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ajouter foi à sa prédicalion, quelque auguste qu’en fût la source, et admettre avec certitude les articles de croyance qui en faisaient l’objet.
« Que si la foi à la divinité de la mission des Apôtres ou de l'Eglise enseignante était, comme cela est évident, le premier pas à faire, la première condition sans laquelle il eût été inutile d'entrer dans le détail des vérités enseignées ; d’un autre côté, cette condition remplie, celte foi établie de manière à écarter tout doute, tout le reste suivait et découlait de lui-même. Car du moment où il élait prouvé, et prouvé évidemment, que celui qui se présentail aux peuples pour leur enseigner une nouvelle doctrine avait reçu à cet effet sa mission de Dieu, il s’ensuivait que ces peuples devaient avoir une confiance sans bornes dans ce divin envoyé, et admettre avec une foi entière tout ce qu'il leur annonçait sous une telle recommandation. Or, cette confiance, cette foi pleine et entière, n’est possible qu'autant qu’on se tient assuré que cet envoyé divin, dans ce qu'il propose à croire de la part de Dieu et comme révélé de Dieu pour arriver au salut, ne peut ni se tromper lui-même ni tromper les autres, en donnant une fausseté pour une vérité révélée de Dieu. Et c’est ainsi que le don ou le privilége d’infaillibilité en matière de foi est inhérent, intrinsèque et identique, pour ainsi dire à la divine mission donnée solennellement par Dieu à son Eglise.
« Forte de cette mission divine et de la prérogative
d’infaillibilité dans son enseignement qui en était la conséquence, l’Eglise, après s'être autorisée auprès des peuples juifs ou gentils, à qui elle avait à annoncer l'Evangile, par les moyens de conviction qu'elle leur mettait sous les yeux, leur proposait méthodiquement la croyance de tout ce qu’elle avait appris de son divin fondateur ; et les peuples, aidés de la grâce divine, fortifiés intérieurement par sa lumière céleste, formaient sans peine leur acte de foi surnaturelle en croyant toutes les vérités et chacune des vérités qui leur étaient prêchées.
« Or, tout cela était fait et accompli bien des années avant qu'aucun des livres du Nouveau Testament eut élé composé; et par conséquent, l'existence de l'Eglise et ses divines prérogatives, aussi bien que toutes les autres vérités qui constituent le sacré dépôt de la foi, sont tout-à-fait indépendantes de l’Ecriture. Quelqu'un voudra-t-il croire qu'à mesure que les Livres Saints s’écrivaient sous l'influence d'une impulsion divine, l'Eglise dût perdre quelque chose de ses prérogatives auxquelles ces livres mêmes rendaient témoignage, ou du droit de proclamer les vérités qu’on pourrait y lire désormais, et que jusque-là elle avait enseignées de vive voix et conservées vivantes par la tradition orale ? Personne, que je pense, ne sera assez insensé pour le soupçonner seulement, Mais, et les prérogatives de l'Eglise, etles vérités qu’elle enseignait demeurèrent ce qu’elles étaient, avec celte seule différence, qu'outre qu’elles
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continuèrent à se conserver vivantes dans la tradition, elles trouvèrent un moyen de conservation de plus dans l'existence monumentale de ces livres divins.
«Bien loin que l'apparition de ces livres dût faire cesser l'autorité dont l'Eglise jouissait jusque-là pour l'instruction des peuples, cette autorité devenait plus nécessaire que jamais pour donner une sanclion à ces livres mêmes, à mesure qu'ils venaient à paraître. Car, bien que ces livres fussent divins en eux-mêmes et continssent les enseignements divins, ceux à qui ils tombaient entre les mains n’en avaient pas pour cela seul la certitude. I] fallait donc que l'Eglise, qui, comme je viens de le dire, était regardée comme infaillible dans ses enseignements par tous les fidèles, les assurât par son témoignage que ces livres contenaient la vérité même qu’elle leur prèchait; qu'ils avaient réellement pour auteurs ceux dont ils portaient les noms, enfin que c'était Dieu qui les avait dictés, c’est-à-dire que leurs auteurs avaient été divinement inspirés. Un témoignage de cette forme ne pouvait être donné que par l'Eglise qui était éclairée de l’Esprit-Saint, et que Jésus-Christ avait établie pour servir à tous les peuples de maîtresse, comme de guide dans la voie de la vérité. »
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