I.ES OBSCURITÉS
tla vrai fils de l'Eglise est d'avoir soin d'interpréter TEcriture conformément à la tradition de l'Eglise universelle, etc. »
Il serait facile d'accumuler ici les témoignages de tous les siècles, mais à quoi bon ? Les protestants ne reconnaissent-ils pas, au moins pratiquement, l'obscurité des Saintes Ecritures, lorsque, pour arriver à les bien comprendre, ils appellent à leur secourstoutes les règles de l'herméneutique, s'évertuent à faire de volumineux commentaires, étudient la linguistique orientale et les expressions usitées chez les contemporains ? N'est-ce pas là reconnaître implicitement qu'il y a de nombreuses et graves difficultés dans la Bible ? Et cependant tout le monde sait que ces immenses travaux n'ont chez eux d'autres résullats qu'une infinie variété d'opinions et d'interprétations. Evidemment un livre bien clair doit être compris de tout le monde et dans le même sens. Du moment que bon nombre d'hommes studieux, savants, et, en apparence du moins, amateurs de la vérité, ne peuvent s'entendre sur la manière d'interpréter une multitude de passages de la Bible, il est logique d'en conclure, sans hésitation, qu'elle renferme des difficultés, des expressions ambiguës, inusitées et maintenant presque incompréhensibles, des endroits dont la véritable signification ne pourra être fixée que par une autorité infaillible. Au moyen de l'infaillible autorité de l'Eglise qui les interprète, les Ecritures deviennent une brillante lumière pour les fidèles ; sans
cette autorité, elles ne peuvent produire que le chaos de mille opinions diverses et les ténèbres de Terreur.
Sans aucun doute, les Apôtres, remplis de l'Esprit- Saint, comprirent parfaitement les divines Ecritures alors existantes ; ils pouvaient les expliquer sans danger de se tromper, et comme ils étaient chargés par Jésus-Christ d'enseigner les peuples, ils devaient certainement communiquer aux fidèles le vrai sens de ces Ecritures. Nul doute que c'est des Apôtres mêmes qu'est venue la coutume universelle des premiers siècles de l'Eglise de lire et d'expliquer les Livres Saints dans les assemblées publiques des chrétiens. Cette interprétation authentique, donnée par les Apôtres et qui n'a pas été écrite, a été conservée et propagée par la tradition catholique, c'està-dire par le corps enseignant constitué par Jésus- Christ et assisté des lumières de TEsprit-Saint.
Il est vrai, disent nos adversaires, il est vrai que l'Ecriture est obscure en certains endroits, mais ce n'est que dans les choses peu importantes et accidentelles ; dans les choses essentielles et qu'il faut nécessairement croire, elle est assez claire, assez lumineuse pour que chacun puisse en extraire les dogmes de foi et s'en faire un symbole (i).
A cette objection vieillie, mais qu'on retrouve encore souvent chez les écrivains protestants, je réponds i° que cette distinction entre les choses
(1) Voir le discours du Rév. M. Doudiet, dans le Momîng Chronide, 15 février 1872.