‹ La Sainte bible polyglotteChapitre 5137 sur 5262 · Par oüle monde d'alors périt inondé par l'eau · texte numérisé non relu

Par oüle monde d'alors périt inondé par l'eau

7. Quant aux cieux qui existent maintenent, et à la terre, c'est par la méme parole qu'ils sont conservés, étant réservés au feu pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies.

8. Mais il est une chose que vous ne devez pas ignorer, mes bien-aimés, c'est qu'un seul jour devant le Seigneur est comme mille ans, et mille ans comme un seul jour.

9. Ainsi le Seigneur ne retarde pas sa promesse, comme quelques-uns se limaginent; mais il agit patiemment à cause de vous, ne voulant pas méme que quelques-uns périssent, mais que tous recourent à la pénitence.

10. Car le jour du Seigneur viendra comme un voleur; et alors, avec un grand fracas, les cieux passeront, les éléments embrasés seront dissous, et la terre, et tout ce qui est en elle sera consumé par le feu.

11. Puis donc que toutes ces choses doivent être détruites, quels ne devez-vous pas être en sainteté de conduite et en piété,

19. Attendant et hâtant le jour du Seigneur; jour où les cieux embrasés seront dissous, et les éléments fondus par l'ardeur du feu?

DEUXIÈME ÉPITRE DE SAINT PIERRE

[cu. 1u.]

13. Car nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, dans lesquels la justice habite.

14. C'est pourquoi, mes bienaimés, attendant ces choses, metlez tous vos soins à ce qu'il vous trouve en paix, purs et sans au cune tache.

15. Et croyez quelalonganimité de Notre Seigneur est un moyen de salut, comme notre très cher frère Paullui-méme vous l'a écrit selon la sagesse qui lui a été donnée,

16. Comme il le fait aussi en toutes ses lettres, où il parle du méme sujet, et dans lesquelles il a quelques endroits difficiles à entendre, que des hommes ignorants et légers détournent à de mauvais sens, aussi bien que les autres Ecritures, pour leur propre perte;

17. Vous done, mes frères, qui en étesinstruits d'avance, prenez garde à vous, de peur qu'entrainés par l'erreur des insensés, vous ne perdiez de votre propre fermeté.

18. Croissez au contraire dans la grâce et dans la connaissance de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Α lui la gloire, et maintenant, el jusqu'au jour de l'éternité.

Amen.

10. I Thess , v, 2; Apoc., in, 3; xvi, 15. — 13. Isaie, Lxv, 17; Lxvr, 22; Apoc., xxt, 1

-- 15. Rom., r1, 4.

6. Par où; littér., par lesquelles choses; c'est-à-dire par les cieux et la terre qui

fournirent les eaux du déluge.

10. Et tout ce qui est en elle; littér.: Tous les ouvrages qui sont en elle; c'est-à-dire toutesles productions de la nature et des arts.

PREMIERE EPITRE DE S. JEAN

— 002€ 000 INTRODUCTION

L'authenticité de cette Epitre n'a jamais été contestée, et elle ne pourrait l'être sérieusement. D'ailleurs, il suffit de la lire pour être convaincu que S. Jean en est l'auteur. S'il ne se désigne pas par son nom ou par ses prérogalives, il ne s'en révéle pas moins dela maniére la plus manifeste. Il affirme qu'il a été témoin de tout ce que le Verbe de vie a fait lorsqu'il était sur la terre. Il parle comme étant bien connu de ceux à qui il s'adresse. Il s'exprime en docteur, en maitre, en pére. Aux erreurs qu'il combat, on peut voir l'époque où il a écrit : ce ne peut être que la fin du premier siècle. Les vérités qu'il enseigne et la maniére dont il les énonce font reconnaitre l'auteur du quatriéme Evangile. Le fond des idées est le méme dans les deux écrits et ne diffère pas de celui de l'Apocalypse. De part et d'autre, ce sont les mémes dogmes : la divinité du Sauveur, l'universalité de la rédemption, la réalité de la vie future. C'est le méme accent, la méme conviction, la méme candeur, la méme tendresse, le méme zéle à confesser la foi et àla communiquer. C'est aussi le méme style : méme simplicité dans les constructions, mêmes expressions favorites, mêmes parallélismes, mêmes répétitions, mêmes maximes ei mêmes images. Enfin, c'est un langage que S. Jean seul a parlé, langage de la spiritualité la plus sublime et de la bonté la plus paternelle, tout de lumiére, de pureté et d'amour.

