacob, transplantés sur une terre étrangère, Dieu fait parler par son Prophète un nouveau langage. C'est en hébreu qu'il s'adresse encore aux captis ; mais les images dont il va se servir sont empruntées en grand nombre au spectacle nouveau quils ont sous les yeux, aux monuments de l'art assyro-chaldéen en particulier, — Dieu se révèle à son Prophète sous une forme humaine assez semblable à celle par laquelle les Assyro-Chaldéens représentaient le Dieu supréme. Il était porté sur ce qu'on a appelé improprement char, d’où le nom de vision du char que les rabbins donnent à cette théophanie ou manifestation divine. Des anges, d'une forme extraordinaire, apparaissent à Ezéchiel, comme les ministres des volontés du Seigneur. ll les décrit comme des animaux symboliques, saus les désigner par un nom particulier; il apprit plus tard qu'ils s'appelaient chérubins. On a découvert ces dernières années, dans les ruines des palais de l'Assyrie, des animaux sculptés qui portent précisément le méme nom et ressemblent d'une maniére frappante aux animaux décrits par le Prophète. Les chérubins avaient la forme de quatre animaux distincts. Ils avaient un corps de lion à droite et un corps de taureau à gauche, avec des pieds droits; une figure d'homme et des ailes d'aigle. Ils se regardaient deux à deux, face à face, comme dans les palais royaux et les temples d'Assyrie, et ils produisaient ainsi l'impression que décrit le Prophéte : « Ils ne se retournaient pas quand ils marchaient, mais chacun d'eux allait devant sa face. » En réunissant en eux les caractéres des quatre rois de la création animée, ils nous apparaissent comme l'embléme de toutes les qualités physiques et morales.
4. Un vent, etc. C'est Nabuchodonosor qui devait venir du cóté du nord dans la Judée pour la désoler. Quoique Ezéchiel füt dans la Mésopotamie, Dieu lui représente les objets comme s'il eüt été en Judée. — De succin (electri); que les anciens appelaient electrum, à cause de sa couleur jaune. — * Au lieu de succin, il faut plus probablement entendre un émail aux couleurs éclatantes.
9. La ressemblance, etc. Le Prophète ne nous donne pas ces animaux pour réels,
blance dequatre animaux ; et voici leur aspect : la ressemblance d'un homme.
6. Chacun d'eux avait quatre faces, et chacun d'eux quatre ailes.
7. Leurs pieds étaient droits, et la plante de leurs pieds comme la plante du pied d'un veau, et il sortait d'eux des étincelles avant l'apparence de l'airain le plus brillant.
8. Et des mains d'hommes étaient sous leurs ailes aux quatre côtés ; et ils avaient des faces et des ailes aux quatre cótés.
9. Et les ailes de l'un étaient jointes à celles de l'autre; ils ne seretournaient pas lorsqu'ils marchaient; mais chacun d'eux allait devant sa face.