CHAPITRE VI
Antiochus force les Juifs d'abandonner les lois de Dieu pour embrasser le culte des idoles. Cruautés exercées contre les Juifs fidéles à la loi du Seigneur. Dessein de Dieu en permettant ces maux.
Martyre du saint vieillard Eléazar.
1. Mais, peu de temps apres, le roi envoya un certain vieillard d'Antioche pour forcer les Juifs à abandonner les lois deleur patrie et de Dieu;
2. Pour sóuiller aussi le temple qui était à Jérusalem, et lui donnerle nom deJupiter Olympien ; à celui qui était à Garizim, le nom de Jupiter hospitalier, comme élaientceux qui habitaient celieu.
3. Aussi y avait-il une invasion de maux trés cruelle et funeste à tous;
4. Car le temple était rempli des dissolutions et des orgies des Gentils, et dhommesimpudiques, de prostituées; et des femmes se présentaient librement dans le lieu sacré, y portant ce qui était défendu.
9. L'autel aussi était plein de choses illicites qui étaient prohibées par les lois.
24. * Apollonius. Voir plus haut, ur, 5, et I Machab., τ, 30. 26. * Comme spectateurs des exercices militaires.
21. * Lui dirième, c'est-à-dire avec neuf autres personnes. L'auteur termine ici son récit par là mention de la retraite de Judas Machabée dans le désert de Juda, pour préparer le récit de ses exploits, qu'il commencera au chapitre vin.
1. D'Antioche; selon le grec, d'Athènes. — * Si ce vieillard, dont le nom n'est pas donné, était Athénien d'origine, comme le suppose le texte grec, il est clair qu'il s'était mis au service d'Epiphane.
2. Hospitalier, ou étranger. — Comme étaient, etc. Les Samaritains qui habitaient au pied du Garizim étaient des étrangers qu'on y avait transportés, pour remplacer les vaturels du pays, emimenés en captivité. — * Le Jupiter Olympien était leJupiter habitant le mont Olympe, le maitre du ciel et le maitre des dieux. Donner le nom de ce dieu au temple de Jérusalem, c'était profaner le lieu saint en le consacrant au culte d'une fausse divinité. — Jupiter hospitalier était Jupiter considéré comme le défenseur des droits de l'hospitalité, le protecteur des hótes et des étrangers. — Sur Garizim, voir v, 23.
6. En outre ni les sabbats n'étaient gardés, ni les jours solennels de la patrie n'étaient observés, et nul n'avouait franchement qu'il était Juif.
7. Mais ils étaient conduits par une cruelle nécessité, le jour de la naissance du roi, aux sacrifices profanes; et lorsqu'on célébrait la féte de Bacchus, on les contraignait d'aller couronnés de lierre en l'honneur de Bacchus.
8. De plus, par la suggestion des Ptolémées, il parut un décret pour les cités des Gentils, voisines de la Judée : qu'elles agiraient elles aussi de la méme maniere contre les Juifs, afin qu'ils sacrifiassent;
9. Etque ceux quine voudraient pointse conformer aux coutumes des gentils, elles les tueraient ; ainsi il n'y avait à voir que misere.
10. En effet, deux femmes, ayant été accusées d'avoir circoncis leurs enfants, furent conduiles publiquement par la cité avec ces enfanls pendus à leurs mamelles, et on les précipita par les murs.
11. Mais d'autres s'étant réunis dans des cavernes voisines, et y
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célébrant en secret le jour du sabbat, lorsqu'ils eurent été dénoncés à Philippe, ils furent brülés par les flammes, parce qu'ils craignaient par religion et pour l'observation du sabbat de se défendre.
12. Je conjure donc ceux qui doivent lire ce livre, de ne pas se scandaliser à cause de tant de malheurs, mais de considérer qu'ils sont arrivés, non pour la ruine, mais pour le chátiment de notre race.
13. Et en effet, ne pas laisser longtemps les pécheurs agir selon leurs désirs, mais en tirer promptement vengeance, c'est la marque d'un grand bienfait de Dieu.
14. Caril n'en est pas pour nous comme pour les autres nations; le Seigneur attend patiemment que le jour du jugement soit venu, afin de les punir dans la plénitude de leurs péchés.
15. Mais pour nous, il a décidé de maniere que, nos péchés étant montés au comble, c'est précisément alors qu'il se vengera de nous.
