De la poésie hébraïque en général
On ne compte d'ordinaire, d'aprés les Juifs, que trois livres proprement poétiques, Job depuis rr, 2 jusqu'à xui, 6, les Psaumes et les Proverbes; mais les Lamentations, le Cantique des cantiques, Isaie et une grande partie des prophètes sont, aussi écrits dans une forme poétique particuliére ou contiennent des morceaux en vers.
On s'est donné beaucoup de peine pour classer les poèmes hébreux dans les genres littéraires connus des Grecs et des Latins. Cette peine est assez inutile. La Poétique d'Aristote ne donne pas la forme nécessaire de toute poésie, et Job, pour n'étre pas un drame selon le type hellénique, n'en est pas moins un magnifique poème.
La poésie de la Bible est en général lyrique. On peut la subdiviser en didactique, gnomique, élégiaque, dramatique méme, si l'on veut, mais aucun de ces genres n'est parfaitement tranché; toutes les subdivisions rentrent plus ou moins les unes dans les autres, et tous les poètes d'Israel sont des lyriques, en ce sens qu'ils expriment toujours les sentiments personnels qu'ils éprouvent.
Le véritable caractère des chants hébreux, c'est qu'ils sont religieux. Dieu, qui les inspire, y occupe toujours la première place, quand il n'en est pas le sujet unique. Les Psaumes, en particulier, sont remplis de Dieu. De là l'enthousiasme, le lyrisme des poètes d'Israël, et cet accent particulier qui a fait de leurs chants les chants de l'univers chrétien.
La poésie hébraique a cela de commun avec toutes les poésies du monde, que son langage est plein d'éclat et de magnificence. Dans toutes les littératures, les poètes se distingrent des prosateurs par un style plus brillant, plus vif, plus harmonieux et plus imagé. Les poétes orientaux ne différent, sous ce rapport, de nos poétes occidentaux que par une plus grande hardiesse, une profusion plus abondante de métaphores, des hyperboles plus fortes, un coloris plus riche, dont la vivacité égale celle de leur soleil : tous ces traits se remarquent dans la poésie biblique.
Aucune partie du globe n'offre, dans un aussi petit espace, une variété pareille à celle de la Palestine. On y trouve tous les climats, les montagnes et les plaines, la mer et le Jourdain, les champs fertiles et l'anide désert, une flore et une faune variées. Quelle abondance d'images offre au poéte d'Israél cette terre béniel Les comparaisons pleines de gráce ou de grandeur s'offrent en foule à son imagination, depuis les cédres du Liban et les pics neigeux de l'Hermon jusqu'aux lis de la vallée et aux plantations de roses de Jéricho. Il peut contempler tous les grands spectacles de la nature, l'orage qui gronde au sommet des montagnes et les soulévements majestueux des flots de la mer. La langue qu'il a à sa disposition, et qui est toute composée de termes concrets, vient enrichir encore d'innombrables figures le langage du poéte et fournir d'inépuisables couleurs à sa palette. L'hébreu n'est pas un idiome riche; il a cependant de nombreuses expressions pour peindre la nature et exprimer les sentiments religieux, et quel admirable usage sait en faire un artiste comme David ou comme l'auteur de Job! Leur poésie est toujours une peinture; elle est souvent aussi urie musique. Des mots bien formés, des sons imitatifs, donnent à la pensée un merveilleux relief. Enfin, la simplicité de la syntaxe imprime aux poémes hébreux un cachet particulier qui en augmente le charme.
