Et sur son front un nom
grande prostituée, qui est assise écrit : Mystère; la grande Baby-
sur les grandes eaux,
5. * La grande Babylone. « Le nom que porte la femme assise sur les grandes eaux, indique qu'elle est une personnification, un symbole dont il faut saisir le sens: mystére. Or, la béte représentant l'empire idolátre et persécuteur, la femme qui est assise sur la bête doit figurer la capitale de cet empire, Rome, centre du pouvoir et siège principal de l'idolátrie. En effet, chaque trait du tableau la désigne; et l'on peut dire que toutle monde aujourd'hui la reconnait, màme les protestants, dont un petit nombre seulement y voudraient voir la Rome des Papes. — Que cette femme représente une ville, S. Jean le dit expressément. Bien plus, il ajoute que cette ville est la ville par excellence, la reine des villes, la grande cité, qu'elle a sept montagnes et sept rois, qu'elle étend sa domination sur tous les peuples et sur tous les princes. Une telle indication suffirait à elle seule; car Rome n'était pas désignée autrement à cette époque, et nulle autre ville n'a été désignée ainsi. — Cette grande ville est représentée comme le principal soutien de l'idolátrie, comme une source d'erreurs et de dépravation pour l'univers entier. Elle est pleine d'abominations et d'impuretés, c'està-dire d'idoles et de temples paiens. Elle est couverte d'inscriptions sacrilèges et blasphématoires. C'est une nouvelle Babylone, pour la tyrannie, aussi bien que pour l'orgueil, la puissance 6% l'impiété. Elle persécute le christanisme; 6116 s'enivre du sang des saints et des martyrs du Sauveur. Elle a fait périr des Apótres et des prophétes, et tout le sang qui se verse dans le monde pour la cause de la vérité est répandu par elle. — Qui pourrait méconnaitre à ces traits la Rome des empereurs, telle qu'elle était sous Domitien, au moment du martyre de S. Jean et de son exil à Patmos? Nous avons déjà vu que les chrétiens la nommaient Babylone. On l'appelait aussi Sodome ou l'Egypte. Non contente de professer l'idolátrie, 60/6 s'attribuait à elle-même la divinité. — Elle se disait éternelle; et comme ses empereurs, vivants et morts, elle avait ses temples, ses statues, ses autels. Elle en avait dans ses murs aussi bien que dans les provinces. — Quant à sa cruauté envers les chrétiens, à ses persécutions, au nombre de ses victimes, les catacombes en sont un monument irrécusable. — Cette nouvelle Babylone devait tomber comme l'ancienne, pour ne jamais se relever. Elle était destinée à étre la proie de ceux qu'elle opprimait, à passer par le fer et par le feu, comme un criminel voué au châtiment divin, et enfin, à être ruinée de fond en comble. Sa chute devait jeter par toute la terre l'effroi, la stupeur, la désolation, mais en méme temps étre le signal du triomphe de l'Eglise dans le monde entier. Les chrétiens échapperaient au chátiment, comme ils avaient échappé à la corruption. — 11 suffit d'avoir lu l'histoire du quatrième et du cinquième sièc’e
lone, la mere des fornications et des abominations de la terre.
6. Et je vis cette femme enivrée du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus. Or je fus surpris, quand je l'eus vue, d'un grand étonnement.
7. Alors lange me dit : Pourquoi t'étonnes-tu? C'est moi qui te dirai le mystère de la femme et de la béte qui la porte, et qui a sept 16168 et dix cornes.
8. La béte que tu as vue, a été etelle n'est plus; elle doit monter de l'abime, et elle ira à la perdition, et les habitants de la terre (dont les noms ne sont pas écrits
APOCALYPSE DE SAINT JEAN
[cn. xvir.]
dans le livre de vie dés la fondalion du monde) seront dans l'étonnement, en voyant la béte qui était et qui n'est plus.
9. Or en voici le sens, lequel renferme de la sagesse : Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles la femme est assise; ce sont aussi sept rois.
10. Cinqsont tombés ; un existe, et l'autre n'est pas encore venu; et quand il sera venu, il faut qu'il demeure peu de temps.
11. Et la béte qui était et qui n'est plus est 18 huitième; elle est des sept, et elle vaà la perdition.