On admet assez communément que cette Epitre a été écrite à l'occasion du quatriéme Evangile, pour en annoncer la publication et en indiquer le but. Ce fait n'est garanti par aucun témoignage bien exprés; mais l'Epitre répond bien à ce dessein : elle est comme le sommaire de cet Evangile et elle pourrait en étre la préface.

D'anciens Péres ont supposé que S. Jean s'adressait à des Juifs convertis, résidant chez les Parthes. Mais la Lettre ne fournit aucune base à ce sentiment. On n/y trouve rien qui en restreigne la destination : elle ne contient aucune salutation, ni au commencement ni à la fin, de sorte qu'elle semble plutôt avoir été destinée, comme l'Evangile méme, à l'Eglise entière. On peut présumer seulement que l'une et l'autre auront été publiés, d'abord à Ephése où devait être l'Apótre, puis dans l'Asie-Mineure où dogmatisaient les hérétiques qu'il combat.

On connait les circonstances qui l'ont déterminé à prendre la plume, si longtemps aprés les Synoptiques et les autres écrivains sacrés. Dés l'origine de

9914 PREMIERE ÉPITRE DE SAINT JEAN

l'Eglise, un grand nombre de judaisants, à demi convertis, s'éprirent du désir de se faire fondateurs de religions, ou plutót réformateurs et chefs de sectes. Chacun se composa à son gré un systéme oü il mélangea à divers degrés les dogmes du christianisme, les traditions juives et les idées philosophiques de l'Orient. De là un commencement de gnose, assez indécis d'abord, qui se diversifia suivant les lieux et les personnes, mais dont la tendance générale était de rabaisser la dignité du Sauveur et de reporter sur les spéculations philosophiques l'importance que la religion chrétienne attachait à la pratique de la vertu. Cérinthe (80-100) ne voulut voir en Jésus-Christ qu'une union morale et passagère du Christ ou du Dieu suprême avec une personne humaine. D'autres ne reconnurent méme pas la réalité de cette courte union. Selon eux, la chair ayant pour auteur le principe du mal et étant mauvaise de sa nature, le Verbe n'avait pu s'unir à elle : il n'avait pris qu'une forme humaine pour nous donner des instructions et des exemples. ἢ n'existait donc pas d'Homme-Dieu. Quant à la rédemption, elle n'avait pas eu lieu non plus. Il est vrai qu'elle perdait sa raison d'étre, l'homme n'ayant pas besoin d'étre racheté, mais seulement d'étre instruit; car c'était une maxime admise par tous ces novateurs, que pour plaire à Dieu, il suffisait de le connaitre et d'avoir l'intelligence de ses mystères. A leurs yeux, la science et la sainteté étaient une méme chose. La vertu ne contribuait en rien à la perfection, et le péché n'y mettait aucun obstacle.

S. Paul, passant prés d'Ephése en l'an 58, avait annoncé l'apparition prochaine de ces hérésies, et, un peu plus tard, écrivant à Timothée, évéque de cette ville, il lui inculquait l'obligation oü il était de les combattre. Mais ce fut surtout l’œuvre de S. Jean qui vint lui-même s'établir à Ephése après la mort de la sainte Vierge. Il s'en acquitta, en affirmant, avec toute l'énergie et la netteté possibles, dans cette Epitre comme dans son Evangile, les dogmes les plus essentiels du christianisme, la nature humaine du Sauveur, sa divinité et surtout l'union personnelle de son humanité et de sa divinité. Aussi se trouve-t-il avoir réfuté par avance les hérésies plus dangereuses et plus puissantes qui allaient bientôt déchirer l'Eglise, et altérer, chacune à sa manière, le mystére de l'Incarnation : l'arianisme, le nestorianisme, l'eutychianisme, etc.

Nul écrit ne se préte moins à une analyse proprement dite. On voit bien néanmoins le but de l’auteur : il est à la fois dogmatique et moral. En méme temps qu'il affermit les fidèles dans la croyance à la divinité du Sauveur, à la réalité de son sacrifice et à l'universalité de la Rédemption, S. Jean s'efforce de les convaincre de la nécessité de pratiquer la vertu et surtout de l'importance de la charité. Ainsi les exhortations se mêlent à la polémique et aux enseigne ments doctrinaux. Jésus-Christ est montré tour à tour comme vrai Dieu, comme vrai homme, comme médiateur, comme victime, comme source de toute gràce et de tout pardon. Le péché est présenté comme incompalible avec 18 6 sanctifiante, et les bonnes œuvres comme indispensables pour le salut. De l’ensemble de l'Epitre résulte cette conclusion : Que la vocation du chrélien est de participer à la vie de Dieu, en s'attachaat à Notre Seigneur par la foi et en s'appropriant ses mérites par une vie pure et sainte. (L. Bacuez.)

