‹ La Sainte Écriture et la règle de foiChapitre 95 sur 106 · LES JÉSUITES ET LES JANSÉMSTES · texte numérisé non relu

LES JÉSUITES ET LES JANSÉMSTES

qu'on lire de ce fait contre l'unité de l'Eglise W. Qu'il me suffise de rappeler ici que, pendant toute cette période de troubles, il ne vint jamais à l'esprit de qui que ce soit qu'il pût y avoir deux ou trois Papes légitimes à la fois. L'erreur qu'il pouvait y avoir chez quelques-uns n'était donc pas une erreur de doctrine ou de droit, mais simplement une erreur de fait concernant le sujet légitimement élu. Ce cas était absolument analogue à celui qu'on voit se reproduire souvent dans les luttes électorales ; certaines élections sont contestées ; on ne sait quel est le candidat élu légalement ; cependant tous s'accordent à dire qu'il ne doit y avoir qu'un seul membre pour représenter le comté.

Les divergences qui existent entre les Scolisles et les Thomistes et qu'on reproche à l'Eglise Romaine, roulent sur des opinions au sujet desquelles l'autorité n'a rien défini et qu'elle abandonne à l'activité de l'esprit humain ; mais elles n'affectent en rien l'unité de foi et de communion, puisque sur tous les points définis il y a identité parfaite de croyance chez les catholiques et que sur les questions non définies chacun est prêt à se soumettre, du moment que l'Eglise aura prononcé.

Quant aux Jansénistes, si on les considère comme formant une secte, «ne £'g'/tse particulière, par exemple à Utrecht, ils ont toujours été soumis aux analhèmes

(1) La primauté et l'in/atUibilUé de* Souverains Panti/et, p. 383- 400. Québec, 1873.

274 l'unité a MONTRÉAL.

des Pontifes Romains et regardés comme hérétiques formels ; il est clair que dans ce cas ils ne détruisent pas plus l'unité de l'Eglise que ne le font les Luthériens ou les Calvinistes, puisqu'ils en sont complètement séparés. Quant aux individus, ils n'ont pas d'ordinaire été excommuniés nommément, et par ■conséquent ils continuent de faire matériellement partie du corps de l'Eglise. Mais cela ne les empêche pas d'être grandement coupables devant Dieu et de se nuire à eux-mêmes ; cependant ils ne nuisent pas non plus à l'unité de l'Eglise qui ne cesse de répudier leurs erreurs (i). Les Jésuites ont combattu avec l'Eglise contre l'erreur Janséniste, absolument comme les Dominicains contre les Albigeois, etsaintAthanase contre les Ariens ; leur lutte était honorable, puisqu'elle se faisait avec des hommes qui altéraient la doctrine de l'Eglise et qui ne voulaient plus se soumettre à l'autorité compétente.

Il est suprêmement ridicule de voir le différend qui s'est produit entre l'évêque de Montréal et les Messieurs de Sainl-Sulpice concernant une division de paroisse et un cimetière, de voir, dis-je, ce différend élevé à la hauteur d'une objection contre l'unité de l'Eglise. Je m'étonne que quelqu'un ne s'avise pas de soutenir que l'unité du royaume britannique ne peut pas exister depuis que M. Mousseau a intenté un procès au Witness de Montréal !

(1) Perrone, La règle de foi, etc., t. II, p. 242.

SAINTETÉ DE l'ÉGLISE ROMAINE. 275

L'unité a donc toujours existé dans l'Eglise Catholique Romaine ; elle existe maintenant et elle existera TOUJOURS, parce qu'elle doit nécessairement se produire sous l'influence d'une autorité infaillible, chargée de maintenir intacte la révélation divine. Inutile — disons-le en passant, — inutile pour l'Eglise anglicane de prétendre être avec l'Eglise gréco-russe et l'Eglise Romaine, une branche de l'Eglise véritable du Christ, puisque la première condition pour en faire partie, •c'est de se soumettre à l'autorité légitime et divinement constituée.

La note de sainteté ne se trouve pas moins évidemment dans l'Eglise catholique. Sans doute, tous ses membres ne sont pas saints, puisque partout l'homme reste libre de faire le mal ; aussi Jésus-Christ a-t-il prédit qu'il y aurait des scandales et que l'Eglise serait Aîomme un champ où croissent à la fois l'ivraie et le bon grain, comme un bercail où il y a des boucs et des brebis. Cependant il n'en est pas moins vrai de dire que le catholicisme, saint dans son origine, dans son dogme, dans sa morale, dans son culte, n'a jamais ^essé de produire des saints. Je n'en veux d'autre preuve que ceux qui ont paru depuis trois cents ans. Trouvera-t-on au sein de la Réforme beaucoup de chrétiens et de chrétiennes comme saint Charles Borromée, sainte Thérèse, saint Ignace, saint François- Xavier, saint Louis de Gonzague, saint François Régis, saint Vincent de Paul, saint François de Sales, sainte Jeanne de Chantai, saint Alphonse de Liguori et une

Page 1