‹ La Sainte bible polyglotteChapitre 4041 sur 5262 · AVERTISSEMENT DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE LA PREMIÈRE ÉDITION

nalistes, contre la. vérité historique et divine des principaux récits qui y sont contenus.

Nous venons de dire en quoi nous avons táché de mieux faire que nos devanciers, et par quelle voie nous avons cherché à y parvenir. Avons-nous atteint ce but? on en jugera. Évidemment, quant à nous, si nous ne pensions pas que notre travail, envisagé sous les nombreux et divers points de vue qu'il embrasse, réunit au moins quelques avantages de plus que les autres travaux de méme genre, nous n'aurions jamais eu l'idée de le publier, ou plutót nous l'aurions abandonné, dés que nous aurions reconnu l’inanité de nos efforts. Mais avons-nous réussi de manière à êlre satisfait de notre œuvre, à la juger, non plus par comparaison avec les autres traductions francaises, mais avec le modéle dont nous avons entrepris la copie, c'est-à-dire la Vulgate, le livre que tout homme versé dans les matiéres bibliques considére comme le plus difficile à faire passer dans notre langue ? Sous ce rapport, personne assurément ne jugera notre traduction plus sévérement que nous ne l'avons fait nous-méme, parce que personne n'a mieux compris toute l'étendue des difficultés que présente un pareil travail, non seulement pour le langage et pour le style, mais pour le sens exégétique et théologique. Aussi n'est-ce pas sans dessein que, dés le premiers mots de cette préface, nous avons déclaré que, malgré nos quarante années consacrées à l'étude des diverses branches de la science biblique, nous n'aurions pas osé entreprendre une tâche aussi difficile, si nous n'y avions élé fortement engagé par des hommes dont l'autorité doit étre du plus grand poids pour nous. Nous sommes donc pleinement convaincu que dans quelques passages sur le sens desquels different entre eux, et les théologiens, etles commentateurs, el les Péres eux-mémes, nous avons pu ne pas choisir le sentiment le mieux fondé, malgré la comparaison la plus minutieuse des divers moyens qu'offre à un traducteur la critique sacrée, aussi bien que l'herméneutique et l'exégése. Nous ne sommes pas moins convaincu qu'en ce qui touche au langage et au style, plusieurs imperfections ont pu nous échapper, les unes par inadvertance, les autres par suite du système de littéralité, que nous avons adopté. Disons cependant que sur ce dernier point nous ne pensons pas avoir dépassé les limites que nous ont tracées des écrivains qui jouissent d'une grande autorité dans le monde littéraire.

Quant aux notes qui accompagnent notre traduction, il en est quelques-unes qui, au premier abord, paraitront peut-étre trop scientifiques; mais, comme cette traduction est destinée à tous les catholiques indistinctement, et par conséquent aux hommes instruits et méme aux savants, aussi bien qu'à ceux dont l'esprit est moins cultivé, nous avons cru qu'elles ne seraient pas sans quelque utilité. Encore ici, nous n'hésitons pas à le dire, il est trés possible que nous ne soyons pas toujours resté dans une juste mesure.

Il nous reste une derniére remarque à faire : c'est que les diverses fautes que l'on pourra relever dans notre traduction ne sauraient étre d'une grande importántee, puisque le Saint- «Siege; auquel nous avons cru devoir la soumettre, n'en a permis la publication qu'aprés un long examen fait par la S. Congréga- Lion de l'Index.

J.-B. GLAIRE

PRÉFACE

Le Nouveau Testament signifie proprement la nouvelle alliance que Dieu a faite avec les hommes par la médiation de Jésus-Christ mort sur la croix, mais ici il se prend pour les monuments ou les livres sacrés, qui nous font connaître, sous ses divers rapports, cette divine alliance ; c'est-à-dire les Évangiles, les Actes des Apótres, les Épîtres de saint Paul, de saint Jacques, de saint Pierre, de saint Jean, de saint Jude, et l'Apocalypse.

Le nom d'Évangile, qui est grec, et qui veut dire bonne, heureuse nouvelle, a été donné à l'histoire de l'avènement, de la doctrine, des actions, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, le Messié promis de Dieu, et annoncé par les prophètes. Les seuls Évangiles que l'Église chrétienne ait reconnus comme authentiques sont ceux qui ont été composés par saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean. Or, en écrivant son Évangile, saint Matthieu a eu principalement en vue de prouver aux Juifs que Jésus-Christ était le vrai Messie, fils de David, né d'une vierge, annoncé par les prophètes; aussi a-t-il cité plus de passages de l'Ancien Testament que les autres évangélistes. Saint Marc, en s'attachant, dans presque tous les chapitres de son livre, à faire ressortir la puissance divine de Jésus de

(4) Ge qui fait l'objet de cette Préface ne peut étre indiqué ici que fort sommairement, on le trouvera plus développé dans notre Abrégé d'introduction aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, p. 319 et suiv.

