Et je donnerai à mes deux
1-2. * > Le temple qui est montré à S. Jean n'est certainement pas celui de Jérusalem, détruit depuis longtemps; c'est l'image de l'Eglise, la cité céleste, le sanctuaire par excellence du vrai Dieu. Aussi est-ce au ciel que S. Jean le voit. Il en prend la mesure sur la parole de l'Ange, comme Ezéchiel avait pris la mesure du temple de Jérusalem, pour faire entendre que le Seigneur veut le conserver dans toute son iutégrite, qu'il n'y sera fait aucun retranchement. Ce symbole répond à celui du sceau, dont sont marqués les cent quarante-quatre mille élus que Dieu veut tirer des douze tribus. Quant au parvis extérieur, c'est-à-dire ce qui appartient à l'Eglise sans être l'Eglise elle-même, S. Jean n'a pas à le mesurer, parce qu'il est abandonné aux fureurs des Gentils, pour étre dévasté et foulé aux pieds. Ainsi Dieu se réserve l'es sentiel, l'intérieur, la foi, le culte, les choses saintes: rien ne pourra les détruire ni les changer. Mais les dehors seront saccagés, les édifices matériels abattus, les biens pillés, les prêtres et les fidèles maltraités ou mis à mort, les faibles renversós. » (L. BACUEZ.)
2. * Hors du temple, en grec naos. Voir Matt., xxt, 12, — « La cité sainte, livrée aux Gentils et saccagée par les infidéles, c'est l'Eglise considérée dans sa plus grande extension, comme comprenant avec le temple toutes ses dépendances, jusqu'aux demeures des chrétiens. Des commentateurs modernes veulent voir là Jérusalem; mais outre que Jérusalem était en ruines et dévastée depuis longtemps, S. Jean n'aurait pas donné le titre de cifé sainte à la ville déicide, si dürement châtiée par Dieu, ni celui de temple de Dieu au siège d'un culte réprouvé. D'ailleurs, l'affliction de Jérusalem dure toujours, et celle de cette cité doit cesser aprés trois ans et demi, quarante-deux mois, douze cent soixante et des jours, l'espace de temps que dura en Israël la sécheresse miraculeuse demandée et obtenue par le prophète Elie, » (L. BACUEZ.)
3. Mes deux témoins. Les Pères et les interprètes ont entendu communément par
témoins de prophétiser pendant mille deux cent soixante jours, revétus de sacs.
4. Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers dressés devant le Seigneur de la terre.
5. Et 51 quelqu'un veut leur nuire, il sortira de leur bouche un feu qui dévorera leurs ennemis; et si quelqu'un veut les offenser, c’est ainsi qu'il doit être tué.
6. Ils ont le pouvoir de fermer le ciel pour qu'il ne pleuve point
APOCALYPSE DE SAINT JEAN
[cu. xr.] durant les jours de leur prophétie, et ils ont pouvoir sur les eaux pour les changer en sang, et pour frapper la terre de toutes sortes de plaies, toutes les fois qu'ils voudront.
7. Et quand ils auront achevé leur témoignage, la béte qui monte de labime leur fera la euerre, 168 vaincra etles tuera,
8. Et les corps seront gisants sur la place de là grande cité, qui est appelée allégoriquement Sodome et Egypte, où méme leur Seigneur a été crucifié.
