‹ La Sainte Écriture et la règle de foiChapitre 23 sur 106 · LA DÉMONSTRATION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LA DÉMONSTRATION CATHOLIQUE

d'infaillibilité dans son enseignement qui en était la conséquence, l'Eglise, après s'être autorisée auprès des peuples juifs ou gentils, à qui elle avait à annoncer l'Evangile, par les moyens de conviction qu'elle leur mettait sous les yeux, leur proposait méthodiquement la croyance de tout ce qu'elle avait appris de sort divin fondateur ; et les peuples, aidés de la grâce divine^ fortifiés intérieurement par sa lumière céleste, formaient sans peine leur acte de foi surnaturelle en croyant toutes les vérités et chacune des vérités qui leur étaient prêchées.

« Or, tout cela était fait et accompli bien des années avant qu'aucun des livres du Nouveau Testament eut été composé ; et par conséquent, l'existence de l'Eglise et ses divines prérogatives, aussi bien que toutes les autres vérités qui constituent le sacré dépôt de la foi, sont tout-à-fait indépendantes de l'Ecriture. Quelqu'un voudra-t-il croire qu'à mesure que les Livres Saints s'écrivaient sous l'influence d'une impulsion divine, l'Eglise dût perdre quelque chose de ses prérogatives auxquelles ces livres mêmes rendaient témoignage, ou du droit de proclamer les vérités qu'on pourrait y lire désormais, et que jusque-là elle avait enseignées de vive voix et conservées vivantes par la tradition orale? Personne, que je pense, ne sera assez insensé pour le soupçonner seulement. Mais, et les prérogatives de l'Eglise, et les vérités qu'elle enseignait demeurèrent ce qu'elles étaient, avec cotte seule différence, qu'outre qu'elles

continuèrent à se conserver vivantes dans la tradition, elles trouvèrent un moyen de conservation de plus dans l'existence monumentale de ces livres divins. - ,„^

«Bien loin que l'apparition de ces livres dût faire cesser l'autorité dont l'Eglise jouissait jusque-là pour l'inslructiondes peuples, cette autorité devenait plus nécessaire que jamais pour donner une sanction à ces livres mêmes, à mesure qu'ils venaient à paraître. €ar, bien que ces livres fussent divins en eux-mêmes et continssent les enseignements divins, ceux à qui ils tombaient entre les mains n'en avaient pas pour cela seul la certitude. Il fallait donc que l'Eglise, qui, comme je viens de le dire, était regardée comme infaillible dans ses enseignements par tous les fidèles, les assurât par son témoignage que ces livres contenaient la vérité même qu'elle leur prêchait ; qu'ils avaient réellement pour auteurs ceux dont ils portaient les noms, enfin que c'était Dieu qui les avait dictés, c'est-à-dire que leurs auteurs avaient été divinement inspirés. Un témoignage de cette forme ne pouvait être donné que par l'Eglise qui était éclairée de l'Esprit-Saint, et que Jésus-Christ avait établie pour servir à tous les peuples de maîtresse, comme de guide dans la voie de la vérité, w

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