‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 14 sur 142 · L'INSPIRATION ET L'ÉGLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

L'INSPIRATION ET L'ÉGLISE CATHOLIQUE

l'on ne peut croire que d’une foi humaine et faillible au fait de l'inspiration, on ne pourra croire aussi que d’une foi humaine et faillible aux vérités contenues dans l’Ecriture. Cependant de l'aveu de toutle monde, catholiques et protestants, on doit croire d’une foi divine tout ce que renferme la Bible. Donc le témoignage humain est tout-à-fait insuffisant pour établir le fait de l'inspiration ; le témoignage divin est la seule base qui puisse asseoir solidement l'édifice de notre foi.

Il est bien évident qu'il n’est pas nécessaire que Dieu lui-même rende ce témoignage d'une manière immédiale ; il suffit qu'il le fasse par un organe authentique, par un ambassadeur légitime, auquel il aura immédiatement révélé le fait de l'inspiration de tel ou tel livre. Pour nous, catholiques, cet organe divinement constitué, c’est l'Eglise enseignante, qui a exhibé tous les titres de sa céleste mission. Mais comme les protestants n’admettent pas sa divine autorité, il en résulte, par une conséquence inévitable, qu'ils sont incapables de démontrer l’inspiration de la Bible, et de chacun des livres qui la composent.

Cette démonstration, dont j'ai emprunté la substance au R. P. Franzelin, mon ancien professeur et l'une des gloires de l’Université Grégorienne, me paraît péremptoire et irréfragable @),

(1) Voyez Franzelin, De divind traditione et Scripturd, p. 831.

ARTICLE DEUXIÈME

Impossible à un protestant de savoir quels livres composent le canon ds Ecritures ou la Bible.—Variations incessantes du protestantisme sur ce sujet,

J'interroge un protestant quelconque, qui fait profession de croire à la parole de Dieu contenue dans la Bible et dans la Bible seule, et je lui pose cette question : Quels sont les livres qui composent la Bible ? Combien y en a-t-il ?

Il me citera sans doute, en premier lieu, tous les livres protocanoniques de l'Ancien Testament @),— Mais pourquoi n’admettez-vous pas dans votre Bible les livres deutérocanoniques @)? Quelles raisons

(1) On donne le nom de protocanoniques aux Livres Saints qui ont toujours été regardés comme inspirés, et qu’on n’a jamais fait difficulté d'admettre dans le canon des Ecritures. Les Juifs qui considéraient ces livres comme divins, les portaient au nombre de vingtdeux, d’après le nombre des lettres de leur alphabet. Les voici : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, Josué, les Juges ot Ruth, deux livres de Samuel. deux livres des Rois, deux livres des Paralipomènes, Esdras et Néhémie, Esther, Isaïe, Jérémie et les Lamentations, Ezéchiel, Daniel, les douze petits Prophètes, Job, les Psaumes, les Proverbes de Salomon, l’Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques.

(2) Les livres deutérocanoniques sont ceux de l'inspiration desquels on a douté en certains temps et en certains lieux. Ce sont pour l’Ancien Testament : Tobie, J a la Sagesse, l’Ecclésiastique, le

avez-vous de les en exclure ?—Parce que, dira-t-il, les protocanoniques qui forment le canon des Juifs, étaient déjà compris dans la coller‘ion des Ecritures du temps de Jésus-Christ et des Apôtres, tandis qu'on n’en pourrait pas dire autant des deutérocanoniques. Or on voit, en beaucoup d’endroits du Nouveau Testament, que Notre-Seigneur et ses Apôtres ont approuvé cette collection comme étant composée de livres inspirés. Donc nous avons un témoignage divin de l'inspiration des protocanoniques.

Soit ; mais je ferai remarquer que ce témoignage est purement affirmatif et non pas exclusif. On pourra bien en conclure, si vous le voulez, que ces livres sont inspirés ; mais il serait illogique d’en déduire que ceux-là seuls sont inspirés, à l'exclusion de tout autre, et que le canon des Juifs était complet.—Le raisonnement du protestantisme naraît d'autant plus faux que tous les chrétiens reconnaissent que les Apôtres ont transmis aux Eglises d’autres livres faisant partie du Nouveau Testament et az’on regarde comme inspirés ; que les Juifs avaient en leur possession d’autres livres au sujet desquels on émettait un doute, à savoir, s’ils avaient autant d’autorité que les protocanoniques ; que probablement les Juifs Hellénistes avaient des Bibles renfermant d'autres livres que ceux qui ont été énumérés, Il est donc impossible

premier et le second livre des Machabées, Baruch. A ces livres complets on joint quelques fragments de Daniel (III, 24-90 ; XIII et XIV) et les sept derniers chanitres d’Esther (X, 4-XVI, 24).

Page 1