DE QUELQUES DIFFICULTÉS
nous obtenir de Dieu ce que nous ne pourrions obtenir par nous-mêmes. En conséquence nous les invoquons, nous les honorons, nous les prions d'intercéder pour nous. Est-ce que ce culte n’est pas parfaitement conforme à la raison, el, je pourrais ajouter, conforme à la révélation? Est-ce que nous n’honorons pas da iaère d’un roi plus qu'une mère ordinaire, et les familiers de ce souverain plus que des citoyens ordinaires ? Est-ce que. nous n'avons pas recours à leur entremise, à leur intercession pour obtenir les faveurs royaies? C’est ce qui se pratique tous les jours; mais le culte de Marie et des saints n'est-il pas plus rationnel, puisque nous honorons en eux a mère et les amis non pas d'un hoaime mais de Dieu même ? Qu'on n’essaie donc plus de nous faire passer pour de stupides idolâtres, car c’est là une vieillerie parfaitement ridicule et qui ne devrait plusse répéter Æn plein dix-neuvième siècle.
Vous entendrez dire bien souvent qu'il faut mourir dans la religion de ses pères ; c'est là un prétexte dont la lâcheté se couvre bien volontiers. —A cela je réponds d'abord: oui, si la religion de ces pères est vraie et bonne ; non, si elle est fausse, car L vérité a sur notre intelligence des droits imprescriptibles Avec ce principe erroné, le monde devrait être encore plongé dans le paganisme. En outre, quand il s’agit de
protestants, il est facile de leur donner la réponse du
comte de Stolberg à un prince qui lui faisait cette
même objection : «Pardon, prince, dit-il, mieux
vaut encore mourir dans la religion de ses grandspères ». C’est la même pensée qu’exprimait sur son 4 lit de mort un ambassadeur de France, en Anglelà 4 fes terre ; un ami lui demandait s’il n’était pas chagrin Pts de se voir réduit à être enseveli parmi des héré. pos tiques : « Non, répondit le mourant, je commanderai ds qu'on me creuse une fosse plus profonde et je me House retrouverai en terre saiate, au niveau et au milieu Lol, des miens ». Et en effet, abandonner la Réforme pour LCR se faire catholique, c’est revenir à la religion de ses RUSSE grands-pères, de ses aïeux, puisque, avant le seizième r siècle, il n’y avait pas un seu! protestant sur toute la surface du globe.
| + A ceux qui rendraient hommage intérieurement à l 1) ' - la vérité du catholicisme, sans vouloir la professer ASE publiquement, sous prétexte que Dieu se contente dés ni: bonnes dispositions du cœur et que ce changement de | religion entraînerait trop de sacrifices, trop de désagréments et contristerait des omis, des parents, des bienfaiteurs, je pourrais opposer ces paroles si foro melles du Sauveur : « Celui qui me confessera devant ' : À es hommes, je le confesserai devant mon Père qui nou | est dans le ciel ; mais celui qui m’aura renié devant ie rs les hommes, moi aussi je le renierai devant mon he: Père qui est dans le ciel. Celui qui aime son père ôu | sa mère plus que moi, n'est'pas digne de moi. »2 - « Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il Li perd son âme ? »—« Cherchez donc premièrement és ‘le royaume de Dieu et sa justice, ét toutes ces chosës
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(les biens de la terre) vous seront données par surcroît. »—« Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce qu’à eux appartient le royaume des cieux. Vous êtes heureux, lorsque les hommes vous maudissent et vous persécutent et disent faussement toute sorte de mal de vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et tressaillez de joie, parce que votre récompense est grande dans les cioux » (1), Je pourrais encore leur remettre sous les yeux les nobles exemples de princes et de savants convertis à la religion catholique dans notre siècle : le duc de Saxe-Gotha, allié à la famille royale d'Angleterre, le prince Henri-Edouard de Schænburg, le comte d’Ingenheim, frère du feu dernier roi de Prusse, le duc A.-Fréd. de Mecklembourg-Schwerin et sa sœur la duchesse Charlotte-Frédérique, le prince F.- À.-C. de KHesse-Darmstadt, le duc et la duchesse d'Anhalt-Cœthen, la comtesse de Solms-Bareuth, le savant comte Fréd.-Léopold de Stolberg, Frédéric Schlegel, fils d’un pasteur luthérien, le célèbre Goerres, le conseiller aulique Adam Muller, le comte Charles-Louis de Haller, Esslinger, l’illustre Frédéric Hurter, Newman, Ward, Oakeley, Faber, Morris, Brown, Manning, Brownson, Forbes, Ives, Baker, et une foule d’autres (2) qui ont eu le courage de pro-