ET NON FONDAMENTAUX
qui se rattachent à la divinité du Christ, ou qui ont été universellement admis dans les premiers siècles, ou qui se retrouvent actuellement chez toutes les sectes chrétiennes. D'autres enfin pensent qu'il n'est ni nécessaire ni possible de faire cette distinction entre articles fondamentaux et non fondamentaux et que le mieux est de détruire tous les symboles de foi comme autant de causes de division ; ils nient non seulement la nécessité de Vimilé de foi, mais même la nécessité de la foi ; leur tolérance religieuse est si vaste qu'elle peut embrasser tout le monde et faire disparaître jusqu'au nom de schisme et d'hérésie. Il est facile de conclure de là que, même pour les choses dont la croyance est certainement nécessaire, les Ecritures ne sont pas si claires qu'elles puissent produire l'uniformité des opinions chez tous ceux qui en font une étude sérieuse.
3° L'expérience de chaque jour confirme merveilleusement les remarques que je viens de faire. Personne n'ignore que, parmi les différentes sectes chrétiennes qui regardent l'Ecriture comme leur règle de foi, on trouve toutes les nuances d'opinions, même les plus contradictoires, sur des points évidemment essentiels, par exemple, sur la divinité de Jésus- Christ, sur l'éternité des peines de l'enfer, sur les effets du baptême, sur la validité du baptême conféré aux enfants, sur les bonnes œuvres requises pour le salut, sur la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, etc. Comment à présent exalter cette
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prétendue clarté des Ecritures dans les choses nécessaires au salut ?
4° Mais supposons même que quelques-uns, à force de travaux et au moyen des règles de l'herméneutique, de la linguistique orientale et de l'archéologie, parviennent à élucider la plupart des difficultés, cela pourrail-il suffire ? Non, certes ; car quelle que soit la science de ces érudits, leur interprétation ne sera toujours en réalité que celle d'écrivains particuliers, auxquels personne n'est tenu ni de se soumettre, ni d'ajouter une foi complète et aveugle ; leur autorité, quelque grande qu'on la suppose, n'aura jamais aux yeux des peuples le sceau divin de l'infaillibilité, seul capable de produire dans les intelligences l'unité de foi voulue par Jésus-Christ dans son Eglise.
De plus, ces savants eux-mêmes donnent le plus souvent au même passage de l'Ecriture des sens toutà-fait différents les uns des autres ; l'un trouvera, avec Luther, que ces paroles si claires du Sauveur dans la dernière cène : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang, w énoncent la présence réelle de Jésus- Christ dans l'Eucharistie ; l'autre soutiendra, avec Calvin, qu'elles n'expriment rien autre chose qu'un signe, une figure, un souvenir du Sauveur. A qui le simple fidèle, l'ignorant devra-t-il se fier en pareille occurrence ? Ces hommes lui paraissent d'une égale science : quelle opinion embrasseia-t-il? Et s'il faut s'en remettre en définitive à une autorité purement humaine, pourquoi n'adopterait-il pas aussi bien Tin-