Et Jésus aussi fut convié aux noces avec ses disciples
3. Or le vin manquant, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont pas de vin.
L'ÉVANGILE SELON SAINT JEAN
qu'importe à moi et à vous? Mon heure n'est pas encore venue.
9. Sa mere dit à ceux qui servaient : Tout ce qu'il vous dira, faites-le.
6. Or il y avait 15 six urnes de pierre préparées pour la pu-
4. Et Jésus lui dit : Femme, | rification des Juifs, contenant
qu'était né Nathanaél, Jean, xxr, 2. — « Aujourd'hui la Cana évangélique s'appelle Kafr-Kenna, sur le chemin de Nazareth à Tibériade. Les chrétiens y ont une église bátie des débris d'une autre plus magnifique, changée plus tard en mosquée et détruite aujourd'hui. On y [montre] deux des hydries dans lesquelles l'eau fut changée en vin. Elles sont en calcaire compact du pays ct travaillées assez grossièrement. Elles n'ont absolument aucune sculpture. Voici leurs dimensions : la grande urne, de forme plus arrondie, a 1 m. 20 centim. sur 80 centim.; la seconde, plus allongée, a 90 centim. sur 15. Chacune des hydries contenait, dit l'évangéliste, deux ou trois métrétes ; or cette mesure vaut près de 39 litres. La capacité des urnes de l'Evangile variait donc de 78 à 117 litres. Or la plus grande des urnes actuelles peut contenir 100 litres et la plus petite 60 litres. Il y a done compléte coincidence. Elles ont été vues à la fin du vi? siècle par Antonin le Martyr. — On montre encore à Kenna les ruines de Ja maison de l'un des douze Apótres, Simon, [que plusieurs croient étre l'époux des noces de Cana]. — S. Jérôme nous apprend qu'il y a deux Cana. L'une du côté de Sidon, et celle-ci il l'appelle la Grande; l'autre, qu'il appelle la Petite. Aujourd'hui les Arabes appellent Kenna-el-Djalil la Cana voisine de la Phénicie. Or el-Djalil en arabe signifie la Grande. Cet accord du nom moderne avec le texte de S. Jérôme tranche la question. » (J. 11. Micuow.)
4. Femme. Ce mot ne renfermait jamais chez les Hébreux une idée de mépris comme en français. Jésus attaché à la croix s'en sert, lorsqu'il recommande, de la manière la plus tendre, sa mère à son disciple bien aimé. Les Romains et les Grecs donnaient le titre de femme à des princesses et à des reines, en leur adressant la parole. — * > Plusieurs traduisent, sur le latin : > Que nous importe àl'un et à l'autre? » Mais la plupart entendent ces mots autrement: > Qu’avons-nous à faire ou à concerter ensemble? Laissez-moi la liberté que demande mon ministére. » Ce second sens parait mieux en harmonie avec l'acception de ces mots dans la Bible et avec l'esprit du quatrième évangile. Puisque S. Jean écrit pour prouver que Jésus-Christ estle Fils de Dieu, il doit plutót relever en lui un sentiment qui implique la conscience de sa divinité, qu'un autre où l'on verrait seulement un indice de sa nature humaine. « Un miracle, semble-t-il dire à sa Mère, est une œuvre toute divine : la chair et le sang n'y doivent avoir aucune part. C'est comme homme que je suis votre fils; c'est comme Dieu que je dois agir en ce moment. » En parlant ainsi, Notre Seigneur ne fait que répéter ce qu'il a déjà dit, en sortant du temple: que la volonté de son Père était la seule règle qu'il eût à suivre dans l'exercice de son ministère. Du reste, il n'y a dans ces paroles aucun reproche ni aucun blàme pour Marie, qui partage les sentiments de son Fils et qui entre dans sa pensée; mais pour ceux qui l'entendaient, pour les Apótres surtout, il y a une instruction importante: c'est que le Sauveur n'est pas avec sa Mére dans les mémes rapports qu'un enfant ordinaire ; c'est que, dans l'exercice de leur ministère, les ministres de Dieu ne doivent avoir aucun égard aux inspirations de la chair et du sang. — Quant au mot : « Femme, » c'est en hébreu comme en grec une appellation respectueuse, qui n'a rien de dur ni de dédaigneux. Sans exclure la tendresse filiale, clle réserve au Sauveur l'indépendance que son œuvre réclame. Il n'en emploiera pas d'autre quand il cherchera à consoler sa Mère au Calvaire, ni lorsqu'il se révélera à Madeleine, après sa résurrection. » (L. BAcuEz.)
6. * Deux ou trois mesures, dans l'original, melrelas. La metreta était là méme chose que le bath, lequel avait une capacité de 38 litres 88, — Pour la purification des Juifs, parce qu'ils se lavaient pour se purilier avant et aprés le repas.
chacune deux ou trois mesures.
1. Jésus leur dit : Emplissez les urnes d'eau. Et ils les emplirent jusqu'au haut.
8. Alors Jésus leur dit : Puisez maintenant, et portez-en au maitre d'hótel; et ils lui en porterent.
9. Sitót que le maitre d'hótel eut goüté l'eau changée en vin (et il ne savait d’où ce vin venait, mais les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient), le maitre d'hótel donc appela l'époux,
10. Et lui dit : Tout homme sert d'abord le bon vin, et aprés qu'on ἃ beaucoup bu, celui qui vaut moins; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à cette heure.
11. C'est là le commencement des miracles que fit Jésus à Cana de Galilée; et c'est ainsi qu'il manifesta sa gloire et que ses disciples crurent en lui.
19. Après cela il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples; mais ils y demeurerent peu de jours.
L'ÉVANGILE SELON SAINT JEAN
[cu. 11]
13. Car la Páque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem;
14. Et il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs assis ὦ leurs tables.
15. Et ayant faitcomme un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple avec les brebis et les bœufs, répandit l'argent des changeurs et renversa leurs tables.
16. Et à ceux qui vendaient les colombes, il dit : Emportez cela d'ici, et ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.
17. Or ses disciples se ressouvinrent qu'il était écrit : Le zèle de votre maison me dévore.
18. Les Juifs donc prenant la parole, lui dirent : Par quel signe nous montres-tu que tu peux faire ces choses?
19. Jésus répondit et leur dit : Détruisez ce temple et je le relèverai en trois jours.