‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 2 sur 142 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le Cardinal Wiseman, que la mort a ravi si tôt à la science et à la religion, disait en terminant sa première conférence, prêchée à Sainte-Marie de Moorfields, à Londres, en 1836 : “ Nous ne croyons avoir à combattre “ ni ennemis, ni adversaires, car nous voulons “ considérer ceux qui sont séparés de nous “ comme étant tombés dans l'erreur, il est “ vrai, mais dans. ure erreur involontaire :

‘ nous pensons que, nés dans le sein d’une ‘ communion et élevés dans la croyance des “ doctrines qu’elle enseigne, ils n’ont pas eu “ le loisir d'examiner avec assez d'attention ‘ ces doctrines reçues de confiance, ou que ‘€ les premières idées inculquées à leur esprit, “ pendant leur premier âge, ont fait une si ‘ vive impression sur eux, qu’une impression “ contraire n’a pu encore prévaloir, même en

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“ présence de la vérité 5 nous les regardons “ donc plutôt comme des frères absents que “comme des hommes armés contre nous, “ plutôt comme les égarés de la cité de Dieu ‘ que comme les perturbateurs de son repos.

“ Ce n’est donc point ici une polémique que ‘nous venons ouvrir, . . .” ().

Dans le présent Opuscule, consacré à l’examen du principe fondamental sur lequel repose le protestantisme et à la réfutation des principales erreurs qui se sont glissées dans les discours des orateurs de la Société Biblique et de ? Alliance évangélique, je ne crois pouvoir mieux faire que de me placer au même point de vue que l’illustre Cardinal, et d'imiter, dans la mesure de mes forces, son esprit de douceur et de bienveillance envers ceux qui n’appartiennent pas à l'Eglise Romaine. La fermeté des convictions religieuses engage sans doute à combattre énergiquement les sophismes de l'erreur ; sur ce terrain toute transaction serait coupable ; mais rien n’exige que l’on manque aux égards dûs aux personnes...

(1) Conférences sur Les doctrines et les Pratiques les plus impor tantes de l'Eglise catholique, par N. Wiseman, traduction de M. Alfred Nettement, p. 53, Bruxelles, 1843.

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Mon but n’est pas d'allumer des antipathies religieuses, de créer de l’agitation, de semer la discorde dans notre pays jusqu’à présent si heureux ; à Dieu ne plaise nue je contribue jamais à une pareille « ‘e! J’ai voulu uniquement montrer les vases fragiles du protestantisme, répondre indirectement à un bon nombre d’objections captieuses et présentées de ce ton tranchant qui les fait regarder quelquefois comme insolubles ; j'ai voulu en même temps affermir la foi des faibles, les prémunir contre les séductions de l’erreur, et faire briller aux regards de ceux qui ne sont pas encore dans nos rangs la douce lumière de la vérité catholique. Que de pauvres âmes, au sein du protestantisme, sont en proie aux angoisses du doute! Elles sont plus nombreuses qu’on ne le pense généralement ; elles sentent le besoin d’un terrain solide pour asseoir l'édifice de leurs croyances, et elles ne le trouvent pas. Il leur reste pourtant une ressource, un ‘noyen infaillible de trouver le calme après l2quel elles soupirent : c’est de revenir à l'Eglise catholique, c'est de se tenir fortement attaché au roc inébranlable que Jésus-rist lui a donné pour fondement.

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Mon plus grand bonheur serait de contribuer à ramener à la vérité quelques-unes de ces âmes, souvent plus malheureuses que coupables, plus fatiguées de leurs ténèbres que touchées de leurs défaillances morales ; puisséje leur montrer la voie qui conduit à l’arche véritable du salut ! puissent ces pages que je leur destine recevoir la rosée des hénédictions célestes sans lesquelles rien ne fructifie, et être utiles à toutes celles qui voudront bien leur accorder quelques moments de réflexion !

