‹ La Sainte Écriture et la règle de foiChapitre 70 sur 106 · LA TRA.DITIO> ADMISE · texte numérisé non relu

LA TRA.DITIO> ADMISE

règle immuable d'après laquelle on peut distinguer la vérité catholique de toute hérésie et se décider dans les controverses. Il montre que l'Ecriture ne peut pas servir seule de règle, parce que tous ne la comjirennent pas dans le même sens ; il fait voir que l'Eglise a la mission de conserver, de développer la foi traditionnelle, et de déterminer le sens de la foi immuable par des expressions nouvelles et spéciales. Quant à l'usage des témoignages des Pères, il ne faut citer, dit-il, que les paroles de ceux qui ont vécu, enseigné et persévéré dans la foi et la communion catholiques, saintement et fidèlement, et qui ont été jugés dignes de mourir pour Jésus-Christ ou de lui consacrer leur vie. Toutefois, il ne faut recevoir comme entièrement certain et indubitable, que ce qui a été cru par tous ou presque tous, et alors l'unanimité de leur consentement équivaut à un concile général. Si quelqu'un d'entre eux, quelque saint, quelque savant qu'il ait été, évêque, confesseur, ou martyr, a enseigné une doctrine contraire à celle du plus grand nombre, il faut la mettre au rang des opinions privées, incertaines, obscures, destituées de l'autorité et de la sanction d'une croyance universelle, publique et dominante ».

Parlant des hérétiques qui, à cette époque comme de nos jours, se vantaient d'avoir la Bible pour eux : « Ils affectent, dit-il, de citer partout l'Ecrilure ; il n'y a presque point de pages dans leurs écrits où l'on n'en trouve des textes. Mais en cela ils ressemblent

MÊME PAK lE rnOTESTANTISME. J 93

aux empoisonneurs, q„i désignent sous Jes noms .mposanls leurs breuvages meurtriers, et ils im"t'm

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Après avoir établi l'immutabilité du dogme ealhclique .1 se demande : „ N'y aura-l-il done point de F^res dans l'Eglise du Christ ? Il y en aura, répond- >l, et même beaucoup ; car qui seiait assez envieux du bien des hommes, assez maudit de Dieu nour empêcher ce progrès ? Mais qu'il soitprogrè etln chansement. li faut qu'avec les Js elles' lie

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cience pour chaque homme comme pour toute

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la marche du corps humain qui, tout en se dévelop!

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L'autorité et la nécessité de la tradition ont été bien souvent reconnues par les protestants eux mêmes. « Avant tontes choses, dit Grotius il faut supposer que tout ce qui est adopté gcnéi4lÏ

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(1) ^otum propace,l37.

« Sans la tradition, dit Collier, nous ne pouvons pas prouver que l'Ancien, non plus que le Nouveau Testament, renferme la parole de Dieu » CD.

Lessing (2) n'est pas moins explicite. « C'est la tradition et non l'Ecriture qui est le rocher sur lequel est élevée l'Eglise de Jésus-Christ». Et ailleurs: « Toute l'antiquité dépose en faveur de la tradition, d'une voix que nos réformateurs ont trop dédaignée. Ils auraient dû accorder à la tradition, du moins telle que la comprend saint Irénée, la même autorité divine qu'ils jugèrent à propos d'attribuer exclusivement à l'Ecriture » .—Plus loin, voulant prévenir une objection assez commune, il ajoute : « Si la tradition a pu être faussée, les Livres Saints n'ont-ils pas pu être falsifiés ? »

De tout ce qui précède il est facile de conclure 1° que la parole de Dieu non écrite a un égal titre à ' notre foi et à notre respect ; 2" qu'il existe en réalité de véritables traditions divines, c'est-à-dire des enseignements que le Verbe de Dieu d(inna oralement à ses Apôtres, sans que ceux-ci les aient consignés par écrit, et d'autres que l'Esprit Saint leur dicta et qu'ils durent transmettre à l'Eglise universelle ; 3° que dans le Nouveau comme dans l'Ancien Testament l'existence de ces traditions est indéniable, puisqu'elle est affirmée par les Ecritures elles-mêmes,

(1) nœninghaus, 'a Réforme contre la Réforme, c. V, cité par le R. P. Nampon, p. 121.

(2) Ibid.

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