LES ÉPITRES PASTORALES
dans chacune de ces Epitres, et qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Aucune d'elles ne ressemble à un traité dogmatique ou polémique. Ce sont des Lettres proprement dites, des communications affectueuses, des instructions toutes pratiques, telles que l'áge de l'Apótre, sa dignité et ses relations avec ses disciples le mettaient en position de leur en adresser. Convaincu qu'ils ne demandent qu'à connaître ses sentiments pour entrer dans ses vues, il leur écrit au courant de la plume, sans se préoccuper d'ordre ni de méthode. Les préceptes, les exhortations, les maximes, les pressentiments, les détails intimes arrivent. pêle-mêle et se pressent sur le papier comme. dàns. son esprit. Aussi serait-il difficile d'en faire un résumé ou une analyse proprement dite.
Ajoutons que diverses indications, fournies par ces Lettres mêmes, ne permettent guère de leur fixer une place dans la partie de la. vie de S. Paul que les Actes nous retracent. Ainsi, dans la premiere à Timothée, on. voit que, lorsqu'il l'écrivit, l'Apótre venait de quitter Ephése pour se rendre en Macédoine, qu'il avait laissé à son disciple le soin de cette Eglise et qu'il espérait l'y rejoindre bientót. Or, ceci n'a pu avoir lieu au moment où les Actes nous montrent S. Paul quittant Ephèse pour passer en Europe; car alors Timothée le devançait en Macédoine et l'Apótre n'avait pas l'intention de revenir à Ephèse. À ce moment d'ailleurs, S. Paul ne fait encore que prédire l'apparition des faux Docteurs dont il expose et combat les principes dans les deux Lettres ἃ Timothée. De méme quand il écrit à Tite : il vient de passer dans l'ile de Crète, où il l'a laissé. 11 ne saurait étre ici question de son passage en Crete avec le vaisseau qui l'emmenait captif à Rome : comment eüt-il pu dire qu'il se proposait de passer l'hiver à Nicopolis? On ne voit donc pas où placer cette Epitre, sinon dans l'intervalle de ses deux captivités, intervalle doat nous ignorons le. détail, mais qui n'a pas été imaginé pour soutenir l'authenticité de ces écrits et durant lequel nous sommes. fondés à croire qu'il parcourut de nouveau l'Orient, après avoir évangélisé l'Espagne.
Quelques auteurs objectent le jeune àge de Timothée, à l'époque où fut écrite la première Epitre, S. Paul lui recommandant de faire respecter sa jeunesse. Mais il faut tenir compte de l'âge avancé de l'Apótre, qui se qualifie de vieillard et qui avait au moins une soixantaine d'années, de l'habitude oü il était de parler à Timothée comme à son disciple, et de la pratique commune au premier siecle de n'appliquer aux fonctions pastorales que les hommes qui touchaient à la vieillesse. (L. BacuEz.)
PREMIERE EPITRE
DE SAINT PAUL