PURES
Et-ciee à
que de choses n’y a-t-il pas, dans le règne de la nature, dont l'existence est certaine et constatée, sans qu’on puisse cependant les comprendre ? À plus forte raison doit-il en être de même dans l’ordre surnaturel : nous ne comprenons pas certaines Coctrines, mais nous les croyons à cause de l’infaillible autorité de l'Eglise que notre raison a préalablement admise, et qui nous enseigne qu'elles sont certainement révélées.
« Mais, ajoute-t-on, comment croire à la présence réelle, à la transsubstantiation, au culte de la Sainte Vierge et des Saints, à la confession des péchés, etc. ? Cela paraît être si évidemment un mélange de supers-. titions, d'idolôtrie, d'erreurs bizarres » !
Je ne veux pas traiter actuellement chacune de ces questions ; cela m'entraînerait trop loin et ce serait sortir du cadre que je me suis fixé dans cet opuscule. Peut-être pourrai-je développer plus tard ces importantes questions ; pour le moment je n’en dirai qu’un mot.
« La présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie vous paraît une fiction » ! Mais qu’y a-t-il donc en cela de plus incompréhensible que de voir Dieu, infini en toutes perfections, s’abaisser jusqu’à prendre notre pauvre nature, jusqu’à naître dans une crèche, jusqu’à souffrir et mourir sur une croix? Le mystère de l'Incarnation n'échappe pas moins à la raison humaine que celui de la présence réelle. Ce que l'amour d’un Dieu a pu faire pour l'humanité dans
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un cas, il peut bien le faire dans un autre. D'ailleurs, lorsqu'un Dieu infiniment puissant, nous dit : « Ceci est mon corps ; ceci est mon sang », la raison ellemême nous montre que nous ne devons pas donner à Dieu un démenti manifeste, en disant: « Cela n’est pas possible ; ce n’est ni son corps, nison sang, mais seulement une figure, un souvenir du Sauveur ». Voilà ce que j'appellerais volontiers une fiction et un blasphème ; le protestantisme ne pourra jamais les faire disparaître.
« La transsubstantiation, ou le changement de la
* substance du pain et du vin au corps et au sang de
Jésus-Christ est impossible »—Et pourquoi? Vous admettez que le Sauveur a changé l’eau en vin aux noces de Cana, qu'ila multiplié les pains etles poissons, qu’il a ressuscité Lazare, qu'il s’est ressuscité luimême, qu’il a créé de rien le ciel et la terre, que la nourriture que vous prenez se change en votre propre substance, etc. ; quelle raison avez-vous donc de faire cet éclectisme, et ‘d'ajouter foi à ces derniers prodiges plutôt qu’au premier ? Voilà de l'arbitraire tout pur ! La création que vous admettez n'est-elle pas même un miracle plus grand que la transsubstantiation ?
«La confession des péchés est une invention humaine. »—Mais, dites moi, dans quel siècle, dans quel pays, par quel mortel at-elle été inventée ? Faites toutes les perquisitions possibles ; fixez les époques qu'il vous plaira d’assigner à cette gênante
institution ; au moyen de la tradition historique, je vous ferai remonter de siècle en siècle jusqu’à Jés'is- Christ qui adressa aux Apôlres ces mémorables paroles : « Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie. Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les aurez remis, et ils seront retenus à ceux à qui vous les aurez retenus. » Je me demande maintenant si un ministre anglican, prononçant une formule d’absolution sur des personnes qui viennent de se confesser à Dieu dans le secret de leur cœur, se sert bien souvent du pouvoir exprimé par ces paroles : « Les péchés seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez ? » Comment retenir les péchés sans les connaître ? Impossible, à moins d'agir arbitrairement. — Jésus-Christ, roi du ciel, juge comme les souverains de la terre, non pas par luimême, mais par ses plénipotentiaires, par ses tribunaux. Il aurait pu, sans doute, disposer les choses d’une autre manière, mais il ne l'a pas fait; toute objection disparaît devant sa sainte volonté.
«Le culte de la Sainte Vierge et des saints est une idolâtrie pure et simple! »—Oui, si nous les adorions, si nous leur rendions un culte qui n’est dû qu'à Dieu seul; mais nous les vénérons seulement comme les amis de Dieu, comme des âmes privilégiées qui se sont rendues agréables au Seigneur par leur parfaite charité et qui ont été fidèles à correspondre à la grâce divine. Nous croyons que leurs prières élant plus parfaites que les nôtres, peuvent
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