Ruth répondit : Tout ce que vous ordonnerez, je le ferai
6. Elle descendit donc dans laire, et elle fit tout ce que sa belle-mère lui avait commandé.
7. EL lorsque Booz eut mangé et bu, et qu'il fut devenu plus gai, et qu'il fut allé dormir pres du tas de gerbes, elle vint secrètement, et, la couverture écartée du cóté des pieds, elle se coucha.
8. Et voilà qu'au milieu méme de la nuit cet homme fut effrayé
2. Il vanne l'aire de l'orge; pour il vanne l'orge de l'aire, ou dans l'aire. — Quand on se reporte à la simplicité des mœurs de ces anciens temps, et que l'on examine sans prévention l'ensemble de ce récit, on est loin de le trouver scandaleux comme l'ont trouvé quelques incrédules, affectant une chasteté, qu'ils n'avaient peut-étre pas dans le cœur.
1. * Et quil fut allé dormir près du tas de gerbes. Depuis le moment où le blé commence à étre transporté sur l'aire jusqu'au jour oü il en est enlevé, aprés avoir été battu et vanné, le propriétaire dort la nuit à cóté de ses gerbes, dont quelquesunes lui servent de couche et le garantissent de la rosée de la nuit. Il est nécessaire de garder ainsi la récolte pour la garantir contre les voleurs, si l'aire n'est pas éloignée d'un village, ou pour la mettre à l'abri des ravages des sangliers, quand on est loin des lieux habités. Dans les parties montagneuses de la Palestine, les cerfs et les ours sont aussi à redouter pour les monceaux de blé. Sur les bords du Jourdain, les cultivateurs sont souvent obligés de couper les récoltes avant qu'elles soient entiérement müres, pour les dérober aux Bédouins qui viennent du désert, s'emparent des grains, les chargent sur leurs chameaux ou leurs chevaux et les emportent.
et se troubla, lorsqu'il vit une femme couchée à ses pieds,
9. Etil lui dit: Qui es-tu? Et elle lui répondit : Je suis Ruth, votre servante : étendez votre couverturesur votre servante, parce que vous étes mon parent.
10. Et lui : Ma fille, dit-il, tu es bénie du Seigneur, et tu as surpassé la première miséricorde parla derniere, parce que tu n'as pas recherché les jeunes gens, pauvres ou riches.
11. Ne crains donc point; mais tout ce que tu me diras, je le ferai pour toi; car tout le peuple qui habite au dedans des portes de ma ville sait que tu es une femme de vertu.
12. Et je ne désavoue pas que je sois parent; mais il y en a un autre plus proche que moi.
13. Repose-toi cette nuit, et le matin venu, s'il veut te retenir par le droit de parenté, c'est une bonne chose; mais sil ne veut pas, moi, sans aucun doute, je te prendrai, le Seigneur vit! Dors jusqu'au matin.
14. C'est pourquoi elle dormit à ses pieds jusqu'à l'éloignement de la nuit. C'est pourquoi elle se leva avant que les hommes se reconnussent mutuellement, et Booz dit : Prends garde que personne ne sache que tu es venue
15. Et de nouveau : Etends ditil, ton manteau dont tu te cou-
[cu. 1v.] vres, et tiens-le de l'une et l'autre main. Et, Ruth létendant et letenant, il mesura six boisseaux d'orge et les mit sur elle ; et elle, les portant, entra dans la ville,
16. Et vint vers sa belle-mere, qui lui dit: Qu'as-tu fait, ma fille?
Et elle lui raconta tout ce que cet homme avait fait pour elle,
17. Et elle ajouta : Voici six boisseaux d'orge quil m'a donnés, et il a dit : Je ne veux pas que tu retournes les mains vides vers ta belle-mère.
18. Et Noémi dit : Attends, ma fille, jusqu'à ce que nous voyons quelle fin aura la chose; car cet homme n'aura point de repos qu'il n'ait accompli ce qu'il a dit.
Booz épouse Ruth, Elle devient mére d'Obed, aieul de David.
1. Booz donc monta à la porte de la ville et s'y assit. Et lorsqu'il vit passer le parent dont il a été parlé auparavant, il lui dit : Détourne-toi un peu ,-et assieds-toi ici, l'appelant par son nom. Celuici se détourna et s'assit.
2. Or, Booz, prenant dix hommes d'entreles anciens de la ville, leur dit : Asseyez-vous ici.
3. Et, eux s'étant assis, il dit à son parent : Noémi, qui est revenue du pays de Moab, vendra la partie du champ de notre frere Elimélech.
10. La premiére miséricorde; la bonté, la charité que tu as eue pour ton mari et ta belle-mère. — La dernière; le zèle que tu mets à faire revivre la mémoire et le nom de ton premier mari, eu épousant un parent ágé préférablement à un jeune homme, que tu devrais naturellement rechercher étant jeune toi-méme.