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MESURES DE CAPACITÉ

1e Les mesures de capacité étaient les mêmes pour les solides et pour les liquides, avec cette seule diférence que l'unité de mesure des premiers s'appelait 'épAáA et celle des seconds balh, mais leur contenu était identique. — 19 Le mot ’éphdh signifie «mesure. » La Vulgatele rend tantôt par épAhi (1), tantôt par modius (8), tantôt par amphora (9), tantót par mensura (10). Les rabbins, qui ont pris comme terme de comparaison les ceufs de poule dans les évaluations de leurs mesures de capacité, disent que l'éphah en contenait 432. Dans notre système, sa contenance est de 38 litres 88. — 29 Le mot bath signifie probablement aussi « mesure » : c'est celle qui, égale pour la quantité à l'éphuh, comme nous l'avons déjà remarqué, était destinée à mesurer

(1) Ez., xL, 5-8; χει, 8 et suiv. ; xLi1, 16-19 (Apoc., xxr, 15).

(2) 1 Rois, xiv, 14; et Is., v, 10.

(3) Act,, 1, 12.

{4) Luc, xxiv, 13; Jean, vr, 19; Apoc., xxr, 16 (II Mac., xr, 5; xir, 10, 29),

(5) Matth., v, 4t.

(6) Act., xxvir, 28. La brasse d'aujourd'hui est de 1 mètre 6245 celle des anciens était, on le voit, à peu prés la méme.

(7) Ex., xvi, 36; Lév., v, 11; Ez., χων, 10, 11 etc,

. (8). Deut, xxv, 14; Is., v, 10, etc.

(9) Zach., v. 6, 7, 8,9.

(10) Prov., xx, 10; Amos, vit, 5; Mich., vr, 10; dans ces derniers passages, S. Jérôme a rendu très exactement le sens Au mat héhran, parce qu'il 08% employé en effet dans le sens général de mesure.

Ies liquides (4). Le bath n'est pas nommé avant l'époque des rois. La Vulgate le rend par batus (2), laguncula (3), cadus (4), metreta (5). Ce dernier mot est celui qui désigne l'amphore attique. c'est-à-dire, la mesure grecque qui correspond exactement à la capacité du bath, et qui est mentionnée en S. Jean (6). L'amphore de Daniel (1) est la méme chose que le metreta ou le bath. — 39 La mesure de dix éphas s'appelait chomer; elle reçut aussi plus tard le nom de cor. Chomer ou khómer veut dire monceau (8) ; cor signifie vase rond. La Vulgate rend toujours 16 second mot par corus (9); elle se sert aussi ordinairement de corus pour traduire chomer (10); mais dans deux passages (11), elle donne l'équivalent en mesures romaines, frente boisseaux. — 4o Le demi-chomer, valant cinq éphas, avait un nom particulier, /éthek, Vulgate, corus di- »nidius. 11 n'est nommé qu'une seule fois dans la Bible, dans Osée (12). — 50 L'éphah se subdivisait en plusieurs mesures de moindre dimension. Et d'abord en se'áh, dont la contenance était d'un tiers d'éphah (13); le se'áh est mentionné deux fois dans les Evangiles (14); notre texte latin traduit d'ordinaire satum, dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament (15). — 69 Le Ain, d'origine égyptienne (16), était la moitié du se'üh, le 6e de l'éphah ou du bath. — 19 Le gomor, *ómer, Vulgate gomor, était la dixième partie de l'éphah (11), d’où le nom de ‘issérôn ou dixième, Vulgate, decima pars, decima, qui désigne souvent cette mesure, dans le Pentateuque (18). ἢ contenait la ration quotidienne de manne de chaque Israélite dans le désert (19). Les rabbins disent qu'il tenait 45 œufs et demi. — 89 Le ca^, cabus, « petit vase, coupe, » tiers du hin, 6e partie du se‘ 4h, 18e de l'éphah (20). — 9» Enfin le log, 12? partie de l'éphah, 12e du hin (21). S. Jérôme le traduit par sextarius. — 105 Dans le dernier chapitre de Daniel (22), que nous n'avons plus qu'en grec, il est questiou d'une mesure persane appelée arlabe; elle équivalait à peu prés au médimne attique, c'est-à-dire à 51 litres 19. — 419 L'Apocalypse (23) emploie une mesure grecque, la seule étrangère que nous rencontrions dans le Nouveau Testament, le chœnix. On la regardait comme équivalente à la quantité de nourriture quotidienne d'un homme sobre. On évalue le chœnix à 1 litre 079. La Vulgate le traduit par bilibris.