Un certain nombre d'images reviennent fréquemment dans la poésie hébraique, et il importe d'en connaitre exactement la signification pour bien comprendre. nos livres sacrés. — Avant que le Christianisme eût adouci les mœurs, la guerre était beaucoup plus cruelle et plus sanglante qu'aujor.ed'hui; elle n'était que meurtres et rapines sans fin; la guerre et la violence sont par conséquent synonymes du. plus grand des maux, et la paix, au contraire, signifie le bonheur et l'ensemble de tous les biens. — En dehors de la guerre à main armée, les maux dont les hommes d'alors avaient le plus à souffrir étaient d'abord l'oppression du faible par le fort, du petit par le puissant, et ensuite la tromperie et la fourberie, vices trés communs en Orient,
nme mcm
"Aussi ces deux espèces de péchés sont-elles considérées dans les Psaumes et dans les prophètes comme celles qui résument tous les autres, tandis que la 7uslice, 00posée à 18 violence qui opprime, et la sincérité ou la fuite du mensonge sont regardées comme la perfection, Ps. xiv, etc. La lumière du jour, grâce à laquelle on est en sécurité, est l'embléme du bien; les ténèbres de la nuit, pendant lesquelles le méchant peut nuire plus aisément, sont le symbole du mal. L'eau qui rafraîchit, la source qui fertilise le sol qu'elle arrose, l'arbre et l'ombre qui reposent, dans ces pays brûlés par le soleil, sont l'image du bonheur et de la joie; la sécheresse, V'aridité du désert, celle de l'a/fliction et de la souffrance.
Mais, dans toutes les langues, la poésie ne se distingue pas seulement de la prose par le style, elle s'en distingue aussi par la forme. A ce langage divin il faut un rythme, une cadence particuliére, je ne sais quelle harmonieuse symétrie qui rende mieux que le terre à terre de la langue vulgaire les sentiments dont déborde l'àme, transportée par l'enthousiasme dans une région supérieure et voulant exprimer par une manière de parler extraordinaire des idées et des émotions qui ne sont pas communes. De là des règles plus ou moins difficiles auxquelles s'astreint le poète, un moule artificiel dans lequel il doit couler sa pensée.
Si le fond du style est le méme chez tous les poètes, la forme de la poésie n'est pas semblable chez les différents peuples : elle varie selon le génie des langues et de ceux qui les parlent. Le vers grec et latin est mesuré par la quantité des syllabes qui le composent; le vers francais est essentiellement constitué par le nombre des syllabes et par la rime. Chez les Hébreux, nous ne rencontrons pas la rime; d'après ‘plusieurs orientalistes, on y trouve une certaine mesure prosodique; mais, de l'avis “de tous, ce qui distingue particulièrement la poésie hébraïque et lui donne une physionomie propre, tout à fait distincte de celle de la poésie des langues occidentales, c'est le parallélisme.
> Π. Du parallélisme.
C'est Lowth qui, le premier, dans ses Leçons sur la poésie sacrée des Hébreux, publiées en 1153 à Oxford, oü il était professeur, a établi l'existence du parallélisme dans la poésie hébraïque. Il n'avait pas été soupconné par les anciens; du moins ne l'ont-ils pas signalé en tant que mécanisme poétique, et n'en ont-ils tiré aucun parti pour l'interprétation de l'Ecriture.
Lowth détinit le parallélisme la correspondance d'un vers avec un autre. 1] l'appelle le parallélisme-des membres, parce que la répétition de deux ou trois membres parallèles est un des caractères constitutifs de la poésie hébraïque, où il n'y a jamais de vers isolé. C'est une sorte de rime de la pensée, une symétrie de l'idée, exprimée ordinairément deux fois, ou quelquefois trois, en termes ו tantót synonymes, tantót opposés:
Langue Cœur du-juste : des-méchants argent choisi sans valeur. Prov., x, 20,
On a comparé le parallélisme au balancement d'une fronde; on pourrait le comparer peut-étre plus justement au mouvement d'un balancier qui va et revient sur lui-même. Ces répétitions de la méme pensée décèlent un trait du caractère oriental qui est plus lent que vif, qui n'a jamais attaché au temps la méme valeur que nous, et s'est toujours complu- dans 18 méditation des mêmes idées. Il faut d'ailleurs reconnaitre que le parallélisme est jusqu'à un certain point dans la nature des choses, au moins pour le chant, puisque les refrains sont de toutes les époques et de tous les pays.
