FIXER LE CANON DES ÉCRITURES
Uniquement sur la tradition catholique ; il n’y a pas d'autre base possible.
La troisième, c’est que cette seconde épitre de saint | Pierre est précisément l’un de ces livres dont on ne saurait démontrer l’authenticité et l’origine apostolique que par l'intermédiaire de la tradition.
La quatrième, c’est que les protestants qui n’admettent pas la canonicité de cette seconde épiître de saint Pierre, n’ont absolument aucun autre moyen d'établir l'inspiration des livres du Nouveau Testament que l’autorité el le témoignage de l'Eglise catholique. Or ils rejettent ce témoignage. Donc il leur est absolument impossible de démontrer pourquoi ils admettent tel et tel livre dans leur Bible.
La conséquence évidente de tout ce qui précède, c'est que les protestants sont incapables de rendre raison du choix qu'ils font de leur Bible, qui ne ren- ‘4 ferme que les livres protocanoniques, de préférence à la Bible catholique dans laquelle se trouvent en outre les deutérocanoniques.
Nulle part dansles Ecritures on ne trouve un cata- Î logue tout dressé des Livres Saints. Ici et là seulement, quelques courtes citations des livres de l’Ancien Testament, ou une confirmation tout-à-fait vague de ce qui est contenu dans la Loi, les Pr'ohétes et les
Psaumes ; mais que désignent ces appellations si | générales ? La tradition pourra bien nous guider jus- | qu'à un certain point, mais elle ne saurait préciser considérablement, et pour plusieurs livres du Nou-
veau Testament la démonstration est radicalement impossible.
Je me résume donc en leur disant : Vous posez en principe que les seuls livres renfermés dans vos Bibles, dans votre canon, contiennent la parole de Dieu et sont divinement inspirés, et que la tradition ne peut avoir d'autorité par elle-même qu’en tant qu’elle se trouve conforme à ;’ Ecriture.
Or l’Ecriture ne renferme aucun témoignage positif concernant le nombre et le canon des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, que tousles protestants regardent cependant comme inspirés.
Donc, si le silence de l’Ecriture suffit pour faire considérer une tradition comme fausse ou douteuse, il s'ensuit nécessairement que la tradition historique n’est d'aucune valeur pour prouver l'inspiration des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament.
Donc il faut absolument ou renoncer au principe fondamental de la Bible seule, ou bien renoncer à l’idée de pouvoir démontrer quels sont les livres inspirés, qui composent les Saintes Ecritures ou la Bible.
Maintenant, voyons un peu les variations du protestantisme au sujet du canon et du nombre des Livres Saints. «Luther rejetait du canon des Ecritures Job, l'Ecclésiaste, l’épitre aux Hébreux, la
deuxième épître de saint Pierre, la deuxième et la troisième de saint Jean, celle de saint Jude et l’Apocalypse. Calvin en retranchait encore les livres d’Esther, de Baruch, de Tobie, de Judith, de la Sagesse,
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