99 En comparant entre elles les diverses mesures de capacité des Hébreux, on remarque qu'elles peuvent se diviser en deux systèmes, l'un décimal, l'autre duodécimal, 19 Système décimal :

Chomer. . . 1 Bath ou épháh 10 1 Gomor . . . 100 10 1

(1) Ez., מא‎ 11. Cf. III Rois, vit, 26, 38; 1 Esd., vir, 22, etc.

(2) 111 Rois, vir, 26, 38; I Esd., vir, 22; Ez., χων, 10, 11, 14,

(3) Is., v, 10.

(4) Dans l'Evangile de S. Lue, xvi, 6 (δάτους).

(9) 11 Par., τι, 10 ; 1v, 5.

(6) Jean, 11, 6.

(7) Dan, xiv, 2. L'amphora de la Vulgate, I Rois, τ, 24, est employée pour rendre nébe/ yaïn, une outre de vin, qu'on lit dans le texte hébreu; Lue, xxi, 10, amphora correspond à χεράμιον, vase d'argile, vas fictile, urceus, ou bien lagena, comme traduit notre version latine dans S. Mare, xiv, 13.

(8) Ex., vri, 14, j

(9) III Rois, 1v, 32;v, 11 ; II Par., 11, 10; xxvir, ὃ; Ez., xLv, 14.

(10) Nomb., xi, 32; Ez., χων, 11, 13, 14, et Osée, 118 2.

(11) Lév., xxvi, 16, et Is., v, 10.

(12) Osée, וז‎ 2, \ )

(13) Gen., xvrit, 6; 1 Rois, xxv, 18; III Rois, xviit, 32; IV Rois, vit, 1, 16, 18; Is., xxvit, 8.

(14) Matth., וזא‎ 335 Lue, ,וזא‎ 21. La forme σάτον vient du nom chaldéen de cette mesure, s'ath'a, parce qu'au temps de Notre-Seigneur on parlait syro-chaldéen en Palestine.

(15) Excepté 111 Rois, xvitr, 32 (aratiuncula); IV Rois, vi, 1,16, 18 (modius); et Is. xx v1t, 8 ( mensura).

(16) Le mot Ain est conservé dans la Vulgate, excepté Lév., xix, 30, où il est rendu par sectarius, *omme étant la 6° partie de l'éphah.

(17) Ex., xvi, 30.

(18) Ex., xxix, 4); Lév., xiv, 10, 21, etc.

(19) Ex., xvi, 16.

(20) Mentionné seulement IV Rois, vi, 25. |

(21) Il en est question seulement dans le Lévitique, xiv, 10 et suiv., au sujet de la loi concernant la purifieation des lépreux.

(22) Dan, xiv, 2.

(23) Apoc., ץ‎ 6.

92» Système duodécimai :

Épháhoubath 1

Seal, oo ene 3 ו‎

Min. on cp. 6 2 1

Cab νυ τονε 19 5 3 ו‎

Lag. ope. p.12 - ל‎ 1.7 SA ir, 0e 1 1

3e Voici maintenant le tableau combiné de toutes les mesures et de leur valeur:

1 Log == . . . . . . . . . . . . . . . . . 0 lit. 53 4 ἘΝ ΠΝ CS PRO MISSE MN וא‎ 2 19 Πρ ν τοένινν ha wicrual 1» And το sac 12 3 $53/3;| 5 מגה‎ = «nl esbe tous ob 12:8 loué) 24 6 bri ug'ij 000 EDR ENTRER PAU DUREE OÙ 72 18 10 6 3 | ephahou | — . . 38 88 metreta 720 180 100 60 | 30 | 10 [!Chomer.— 338 ' go

Note 22, p. 1634. — LE MIRACLE DU CADRAN D'ÉZECHIAS.