Nous avons dit qu'on peut comparer le parallélisme au Εν νει ἐπε d'un balancier. Rien n'est plus monotone en soi que la régularité de ce va-et-vient qui ne change jamais. La variété est cependant un élément nécessaire de la beauté. La monotonie ne devait-elle donc pas devenir lécueil fatal de toutes les compositions poétiques d'Israël? Ce danger a été évité beaucoup mieux que dans nos poèmes en vers alexanárins, -gráce à la souplesse du génie hébraïque et à la diversité des combinaisons
"la su introduire dans 6 parallélisme. Il y en.a quatre espèces principales. qu'on appelle parallélisme synonymique, antithétique, synthétique et rythmique,
19 L2 parallélisme est synonymique quand les membres parailéles se correspondent en exprimant en termes équivalents le même sens. Assez fréquemment, il y ἃ gradation dans la pensée, quoique elle reste substantiellement la même dans les deux membres. On trouve de nombreux exemples de cette espéce de parallélisme dans les psaumes. Lowth a signalé déjà, comme un des plus beaux, le psaume טואס (selon lhébreu, premiere partie du psaume cxur, selon la Vulgate):
Quand Israël sortit de l'Egypte,
La maison de Jacob, [du milieu] d'un peuple barbare, Juda devint son sanctuaire,
Israël, son royaume. .
La mer [le] vit et elle s'enfuit,
Le Jourdain recula en arrière,
Les montagnes bondirent comme des béliers,
Les collines, comme des agneaux.
Pourquoi t'enfuir, ó mer?
[Pourquoi], Jourdain, reculer en arrière?
[Pourquoi] bondir comme des béliers, ₪ [Et vous], collines, comme des agneaux?
Tremble devant la face du Seigneur, ὁ terre!
Devant la 186% du Dieu de Jacob,
Qui change la pierre en sources abondantes;
Et le rocher en ruisseaux d'eau [vive].
20 Le parallélisme est antithétique quand les deux membres se correspondent l'un àl'autre par une opposition de termes ou de sentiments. Cette espéce de parallélisme est surtout usitée dans les Proverbes, parce qu'elle est conforme à l'esprit de la poésie gnomique : l'antithèse fait mieux ressortir la pensée qui est le fond de la sentence et de la maxime:
Les coups de l'ami sont fidéles,
Les baisers de l'ennemi sont perfides,
L'homme rassasié 8688106 le miel.
L'affamé [trouve] doux méme ce qui est amer. Pnov., xxvir, 6-7,
JD en rencontre aussi de beaux exemples dans les Psaumes :
Ceux-ci se confiaient dans leurs chariots, ceux-là dans leurs [coursiers].
Et nous dans le nom de Jéhovah, notre Dieu.
Ils ont fléchi, ils sont tombés;
Et nous, nous sommes debout, nous sommes fermes, Ps. xix (xx), 8-0.
30 Le parallélisme est synthétique quand il consiste seulement dans une ressemblance de construction ou de, mesure : les mots ne correspondent pas aux mots et les membres de phrase aux membres de phrase comme équivalents ou opposés par le sens, mais la tournure et la forme sont identiques : le sujet répond au sujet, le verbe au verbe, l'adjectif à l'adjectif et la mesure est la méme. La seconde partie du Ps. xvni (xix), Coli enarrant gloriam Dei. contient des exemples remarquables de parallélisme synthétique :
La loi de Jéhovah est parfaite, Récréant l'âme; Le précepte de Jéhovah est fidèle, lustruisant le simple; Les commandements de Jéhovah sont justes, Réjouissant le cœur; Le décret de Jéhovah est pur, Eclairant les yeux...
Plus désirable que l'or, Que des monceaux d'or; Plus doux que le miel, Que le rayon de miel,
& Le parallélisme est néanmoins quelquefois simplement apparent et ne consiste que dans une certaine analogie de construction ou dans le développement de la pensée en deux vers. Il est alors purement ry//mique et se prête par là même à des *ombinaisons infinies. Les poétes hébreux en font un usage assez fréquent, et, c'est
surtout grâce à lui et aux formes multiples qu'ils savent lui donner qu'ils ont réussi à éviter la monotonie à laguelle semblait les condamner fatalement la forme méme de la poésie hébraique.
