C'est pourquoi Jésus ne se
L'ÉVANGILE SELON SAINT JEAN
(cn. χι.Ἶ
montrait plus en public parmi les Juifs; mais il s'en alla dans une contrée prés du désert, en une ville qui est appelée Ephrem, et il y demeurait avec ses disciples.
55. Or la Pâque des Juifs était proche, et beaucoup d'entre eux montèrent de cette contrée à Jérusalem, avant la pàque, pour se purifier.
56. Ils cherchaient donc Jésus, et se disaient les uns aux autres, étant dans le temple: Que pensez-vous de ce qu'il n'est point venu pour la féte? Or les pontifes et les pharisiens avaient donné ordre que si quelqu'un savait oü il était, 11 le déclarát afin de le prendre.
année-là? Les interprétes se divisent dans l'explication de ce passage. Suivant un certain nombre, par ces mots, Pontifex anni illius, répétés encore plus loin, S. Jean voudrait indiquer que c'était la première année du pontificat de Caiphe, le Sadducéen. Suivant d'autres, son intention serait de faire sentir l'avilissement du pontificat juif, sujet à passer, presque chaque année d'une personne à une autre, au gré des gouverneurs romains, et perdant à la fois l'inamovibilité, la considération et la sainteté. Plusieurs croient qu'il signale cette année entre les autres parce qu'elle a été marquée par des événements d'une supréme importance, surtout par la substitution du sacerdoce de Jésus-Christ à celui d'Aaron. Toutes ces interprétations sont plausibles à quelque degré. Mais il ne paraît pas qu'on puisse supposer qu'Anne et Caiphe exercaient alternativement le pontificat d'année en année. On n'a aucun exemple d'un pareil fait. S'il est dit dans les Actes qu'Anne était prince des prétres, cela signifie seulement qu'il était à la téte d'une famille sacerdotale; car S. Luc distingue parfaitement en cet endroit le grand-prétre des princes des prétres. Quant à la liaison qu'établit S. Jean entre la prophétie de Caiphe et son titre de grand-prétre: « étant le pontife de cette année-là, il prophétisa », il ne pouvait en étre assuré que par révélation. C'était bien l'usage de recourir aux grands-prétres dans les cas difficiles pour connaitre la volonté de Dieu, et l'Ecriture en certains endroits semble leur attribuer des lumiéres surnaturelles. Mais rien n'autorise à dire que le don de prophétie füt une de leurs attributions. D'ailleurs ce mot de S. Jean, « il prophétisa », ne doit pas se prendre à la lettre, dit S. Thomas. Ce qui résulte des paroles de lévangéliste, c'est que l'immolation du Sauveur a été décidée par celui qui avait charge d'offrir chaque année le sacrifice d'expiation pour le peuple. Le grand-prétre désigne bien ici et immole en quelque façon la victime divine qui va satisfaire pour les péchés du monde entier. En cela, il est, sans le savoir, l'instrument du ciel et l'orzane de l'esprit de Dieu. » (L. BACUEZ.)
54. * Ephrem, ville dont la situation n'est pas bien connue. Elle était dans le voisinage de Béthel, d'après Josèphe, et par conséquent au nord de Jérusalem