Pendant la maladie d'Ezéchias, Isaie, pour lui donner un signe de la guérison miraculeuse qu'il lui annonçait, fit rétrograder sur la demande du roi un cadran solaire de dix lignes, Isaie, xxxvin. Ce miracle a donné lieu à des diíficultés sur lesquelles il est nécessaire de dire quelques mots. « On doit recourir, pour expliquer ce miracle, aux mémes hypothéses que nous avons proposées à l'occasion du miracle de Josué, carles deux faits présentent une grande analogie. Il y a cependant entre eux une différence qu'il convient de bien remarquer. Dans le cas de Josué, c'est le soleil méme que la lettre du texte nous présente comme arrété dans sa marche, ce qui suggère l'idée d'une perturbation importante dont les conséquences s'étendraient à toute Ja terre. Dans le cas présent, les textes nous parlent surtout de la rétrogradation de l'ombre sur 16 cadran, et si le soleil est une fois nommé, 1826, xxxvir, 8, il parait considéré moins en lui-méme que dans l'effet produit par sa lumiére sur le cadran. C'est là un phénoméne trés particulier, étroitement localisé et qui n'intéresse pas les lois générales de l'astronomie. De là résulte que la dérogation aux lois de la nature est moindre et plus faeile à expliquer. Il n'est donc pas nécessaire d'admelttre quil y ait eu réellement une rétrogradation du soleil dans sa marche diurne. Sans doute cela n’est pas impossible; mais rien ne le donne à croire, et toutes choses s'expliquent plus facilement et plus naturellement d'une autre manière. — Il suffit d'admettre un phénoméne local se réduisant au déplacement momentané d'une ombre portée. Cela suppose une déviation miraculeuse des rayons lumineux qui éclairent le cadran, et cette déviation se peut expliquer, comme pour le miracle de Josué, soit par une aclion directe de la puissance divine sur la propagation des rayons, soit par linterposition de corps réfracteurs ou réflecteurs dont la nature demeure indéterminée. Quoi de difficile en tout cela, quand Dieu daigne mettre la main à l'œuvre? Lui est-il plus difficile de dévier un rayon de lumière que de retenir le cours d'un fleuve ou de guérir subitement une maladie? Et est-il nécessaire que le mécanisme de l'effet produit nous soit entiérement connu pour que nous croyions, sur bonnes preuves, à la possibilité et à la vérité de l'intervention divine? » (M. 2018- BOURDIN.)

Note 23, p. 1636. — SECONDE PARTIE D'ISAIE, xL-Lxvi.

. Cette seconde partie date de la fin de la vie d'Isaie. Elle ne forme qu'un tout, réguliérement divisé, dans lequel le prophète prédit aux Juifs leur délivrance de la eaptivité de Babylone et le règne futur du Messie. C'est le livre des consolations Cowme l'annoncent les mots par lesquels il s'ouvre et qui en sont comme le titre e

le résumé : Consolez-vous, mon peuple, consolez-vous, dit votre Dieu, xv, 1. ll se par. tage en trois séries de discours, symétriquement divisés par groupes de neuf, 3 X 3. — Première section : xz-xLvur. Discours : 19 xr; 29 xzr; 39 xuu-xrur, 13; 49 xui, 14xuv, 5; 50 xLIv, 6-23; 6° xLIV, 24-x,v; 79 xtv; 89 והזא‎ ; 90 xLvitt. — Seconde section : xux-Lvir. Discours : 19 xx; 29 1; 30 Lr; 49 rr, 1-12; 59 rur, 13-Lur; 69 Liv; 10 Lv; 89 Lvr, 1-8; 9» Lvr, 9-Lvrn. — Troisième section : Lvrrr-txvr. Discours : 19 rvrm; 20 prx; 30 Lx; 40 Lxi; 50 Lxir; 69 χη, 1-6; 79 rxir, 7-LXIV; 80 Lxv; 90 LxvI. — On peut regarder comme certaines les subdivisions de la seconde et de la troisième sections; au milieu de la première, il n’est pas aussi aisé de voir où commencent et où finissent les discours particuliers. La fin de la première et de la seconde sections est marquée par le méme verset final : 11 m'y a point de paix pour les impies, dit le Seigneur, xivin, 22; Lvir, 21; celle de la troisiéme reproduit la méme pensée, en termes plus énergiques : Leur ver ne mourra pas et leur feu ne s'éteindra pas, vxvr, 24.