Le sujet que j'aborde n’est pas nouveau ; beaucoup d'écrivains catholiques l’ont traité avec une habileté, avec une vigueur de logique qui ne laissent rien à désirer. Il me suffirait de rappeler ici les noms de contemporains

tels que le Cardinal Wiseman ©), le KR. P.

Perrone, $. J. @), Mgr. Malou 6), ancien professeur de Louvain, devenu depuis évêque de Bruges, le savant Milner (), Smarius 6), et une foule d’autres, pour démontrer que le

(1) Dans l’ouvrage cité ci-dessus.

(2) I protestantesimo e la regola di fede. Ce magnifique ouvrage en trois volumes a été traduit en français par M. l’abbé F. E. Chacsay, Paris, 1854.

(3) De la lecture de la Bible en langue vulgaire.

(4) End of controverey. |

(5) Points of controversy.

PR, Pom tm) bit

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savoir et le talent n’ont pas fait défaut dans la manifestation et dans la défense de la vérité sur cette question fondamentale. Mais leurs ouvrages sont généralement longs, peu connus de la plupart des lecteurs, et traitent souvent de bien d’autres sujets, qui, tout en étant d’un intérêt vital ailleurs, à raison des circonstances, n’en offrent aucun en Canada.

J'ai voulu parer à cet inconvénient en présentant au public ce modeste travail; j'ai cru pouvoir combattre des erreurs qu’on ne cesse de répandre, et développer en même temps une matière qui sera toujours et pour tout chrétien, d’une importance majeure, parce qu'elle concerne les bases mêmes de notre foi.

C’est en m’éclairant de la science profonde, de la lumineuse orthodoxie de mes anciens professeurs du Collége Romain, c’est en m’appuyant sur l'autorité des hommes éminents dont je viens d'évoquer le souvenr, que j'ai entrepris de parler de la règle de foi. Faire voir la nécessité et les caractères d'une telle règle, montrer qu’elle ne se trouve pas dans le protestantisme, mais uniquement dans l’Eglise catholique: voilà en trois mots l’objet de cet opuscule. J'ai tâché de procéder avec

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méthode, avec la plus grande clarté vossible, afin de ne pas demeurer à l’état d’énigme pour les personnes peu familiarisées avec les études théologiques. Puissé-je atteindre le but que je me suis proposé et contribuer à dissiper le doute qui tourmente certains esprits, en les affermissant dans la vérité ou en les ramenant dans le sein de l'Eglise Romaine!

Mais pour produire et enraciner la foi dans une âme, il faut plus que les paroles de l’homme ; la grâce de Dieu seule peut opérer ce prodige; elle seule peut illuminer et toucher assez fortement pour faire aimer la vérité, pour y faire donner une adhésion complète, pour élever l’homme au-dessus des préjugés, des habitudes et même des intérêts temporels qui le retiennent si souvent dans la voie de l'erreur. Heureusement Dieu ne fait jamais défaut aux âmes droites qui le cherchent sincèrement ; il a pour elles toutes les prévenences d’une inimitable tendresse ; sa grâce les entoure comme d’une atmosphère céleste, à la fois lucide et vivifiante, qui leur permet d’apercevoir plus facilement la vérité et de la professer avec une fermeté de convictions que rien ne saurait ébranler. Depuis

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dix-huit siècles, bien des Sauls persécuteurs ont été arrêtés par Jésus sur le chemin de la vie et transformés en apôtres courageux de sa religion; à sa parole toute-puissante, les

Lazares sont sortis du tombeau de l'erreur et

du péché et ont rendu gloire à l’infinie bonté du divin Maître. Ces résurrections dont notre âge a été si souvent le témoin, nous révèlent d’une manière éclatante l’action continuelle de Dieu au sein de son Eglise, et sa volonté constante de sauver tous les hommes, pourvu qu'ils ne mettent pas d'obstacles à sa grâce. Prions, afin que le désir le plus ardent du Sauveur se réalise, et qu’il n’y ait bientôt plus qu’un seul troupeau et un seul pasteur (,

Québec, 25 mars 1874.

(1) Joan. X, 16.

LA SALITE ÉCRITURE

ET

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