Ils ont su introduire la variété dans toutes les formes de parallélisme par une multitude de procédés ingénieux dont nous n'énumérerons qu'un petit nombre.
1o Tantót le verbe exprimé dans le premier membre est sous-entendu dans le se-
cond :
Quand Israël sortit de l'Egypte, La maison de Jacob — [du milieu] d'un peuple barbare, Juda devint son sanctuaire, [ Israël — son royaume. Ps. cxur, 1-2,
20, Tantót le sujet du premier hémistiche devient régime du second :
she 5 2
Et dans le péché ma mére m'a concu, Ps. 1, 7.
39 Ou bien le discours direct est substitué à l'indirect :
Il est bon de louer Jéhovah, Et de chanter ton nom, ó Trés-Haut, Ps. xci, 9.
40 Le parallélisme strict est rompu par l'emploi de diverses figures, de l'inversion, de l'interrogation, de l'exclamation, de l'ellipse :
Mon àme est troublée, beaucoup,
Et toi, Jéhovah, jusqu'à quand? Ps. vr, 4, Ils crient au secours... et point de sauveur, Vers Jéhovah... et il ne leur répond pas. Ps. xvii, 42,
5» Le sens, suspendu dans le premier membre, n'est terminé que dans le second, et le parallélisme est indiqué par la répétition des mêmes mots :
Louez, serviteurs de Jéhovah, Louez le nom de Jéhovah. Ps. cxit, 4.
Ces moyens de varier le parallélisme, empruntés à la grammaire et à la rhétorique, ne sont pas les seuls qu'aient employés les poétes d'Israél. Ils ont eu recours eneore à d'autres, qui modifient davantage la forme poétique et produisent une diversité plus grande.
1° La pensée que veut exprimer le poete embrasse quelquefois quatre membres, et alors, par un procédé analogue à celui de nos vers à rimes mélées ou croisées, les membres paralléles ne se suivent pas deux à deux, mais sont intervertis, de sorte que, par exemple, le premier est parallèle avec le dernier et le second avec l'avant-
dernier.
Mon fils, si ton cœur est sage, Mon cœur se réjouira.
Mes reins tressailliront d'allégresse, Quand tes lèvres proféreront des paroles sensées. Pnov., xxi, 15-16,
Dans l'exemple suivant, le premier membre répond au troisième, et le second au quatrième :
J'enivrerai mes flèches de sang, Mon épée se nourrira de chair, mcd Du sang des morts et des captifs, bite:
De la téte des chefs ennemis. : DEUT., ,זזאאא
2e Les parallélismes synonymique et antithétique sont quelquefois employés simultanément :
La vérité germera de la terre, La justice poindra des cieux. Ps. Lxxxiv, 12,
89 Le nombre des membres parallèles peut être multiplié et porté à trois ou même à quatre. Il est de trois dans cette imprécation de David, Ps. vu, 6:
Que l'ennemi me poursuive et m'atteigne, Qu'il foule ma vie aux pieds, Qu'il me réduise en poussière 1
Le Psaume zc, 5-6, nous présente quatre membres וז consécutifs, combinés deux à deux avec beaucoup d'art :
Ne crains point les terreurs de la nuit, Ni la flèche lancée dans le jour, Ni la peste qui s'avance dans l'obscurité,
Ni la contagion qui exerce ses ravages en plein midi. )
4* Enfin Ja diversité de mesure dans le vers, c'est-à-dire du nombre de mots ou de syllabes mesurées qui le composent régulièrement, permet d'introduire un nouvel élément, de variété dans le parallélisme, en alternant les vers de diverses mesures ou en les mêlant au gré du poète. Nous en avons cité plus haut un exemple, tiré du psaume Cali enarrant gloriam Dei, à propos du parallélisme synthétique; ‘en! voici un autre exemple, emprunté au Ps. xiv (Vulgate, xim) :
L'insensé a dit dans son cœur :
Dieu n'est pas,
Ses œuvrés sont corrompues, abominables; Nul n’agit bien.