Voici quel est le sujet de la seconde partie.« Les prophéties contenues dans ses trois sections ne sont que des variations d'un méme thème, mais elles ont cependant chacune une pensée fondamentale particuliére et une modalité propre, annoncée du reste dés les premiers mots. Elles ont pour sujet principal de consoler le peuple et de l'exhorter à la pénitence, en lui annoncant le salut qui est proche. De plus, dans chaque section, le Prophéte établit un contraste et une sorte d'antithése qu'il met au premier plan; dans la première, xL-xLvim, c'est la lutte de Jéhovah et des idoles, d'Israël et des paiens; dans la seconde, xux-Lxn, c'est l'opposition entre les souffrances du serviteur de Jéhovah [le Messie] dans. le présent et sa glorification dans l'avenir; dans la troisième, c'est la contradiction d'Israël lui-même, hypocrite, impie, apostat d'une part, et de l’autre, fidèle, malheureux, persécuté. La première section annonce la délivrance de la captivité de Babylone; cette délivrance est l'accomplissement des prophéties, la honte et la ruine des idoles et de leurs adorateurs. La seconde nous montre les humiliations profondes du serviteur de Jéhovah devenant la source de sa gloire et élevant en même temps Israël lui-même à la hauteur de sa vocation divine. Enfin ce n'est pas sans raison que Hahn a trouvé le résumé des idées principales des trois sections dans les trois propositions du vers. 2 du ch. xL : Sa malice est arrivée au terme, son iniquilé a été pardonnée, elle a recu de la main du Seigneur une double peine pour tous ses péchés. La fin de la captivité de Babylone est, en effet, l'idée-mére de la première section; l'expiation du péché par le sacrifice volontaire du serviteur de Jéhovah, l'idée-mére de la seconde, et la gloire, surpassant de beaucoup les souffrances expiatrices, l'idée-mére de la troisième. La promesse s'éléve ainsi par degrés dans les discours 3 X 9, jusqu'à ce qu'elle atteigne enfin son apogée, Lxv-Lxvi, oü le temps et l'éternité se confondent ensemble. » (D&Lrrzscn.)

La première section annonce donc la délivrance des Juifs captifs par Cyrus. « Mais ce roi terrestre ne fera que peu de choses, comparativement à ce qu'il y a à faire : un autre joug, bien plus pénible que celui de Babylone, pèse sur Israël et sur l'humanité entiére, c'est le joug du péché. Un libérateur paraitra, plus puissant que Cyrus et que tous les rois de la terre, il délivrera son peuple de la servitude du péché et fondera un royaume dans lequel entreront tous ceux qui voudront le servir et reconnaitre son empire. Ce ne sera qu'une partie du peuple, au reste, qui retournera à Jéhovah et sera une semence sainte, Isuie, x, 22; vi, 13. C'est à ce faible reste que Jéhovah adresse d'une manière toute particulière ses prophéties sur l'œuvre qu'accomplira son Serviteur... Les ch. xr-xLvur mettent en lumière la majesté de Jéhovah qui se manifeste par la délivrance matérielle de son peuple; mais déjà apparaissent les promesses de la délivrance spirituelle. La personne du Serviteur de Dieu forme le centre et le point culminant dans les ch. xux-Lvn. Enfin nous contemplons les résultats de l'œuvre du Serviteur et la félicité de ses élus, 1 -זז‎ » (Scnurrz.)

« helativement au langage, il n'y a rien de plus achevé, de plus lumineux dans tout l'Ancien Testament que cette trilogie de discours d'Isaie. Dans les ch. r-xxxix, le langage du prophète est géneralement plus concis, plus lapidaire, plus plastique, quoique déjà, là aussi, son style sache prendre toutes sortes de couleurs. Mais ici, XL-LXVI, Où il n'est plus sur le terrain du présent, où, au contraire, il est rayi dans un lointain avenir comme dans sa patrie, 16 langage lui-même prend en quelque sorte le caractère de l'idéal et je ne sais quoi d'éthéré ; il est devenu semblable à un large

fleuve; aux eaux brillantes et limpides, qui nous transporte comme dans l'éternité, sur ses flots majestueux et en méme temps: doux et clairs. Dans deux passages seulement, il est dur, trouble, lourd, c'est uir et Lvr, זטת-9‎ 11», Le premier reflète le sentiment de la tristesse, le second celui de la:colére. Partout, du reste, se manifeste l'influence du-sujet traité et des sentiments qu'il produit. Dans rxim, 7, le prophète prend le ton: du Tefilla (ou de la prière) liturgique; dans Lxm, 195-rxiv, 4, la trislesse entrave le cours de sa parole; dans Lxiv,5, comme dans Jérémie, mt, 25, on entend le ton: du Viddui (la confession) liturgique: » (DELITZSCH.)