9316 PRÉFACE

Nazareth, indique suffisamment que dans la composition de son Évangile, son but a été de prouver que ce méme Jésus était le maitre souverain de toutes choses. Quant à saint Luc, il résulte bien de la lecture de son prologue, qu'il à voulu opposer à des histoires sans autorité ou peu exactes, son Évangile qu'il tenait de saint Paul et des apôtres, témoins fidèles et sûrs des faits qu'il raconte; mais si on examine son livre sous un point de vue général, on apercoit que son dessein est de montrer, par l’ensemble des faits et toutes les circonstances de la vie de Jésus de Nazareth, que ce méme Jésus est le véritable Sauveur de tous les hommes. Enfin saint Jean a eu plusieurs motifs d'écrire son Évangile. D'abord il ne pouvait résister au désir ardent des fideles d'Asie, qui voulaient avoir par écrit ce qu'il leur avait dit de vive voix. En second lieu, il était tout naturel qu'il cherchát à réfuter les erreurs de Cérinthe et d'Ebion, qui niaient la divinité du Verbe. Troisiemement, il voulait laisser à l'Église un corps plus complet de l'histoire et de la doctrine du Sauveur, et qui fût le supplément des autres Évangiles.

Le livre des Actes des Apótres, écrit par saint Luc, estainsinommé, parce qu'il contient le récit de ce que firent les apótres à Jérusalem, dans la Judée et dans les autres parties de l'univers, apres l'ascension de Jésus-Christ.Ainsi ilformecomme]lecomplément des Évangiles, qui contiennent en effet des promesses et des prédiclions, dont il présente lui-même l'accomplissement et la réalisation. Ajoutons qu'il est. très utile pour faire comprendre les Épitres des apôtres et surtout celles de saint Paul, lesquelles, sans les lumières qu'il nous fournit, resteraient dans bien des passages entierement inintelligibles.

Les Épîtres de saint Paul sont au nombre de quatorze, savoir: une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Éphésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiens, deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon et une aux Hébreux. Dans notre Abrégé d'introduction, etc., nous avons signalé les principales sources des difficultés particulieres à ces Epitres, en indiquant les moyens de les faire disparaître, au moins en partie.

Les autres Építres sont au nombre de sept, savoir : une de saint Jacques, deux.de saint. Pierre, trois, de saint Jean et; une de. saint Jude, Onles appelle catholiques, ou universelles, parce qu'elles contiennent des choses communes à toutes les Églises. On les nomme aussi canoniques, parce qu'elles renferment des règles ou canons

PRÉFACE. 2344 imporlants pour les mœurs et les instructions sur les matières de la foi, ou plutót parce qu'elles font partie du canon ou catalogue des livres sacrés. Le but général des Épîtres catholiques est, selon saint Augustin (De fide et operib., c. xiv), de réfuter les hérésies naissantes de Simon le Magicien, celles des Nicolaites, des Ébionites et autres hérétiques qui, abusant de la liberté évangélique, et prenant à contre-sens les paroles de saint Paul, enseignaient que la foi sans les œuvres suffisait pour le salut, et introduisaient ainsi une morale très corrompue.

Le mot grec Apocalypse, qui signifie révélation en général, désigne ici la révélation particulière qu'eut saint Jean l'Évangéliste dans l’île de Patmos, et qu'il a décrite lui-même dans unlivre qui, pour ce motif, a été aussi nommé Apocalypse. Mais comme ce livre, qui est en grande partie prophétique, contient un grand nombre de passages difficiles à comprendre, nous avons cru en faciliter l'intelligence, en établissant dans notre Abrégé d'introduction, etc., p. 503 et suiv., quelques principes à suivre, et quelques regles à observer dans son explication.

Nous rappellerons ici que l'Écriture sainte est la parole méme de Dieu, son divin Testament, le dépót de ses secrets et de ses divines volontés, et qu'elle ne saurait étre profitable, qu'autant qu'on la lira avec une foi vive, une humilité profonde, une soumission parfaite et une entière pureté d'intention.

J.-B. GLAIRE

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