PREMIERE ÉPITRE

DE SAINT JEAN

Jésus-Christ vie éternelle apparue aux hommes. Société entre Dieu et nous.

Marcher dans la lumière, pour être en société avec Dieu. Se dire sans péché, c'est mentir et accuser Dieu méme de mensonge.

1. Ce qui était dés le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et touché par nos mains, du Verbe de la vie

9. (Car la vie s'est manifestée, nous l'avons vue, nous l’attestons, et nous vous l'annoncons, cette vie éternelle qui nous est apparue);

3. Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous entriez vous-mémes en société avec nous, et que notre société soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.

4. Et nous vous écrivons ceci, afin que vous vous réjouissiez,

et que votre joie soit complete.

9. Or ce que nous vous annoncons apres l'avoir entendu, c'est que Dieu est lumiere, et qu'il n'y a point en lui de ténèbres.

6. Si nous disons que nous sommes en société avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons et nous ne suivons pas la vérité.

1. Mais si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, nous sommes ensemble dans la même société, et le sang de Jésus-Christ, son Fils, nous purifie de tout péché.

8. Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous trompons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous.

9. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous remeltre nos péchés, et pour nous purifier de toute iniquité.

10. Si nous disons que nous n'avons point péché, nous le fai-

Cuap. I. 5. Jean, vri, 12. — 7. Hóbr., 1x, 14; I Pierre, 1, 19; Apoc., 1, 5. — 8. III Rois, vii, 46; II Par., vr, 36; Prov., xx, 9; Eccl., vit, 21.

2. Ce verset forme évidemment une parenthèse, c'est pour cela que nous l'avons

enfermé entre des crochets.

10. Nous le faisons menteur; puisque nous soutenons 16 contraire de ce que l'Ecriture nous enseigne, savoir que nul n'est sans péché. Voy., en effet, Ps. cxv, 2; Job, xiv, 4; Proverb., xxiv, 16; Eccl., vii, 21.

sons menteur, et sa parole n’est point en nous.

Jésus-Christ victime de propitiation pour les péchés de tout le monde. Qui demeure en lui doit marcher comme lui.

Qui hait son frère est dans les ténèbres.

Qui aime le monde n'aime point Dieu.

Triple concupiscence. Plusieurs Antechrists. L'onction divine enseigne tout.

1. Mes petits enfants, je vous écris ceci pour que vous ne péchiez point. Cependant, si quelqu'un peche, nous avons pour avocat auprès du Père, Jésus- Christ le Juste.

2. Et il est lui-méme propitiation pour nos péchés ; non-seulement pour les nótres, mais aussi pour ceux de tout le monde.

3. Or ce qui nous assure que nous le connaissons, c'est si nous gardons ses commandements.

4. Gelui qui dit le connaitre et ne garde pas ses commandements est un menteur, et la vérité n'est pas en lui.

5. Mais celui qui garde sa parole ἃ vraiment en lui l'amour parfait de Dieu; et c'est par là que nous connaissons que nous sommes en lui.

6. Celui qui dit qu'il demeure en lui doit marcher lui-méme comme il a marché.

7. Mes bien-aimés, ce n'est pas un commandement nouveau que je vous écris, mais le comman-

PREMIÈRE ÉPITRE DE SAINT JEAN

[cu. 11.]

dement ancien que vous avez recu dès le commencement; et ce commandement ancien, c'est la parole que vous avez entendue.

8. Cependant je vous écris un commandement nouveau, qui est vrai en lui et en vous, parce que les ténèbres sont passées, et que déjà luit la vraie lumiere.

9. Celui qui dit étre dans la lumiere, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres.

10. Celui qui aime son frere demeure dans la lumiere, et le scandale n'est point en lui.

11. Mais celui qui hait son frere est dans les ténèbres, marche dans les ténèbres, et ne sait οἱ il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.

12. Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont remis en son nom.

13. Je vous écris, peres, parce que vous avez connu celui qui est des le commencement. Je vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le malin.

14. Je vous écris, enfants, parce que vous avez connu le Père. Je vous écris, jeunes hommes, parce que vous êtes forts, que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin.

15. N'aimez point le monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, la charité du Père n'est pas en lui.

Cuar. 11. 8, Jean, xri, 34 et xv, 12. — 10. Infra, ur, 14.

1. Le Juste. Le titre de Juste par excellence est donné à Jésus-Christ dans plusieurs passages de l'Ecriture.

1, 8. Le commandement d'aimer le prochain est aussi ancien que le monde, c'est une loi de la nature méme; mais il est devenu un commandement nouveau par la perfection que Jésus-Christ y a attachée.

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