Relativement à son contenu, la seconde partie d'Isaie est également incomparable. Elle commence par une prophétie, xt, 3-4, qui met dans la bouche de saint Jean- Baptiste le sujet de sa prédication; elle se termine par la prophétie de la création d'un nouveau ciel et d'une nouvelle terre, comme la dernière page de l'Apocalypse qui, dans le Nouveau Testament lui-même, n'a pu aller au delà ; au milieu, Lu, 13nur, elle annonce les souffrances et la gloire de Jésus-Christ avec autant de clarté que si le-prophéte avait assisté à sa mort au pied de là croix et avait été témoin de sa résurrection. Ainsi, en commencant, il se place aux premiéres années du Nouveau, Testament, comme les Evangélistes eux-mêmes; il décrit ensuite la mort et la résurrection de Jésus-Christ, comme si c étaient des faits accomplis et avec la méme clarté que saint Paul dans ses Epitres; enfin, sortant de ce monde, il pénétre dans le ciel, comme l'Apocalypse de saint Jean, de sorte que, sans sortir des barrières où l'enferme l'Ancien Testament, il réunit, dans sa seule personne, l'évangéliste, . l'apôtre et l'écrivain apocalyptique. Les souffrances du Messie, qu'annoncent. plusieurs psaumes de David, sont ici prédites plus expressément encore. Dans 15816, il ne nous apparait plus seulement comme roi et fils de David; c'est le serviteur de Dieu, de Jéhovah, qui est tout à la fois roi et pontife, parce que, persécuté à mort par les siens, il s'immole volontairement, et Dieu le récompense de son sacrifice en le glorifiant et le rendant le sauveur de son peuple et des Gentils. Isaie a légué à Israël ses sublimes discours pour qu'ils pussent le consoler au milieu. de la captivité de Babylone. On les ἃ comparés aux derniers discours que prononca Moise dans la plaine de Moab et qui nous ont été conservés dans le Deutéronome; bien mieux encore, aux discours, de Notre-Seigneur, aprés la Céne, que nous lisons dans l'Evangile de saint Jean. Par leur élévation, leur profondeur, ils comptent en effet parmi les plus belles pages de nos Saintes Ecritures.

Note 24, p. 1953. — EXTERMINATION DE GOG ET DE SON ARMÉE,

Ezech., xxxvir-xxxix.

« Cette prophétie, est une des plus difficiles de l'Ancien Testament, dit Calmet. Il y ena très peu qui aient plus partagé les anciens et les nouveaux interprètes. » Voici l'explication la plus vraisemblable et la plus communément admise aujourd’hui. — 19 006 roi de Rósch (Vulgate : chef), de Mosoch et de Thubal, dans la terre de Magog, est un chef Scythe. Rósch désigne une peuplade scythe qui habitait les environs du Taurus; Mosoch et Thubal, les Mosques et les Tibaréniens des auteurs classiques. Gog réunit ses soldats, et, sur l'ordre de Dieu, les conduit du septentrion contre la Palestine; il a dans son armée des habitants de presque tout le. monde , ancien : des, Perses, des Ethiopiens et des Lybiens, des fils de Gomer et/de Thogorma, | Cest-à-dire des. Cimmériens et des Arméniens, xxxvi, 4-9. — 2o Son but est de piller et de dévaster la Terre Sainte redevenue prospère, 10-16. — 39 Mais cette invasion de barbares ne servira qu'à apprendre aüx'paiens quelle est la puissance du vrai Dieu, car il anéantira la formidable armée de Gog, 17-23. — 4e Elle périra sur les montagnes d'Israél; xxxix, 1-8. — 5» II faudra aux habitants sept années pour brüler les, armes des morts et sept mois pour ensevelir leurs cadavres, pendant que les oiseaux de proie se rassasieront, de leur. chair, 9-20. — 6° Toutes les nations apprendront ainsi que si Dieu a puni son peuple et l'a livré aux paiens, parce qu'il avait péché, il s'est maintenant réconcilié avec lui el ne l'abandonnera plus, 21-29; — Gog est la figure des ennemis et des persécuteurs de l'Eglise, Apoc., xx, 7. Dans les dernières années du vue siècle avant J,-C., les Scythes avaient fait dans l'Asie occidentale une invasion formidable qui avait rendu leur nom redouté et exécré. Chassés des montagnes du Caucase, qu'ils habitaient, par les Massagètes, ils

