‹ La Sainte Écriture et la règle de foiChapitre 96 sur 106 · LA SAINTETÉ · texte numérisé non relu

LA SAINTETÉ

foule d'autres? Trouvera-t-on dans le protestantisme beaucoup déjeunes personnes qui consentent à se séparer de leurs familles, à s'exiler du monde, à renoncer parfois à une brillante fortune, pour se consacrer exclusivement au service de Dieu par les vœux solennels de pauvreté, de chasteté et d'obéissance ? En trouvera-t-on beaucoup qui aient consumé leur vie à mendier pour les pauvres et pour les infirmes, à soigner les malades dans les hôpitaux, à panser les blessures jusque sur leschamps de bataille, à ramener dans le chemin de la vertu les malheureuses victimes du vice ? Bien peu ; on affecte même du dédain et de la haine pour cette perfection évangélique. Le catholicisme, au contraire, peut compter par milliers ces âmes saintes et courageuses qui sacrifient tout pour Dieu, et qui croient, avec la Sainte Ecriture, que la foi sans les œuvres est une foi morte. Et le missionnaire catholique a-t-il jamais reculé devant les épidémies, devant les persécutions, les cachots, la mort même? Jamais ; aussi n'a-t-il rien qui l'attache à la terre ; il ne laisse après lui ni veuve, ni orphelins ; il s'appartient tout entier, ou plutôt il est la propriété de Dieu seul, à qui il a consacré ses travaux et sa vie ; il est heureux de donner son sang pour la foi ou pour le soulagement des infortunes humaines. Je n'ai qu'à rappeler ici son héroïsme pendant les pestes de Milan et de Marseille, pendant les guerres, pendant le choléra qui a exercé tant de ravages à diverses époques, jusque dans notre Canada, ; je

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n'ai qu'à prononcer les noms de pays tels que le Japon, la Chine, le Tonkin, la Corée, etc., pour voir surgir devant moi une nuée de courageux martyrs, qui n'ont jamais manqué de successeurs dans la continuation de leur œuvre. Qu'on ne prenne point mes paroles pour de l'enthousiasme, pour une exagération surannée ; je m'appuie uniquement sur des faits qui sont du domaine de l'histoire.

Encore une remarque avant d'aller plus loin. Lorsque quelqu'un se décide à passer du protestantisme au catholicisme, est-ce par l'espoir d'une vie plus libre et plus facile, d'une religion moins exigeante, moins sévère vis-à-vis de l'orgueil et des autres passions mauvaises du cœur humain ? Tout au contraire; et, cequiempêchesouventcertainsretoursàla religion catholique, c'est qu'on serait obligé de s'astreindre à l'obéissance en matière religieuse, à la confession de ses fautes, à une morale rigide, au Jeûne, à l'abstinence, etc. Tout cela est fort simplifié dans le protestantisme, comme chacun le sait ; mais est-ce bien là la religion du Christ ? On connaît ce mot de Fitz William : « Le passage de l'Eglise à une secte est trop souvent le chemin des vices, et celui d'une secte à l'Eglise est toujours par le chemin des vertus » (0.

L'Eglise Romaine est non-seulement sainte, mais ■encore catholique ou universelle. Contrairement au

(1) Lettre» d'Atticut. Paris, 1826, p. 112.

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paganisme qui ne rêva jamais l'universalité en religion et qui eut le soin de se circonscrire dans le cercle étroit de la famille, de la cité ou du royaume ; contrairement au judaïsme qui est demeuré stationnaire depuis deux mille ans ; contrairement au mahométisme, — ce « simulacre de religion, élevé sur un piédestal de boue», — qui ne renferme aucun principe de diffusion progressive et qui est limité à quelques provinces barbares ; contrairement, enfin, au schisme grec qui est à peu près inconnu dans la plupart des provinces de l'Europe et de l'Asie, et qu'on ne trouve ni en Amérique, ni en Afrique, ni en Océanie, l'Eglise Romaine, qui a pour chef le Pape, successeur légitime du Prince des Apôtres, est répandue dans toutes les parties du monde et compte un nombre considérable de fidèles, même dans les régions où dominent les autres sociétés. Ajoutez à cela qu'elle ne professe pas des croyances différentes dans les divers pays ; elle est absolument une dans sa foi comme dans son gouvernement et son culte.

L'Eglise Romaine est encore apostolique et seule apostolique. En effet, elle est la seule qui puisse exhiber sa succession, sa généalogie depuis Jésus- Christ et les Apôtres jusqu'à nos jours. Elle seule a des pasteurs, évoques et prêtres, qui sont encore envoyés divinement comme les premiers Apôtres le furent par le Sauveur, et qui peuvent dire aux peuples : Nous enseignons, nous baptisons, nous remettons les péchés, nous faisons usage du pouvoir

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des clefs pour lier et délier, pour faire des lois disciplinaires, nous administrons les autres sacrements, nous établissons des évêques, des prêtres, et nous les envoyons comme nous avons été envoyés nousmêmes ; et nous faisons tout cela parce que les Apôtres l'ont fait, parce que les successeurs des Apôtres l'ont fait, parce que l'Eglise catholique est en possession de le faire depuis 1840 ans, et que tout cela doit se pratiquer, d'après l'ordre de Jésus-Christ, jusqu'à la consommation des siècles 0).

Rien de plus évident que les faits publics. Or la mission divine du Pape actuel, Pie IX, ainsi que celle de ses prédécesseurs, est le plus grand des faits publics. L'histoire est là pour nous faire connaître non-seulement leurs noms, mais encore leurs actes, leur zèle à défendre la saine doctrine, leur autorité universelle et suprême ; elle nous conduit comme par la main jusqu'à saint Pierre et à Jésus-Christ qui l'a constitué la base inébranlable de son Eglise, le pasteur de son troupeau, le confirmateur dans la vraie foi.

Ce que nous venons de constater pour les souverains Pontifes s'applique également aux évêques et aux prêtres catholiques de n'importe quelle partie de l'univers, puisque tous ont été ordonnés et consacrés par des évêques qui étaient en communion avec le Pontife de Rome alors régnant. Nous pouvons ainsi

(1) Le protestantisme dévoilé, p. 18. Paris, 1841.

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