ces deux témoins Hénoch et Elie. Voyez la remarque que nous avons faite à ce sujet dans notre Abrégé d'introduction, p. 510. — De prophétiser; littér. : Et ils prophé- Liseront; ce qui est un pur hébraisme. —* «Les deux témoins, qui prophétisent, tandis que la cité sainte est foulée aux pieds, ce sont les ministres de l'Eglise, qui ne cessent de confesser et de prócher la vérité. On en voit deux, parce que Notre Seigneur a voulu que ses prédicateurs ne fussent jamais isolés, et parce que, d’après la loi, pour faire autorité, il fallait au moins deux témoignages. La résurrection de ces deux témoins est l'expression en langage symbolique du mot de Tertullien : Le sang des marlyrs est une semence de chrétiens. Ils sont comparés à des candélabres ou à des oliviers qui s'élévent sous les yeux de Dieu, parce que les pasteurs sont destinés à répandre la lumiére et la ferveur dans l'Eglise. Bossuet entend par ces deux témoins les pasteurs et les fidèles, l'ordre ecclésiastique et l’ordre laïque, qui ont rivalisé d'ardeur pour confesser la foi. — On pourrait voir dans ce passage une allusion au retour d'Énoch et d'Elie; mais ce serait méconnaître le caractère symbolique de l'Apocalypse de prétendre qu'il s'agit ici de deux personnages seulement. D'ailleurs on ne dirait pas de deux hommes que leurs corps jonchent les places de la grande cité, nommée Sodome et l'Egypte, à la vue de toutes les nations du monde. » (L. Bacuez.)
1.* « La béle ou monstre aux sept tétes, qui sort de l'abime ou de la mer et qui apparait en tant d'endroits, c'est l'idolátrie personnifiée dans Rome et ses empereurs, et exerçant sa tyrannie sur le monde. On peut voir dans Daniel les quatre empires représentés sous des images semblables. La robe du léopard, les pieds de l'ours et la gueule du lion, que S. Jean remarque en cette béte, signifient que Rome paienne réunit la ruse, la férocité et la force des trois monarchies, grecque, persane et babylonienne, auxquelles elle succède. 5. Jean explique un peu plus loin ce qu'il faut entendre par les sept tétes et les sept cornes qui s'élévent de la béte. Le cri poussé par la multitude en l'honneur de la bête est le méme que l'Esprit saint a inspiré au Psalmiste pour exalter la prudence infinie de Dieu. Au chapitre xui, 11, on voit une autre béte sortir un moment de la terre pour faire adorer la béte principale au moyen de ses prestiges, 14. C'est la fausse sagesse, la philosophie ou la théurgie qui vient au secours du paganisme et combat avec lui la religion de Jésus-Christ. » (L. Bacuez.)
8. * « La grande cilé que S. Jean désigne par les noms mystiques de Sodome et d'Egyple, où il dit que le Seigneur a été crucifié, ne peut pas davantage être Jérusalem. Jamais cette ville n'a été appelée la grande cité. A l'époque oü S. Jean écrivait, elle l'était moins que jamaës. Cette cité, opposée à la cité sainte qui est l'Eglise, cette cité qui est à la fois une ville et un royaume, puisqu'on l'appeMe indifféremment l'Egypte ou Sodome, c'est celle dont nous verrons plus loin la ruine, Rome, dont les citoyens étaient répandus par tout le monde, ou l'empire romain dans l'enceinte duquel le Sauveur a été immolé et où l'on continuait à torturer ses membres. » (L. BACUEZ.)
[cn. x1.]
9. Et des hommes de toutes les tribus, de tous les peuples, de toutes les langues et de toutes les nations, verront leurs corps étendus trois jours et demi, et ils ne permettront pas quils soient mis dans un tombeau.
10. Les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet ; ils feront des fêtes, et s'enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes tourmentaient ceux qui habitaient sur la terre.
11. Mais aprés trois jours et demi, un esprit de vie venant de Dieu entra en eux. Et ils se releverent sur leurs pieds, et une grande crainte saisit ceux qui les virent.
19. Alors ils entendirent une voix forte du ciel, qui leur dit:
Montez ici. Et ils monterent au ciel dans une nuée, et leurs ennemis les virent.
13. A cette méme heure, il se fit un grand tremblement de terre; la dixième partie de la ville tomba, etsept millehommes périrent dans le tremblement de terre; les autres furent pris de frayeur et rendirent gloire au Dieu du ciel.