étaient descendus dans l'Asie Mineure; armés de l'arc et montés sur des chevaux, comme nous les représente Ezéchiel, xxxix, 3, et xxxvin, 15, ils avaient pris Sardes; puis se tournant vers la Médie, ils. défirent Cyaxare, roi de ce pays; de là, ils. se dirigèrent vers l'Egypte. Psammétique parvint à les éloigner, à force de présents; revenant donc sur leurs pas, ils pillérent le temple d'Ascalon; mais ils furent enfim battus et détruits, non. pas cependant sans laisser leur nom aprés eux comme un synonyme de. terreur et d'épouvante. La tradition rattache le nom de Scythopolis, l'ancienne Bethsan, à la scène de leur désastre. Le souvenir de leurs ravages et de leurs. cruautés était encore récent et présent à toutes les mémoires quand écrivait Ezéchiel; voilà pourquoi Dieu lui inspira de prendre les Scythes comme l'emblème de la violence contre le peuple de Dieu, et de montrer dans leur défaite le signe pro« phétique de la défaite de tous les ennemis de son nom |

Note 25, p. 2282. — MONNAIES MENTIONNÉES DANS L'ÉCRITURE.

10 La monnaie frappée était inconnue aux Hébreux avant l'époque des Machabées. La plupart des échanges se faisaient en nature, c'est-à-dire qu'on donnait un objet à la place d'un autre, une brebis, par exemple, en échange d'une étoffe, des sandales pour un vase de liqueur (1). Les métaux précieux, dont on se servait aussi, n'étaient pas marqués d'une empreinte, mais simplement divisés en lingots, barres, anneaux ou fragments d'un poids déterminé; s'ils pesaient un talent, un sicle, etc., on les appelait talent, siecle, etc., de sorte que 16 système monétaire correspondait exactement à celui des poids et que le nom de ces derniers était aussi celui des monnaies, comme on peut voir par le tableau suivant, dans lequel leur valeur est évaluée d'une maniére approximative (2).

OR. ARGENT, ('alenp = 1 TM 8.500 »

Mine — 2 eue 2.200 » 141 »

Scio — d E do eU 2, 83 BbudbD EE ו‎ 1, 059 Gérah (obole) . - 2. ep 1i 0, 414

Le sicle est déjà mentionné dans le Pentateuque (3), de méme que le béqah ou demisicle (4), le gérah ou vingtième de sicle (5), et le talent (6). Les Hébreux, dans tous les échanges, pesaientles métaux précieux pour en déterminer exactement la vaieur, dela même manière que le faisaient les Egyptiens, ainsi que nous l'apprennent les monuments figurés (1). — La Genése, Josué et Job (8), mentionnent une monnaie

(1) Voir Figure 3, un marché égyptien, peint sur les piliers d'un tombeau de la v* dynastie (antérieur à l'époque! d'Abraham). Sur le registre supérieur, dans la première scène à droite, un marenand est assis devant un grand panier, placé sur un support et contenant trois vases. Les hiéroglyphes nous font connaitre la conversation du marchand et de l'acheteur. « Voici pour toi de la liqueur sat douce, » dit le premier. au second. Celui-ci, qui tient dela main droite une paire de sandales, lui répond : « Voici pour toi des sandales solides.» Un second acheteur s'avance, portant à la main droite un petit, coffret. — Dans la scene suivante, une femme marchande des poissons à un homme qui prépare un poisson; une nasse placée devant lui contient quatre autres poissons. L'acheteuse porte sur son épaule un coffret carré qui renferme ce qu'elle và donner en échange au marchand. — Sur le registre inférieur, à droite, deux acheteurs sont debout devant un grand panier rempli de légumes. > Donne voir, donne l'équivalent, יי‎ le vendeur au premier acheteur qui tient sous le bras gauche une sacoche et qui en échange présente de la main droite au marchand un chapelet 86 verroterie; il a un autre fil de: verroterie dans la main gauche. Le second acheteur achéte les légumes en échange d'un éventail qu'il tend de la main droite; dans la main gauche, il a un attise-feu. — Plus loin, dans la scène suivante, nous voyons deux hommes debout en pourparlers : l'un tient trois hamecons de la main droite. La femme qui suit porte un coffret sur l'épaule et est en train de faire des achats à un marchand d'habits.

(2) Une pièce d'argent de 1 franc pèse 5 grammes; une pièce d'or de 5 fr., 1 gr. 6129; de 10 fr., 8 gr..2268; de 20 fr., 6 gr. 4316; une pièce de cuivre de 0,05 cent, pèse 5 grammes,

(3) Gen,, xx, 16.

(ἢ Ex., xxx, 18.

(5) Ex., xxx, 13.

(6) Ex., xxxvii, 24. AT ו‎

(7) Voir Figure 4. Le monument est fruste. 42] Vel Filo 10e Md

(8) Gen., ,זזואצא‎ 10; Jos., xxiv, 32; Job, ,זז זא‎ 6 : הלד‎ 1 | a oA

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