IV. Des strophes
Un trés grand nombre de poèmes de l'Ancien Testament sont partagés en strophes La strophe est comme une prolongation du parallélisme, une sorte de rythme soutenu pendant une série de vers et superposé au rythme de chaque vers particulier. Ce qui constitue essentiellement la strophe, c'est qu'elle renferme une idée unique ou particulière, dont l'ensemble de vers qui la forment contient le développement complet. Chaque vers n'est qu'un anneau de la chaine totale, qui est la strophe. La strophe est une des règles de la poésie lyrique, dans la plupart des langues. En hébreu, on ne la rencontre pas seulement dans les Psaumes, où le chant en chœur la rendait indispensable, mais aussi dans lelivre de Job, oü les pensées se partagent en groupes tres distincts, mais naturellement moins réguliers pour la longueur que dans l'ode. :
F.-B. Kæster est le premier qui ait remarqué, en 1831, l'existence des strophes dans la poésie hébraïque. Aujourd'hui elle est ad mise par tous les orientalistes. On peut être en désaccord pour la détermination des strophes dans un poème donné; on est unanime à accepter le principe. Dans quelques psaumes, la division strophique est si évidente qu'il suffit de les lire pour qu'elle s'impose. Tel est, par exemple, I: Ps. i, qui se compose de quatre strophes de quatre vers (sauf la quatrième qui en a cinq) exprimant chacune une idée particulière :
Jéhovah, que mes ennemis sont nombreux!
Nombreux ceux qui s'élévent contre moi, Nombreux ceux qui disent de moi :
Point de salut pour lui en Dieu. — Sé/aA.
Mais toi, Jéhovah, tu es mon bouclier, ' Ma gloire, celui qui relève ma tête.
Ma voix invoque Jéhovah Et il m'exauce de sa montagne sainte, — Sélan Moi je me couche et je me réveille sans inquiétude, - Parce que Jéhovah est mon soutien.
Je.ne crains pas la multitude du peuple . Qui tout autour de moi me tend des pièges.
Léve-toi, Jéhovah | sauve-moi, 6 mon Dieu‘ Frappe mes ennemis à la joue, Brise les dents des méchants.
4 Jéhovah le salut!
Bur ton peuple ta bénédiction. — Sélah.