Seigneur, du haut du ciel, jette les yeux Sur les enfants des hommes,
Pour voir s’il est un homme sage, Cherchant Dieu.
Tous ont dévié, tous sont pervertis; Nul n'agit bien!
Tout ce. que nousavons dit jusqu'ici du parallélisme montre clairement que! avantage offre cette forme particulière de la poésie hébraïque, pour faire passer cette derniere dans une langue différente, sans lui enlever completement. son cachet. Célles des formes poétiques qui consistent. exclusivement dans là mesure prosodique ou la rime des mots, disparaissent nécessairement dans les traductions; au contraire, le parallélisme existant d'ordinaire, non dans les sons, mais dans la pensée méme, peut étre aisément conservé. On dirait que Dieu, qui voulait que les poèmes qu'il avait inspirés aux chantres d'Israël devinssent le chant et la priere de l'Eglise universelle et du monde entier, voulut aussi qu'ils fussent jetés dans un moule poés tique capable d’être facilement transporté dans toutes les langues parlées sous le ciel;
L'étude du parallélisme a donc une véritable importance littéraire, et puisque Dieu a voulu qu'une partie de la. parole révélée nous füt trausmise sous forme de poèmes, il ne peut pas être indifférent pour un chrétien de connaitre les'régles et les lois qui le régissent. Mais là n’est pas cependant le principal intérêt de-cette étude. Elle a une utilité plus grande encore. S'il nous est avantageux de connaitre les beautés littéraires de la Bible, il l'est bien davantage d'en pénétrer le sens. Or, Ja connaissance du parallélisme est un moyen puissant de mieux saisir la signification d'un grand nombre de passages, qu'on rencontre précisément dans les livres les plus. obscurs et les plus difficiles de la Sainte Écriture. Bien des endroits des Psaumes, par exemple, deviendront clairs et intelligibles à qui leur appliquera pour les comprendre les regles du parallélisme synonymique ou antlithélique, Ainsi le sens d'in virtute (ua, dans le passage suivant du Ps. cxxi, 7 $
Fiat pax in virtute tua Et abundantia in turribus tuis
est déterminé par le parallélisme. Puisque in virtute correspond à in turribus, il doit avoir un sens analogue et désigñer par conséquent ce qui fait la force: de Jérusalem et lui assure la paix, c'est-à-dire ses murailles, comme l'a traduit S. Jérômé dans sa version des Psaumes sur l'hébreu, in muris tuis. De méme, Ps. Lxxv, 3:
Et factus est in pace locus ejus;
Et habitatio ejus in Sion, le mot in pace doit désigner Jérusalem, Salem, séjour de la paix, parce qu "ilc correspond à Sion. Le parallélisme sert méme quelquefois à déterminer la vraie lecon. Ainsi il prouve que dans le verset 17 du Ps. xxt, qui a une si grande portée, il faut
tire &vec.nowe Vulgale, ká'arou, « ils ont percé, » et non Kó'ari, « comme un|lion, » ainsi que le porte le texte massorétique, parce que cette dernière leçon détruit le paraliélisme :
Ils ont percé mes mains et mes pieds,
115 ont compté tous mes os,
IH. Le vers hébreu
L'existence d'un vers hébreu, constitué soit par la quantité prosodique des mots, soit par le nombre des syllabes, est tellement évidente dans le texte original, qu'on ne peut sérieusement la contester, quoiqu'on n'ait pas songé pendant longtemps àla remarquer. Chaque membre du parallélisme forme un vers dans la poésie hébraique.
L'élément constitutif du vers hébreu, c'est la quantité prosodique, selon les uns, le nombre des syllabes, selon les autres. Cette dernière opinion est la plus probable.
Le vers le plus usité chez les Hébreux semble être le vers hepíasyllabique ou de sept syllabes. Le livre de Job, ui-xun, 6, et celui des Proverbes tout entier, ainsi que la plupart des Psaumes, sont en vers de cette mesure. Il y a des vers de quatre, de cinq, de six et de neuf syllabes, etc., alternant quelquefois avec des vers de mesure différente.