16. C'est pour cela que jamais il ne détourne sa miséricorde de:
1." Le jour de la naissance du roi était fêté dans tout l'Orient. Le grec ajoute que cette fête se célébrait tous les mois et il est certain en effet que les rois d'alors ne se contentaient pas de faire célébrer leur anniversaire au mois de leur naissance, mais à chaque mois de l'année. — Le lierre était consacré à Bacchus et l'on célébrait sa féte en se ceignant de couronnes faites avec le feuillage de cette plante.
8. Qu'elles ; littér., qu'ils, au masculin, parce que le mot cités est pris ici, non pour les lieux, mais pour les habitants de ces lieux. — * Des Ptolémées. Quelques manuscrits grecs portent Plolémée, au singulier, et cette lecture est plus vraisemblable. 1] s'agit de Ptolémée, fils de Dorymine, l'ennemi des Juifs, iv, 45; I Machab., 111, 38. — Les cilés des Gentils voisines, où il y avait des Juifs, en Phénicie, etc.
41. * Les cavernes sont nombreuses dans les environs de Jérusalem. — A Philippe, Plus haut, v, 22.
15. Nos péchés, etc.; c'est-à-dire, dés que nos péchés seront, etc. Plusieurs donnent à ce verset un sens opposé, en se fondant sur le grec ; mais nous croyons que ce texte dit au fond la méme chose que 1
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nous; et quand il chátie son peuple par l'adversité, il ne l'abandonne pas.
{7. Mais que ce peu de paroles dites par nous pour l'instruction des lecteurs soient suffisantes.
Maintenant donc il faut en venir à la narration.
18. Ainsi Eléazar, l'un d'entre les premiers des scribes, homme avancé en áge, et beau de visage, élait, la bouche forcément ouverte, pressé de manger de la chair de porc.
19. Mais lui, préférant une mort très glorieuse à une vie odieuse, allait volontairement au supplice.
20. Et considérant comment il faudrait s'en approcher, et demeurant ferme dans la patience, il résolut de ne pas commettre des choses iilicites par amour pour la vie.
91. Orceux qui élaient présents, louchés d'une injuste compassion, 8 681156 de /eur ancienne amiüépour cet homme, 6616 prenant à part, de priaient de souffrir qu'on apportàt des viandes dont il était permis de manger, afin qu'on püt feindre quil avait mangé des viandes du sacrifice, comme le roi l'avait commandé ;
22. Afin que par ce moyen il füt sauvé de la mort; et c'est à cause de /eur ancienne amitié pour cethomme, qu'ils exercaient envers lui cette humanité.
Il MACHABÉES.
23. Mais lui commença ἃ considérer ce qui était digne de son âge et de sa vieillesse vénérable, et la blancheur de ses cheveux unie à une noblesse innée de son âme, et les actes d'une parfaite conduite depuis son enfance ; et, selonles préceptes dela loi sainte, et établie par Dieu, il répondit aussitót, disant, qu'il voulait plutót étre envoyé dans l'enfer.
24. Caril n'est pas digne de notre âge de feindre, dit-il, pour que beaucoup de jeunes hommes, pensant qu'Eléazar, vieillard de quatre-vingt-dix ans, aurait passé àla vie des étrangers,
25. Soient eux-mêmes trompés par cette feinte, commise pour conserver un pelit reste de cette vie corruptible, et que, par là, jattire une tache et l'exécration sur ma vieillesse.
20. Car quand méme dans le temps présent je me délivrerais des supplices des hommes, je ne fuirais pas néanmoins la main du Tout-Puissant, ni étant vivant, ni étant mort.
27. C'est pourquoi sortant courageusement de la vie, je paraitrai digne de ma vieillesse;
28. Et aux jeunes hommes je laisserai un exemple de courage, si d'un esprit résolu, et courageusement, je souffre une mort honorable pour nostrès importantes et très saintes lois. Ces paroles
18.* Eléazar avait 90 ans, vers. 24; il était scribe savant dans la science de la loi mosaique.
23. L'enfer (infernum). Comme nous l'avons déjà remarqué plusieurs fois, 3 Ilébreux entendaient par ce mot, non le sépulcre, le tombeau, raais le lieu souterrain οὐ étaient réunies les àmes aprés la mort.