‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 37 sur 142 · ET L'ALLIANCE ÉVANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

ET L'ALLIANCE ÉVANGÉLIQUE

institué de Sacrements et qu'il n’y a pas d'enfer. Il

n'ya pas de milieu, pas d’arc-en-ciel possible : la

même chose ne saurait être à la fois vraie et fausse. Il

faut donc admettre nécessairement qu'un grand nombre de protestants, qui interprètent l’Ecriture

d’après les lumières de leur raison, d’après leur

jugement privé, tombent dans de graves erreurs. Je

ne veux pas encore délerminer qui a raison et qui a:

tort ; je me contente pour le moment de constater l’insuffisance de la raison individuelle pour arriver à la connaissance entière et certaine des vérités révélées dans les Ecritures. Trouvez-moi chez les protestants un seul dogme, une seule doctrine qui n'ait pas eu ses adversaires s’appuyant sur la Bible et persuadés de la bien comprendre, et je m’empresserai de le proclamer partout. En attendant, je soutiens que les protestants, avec leur principe fondamental de l’interprétation individuelle, n’ont jamais eu, n'ont pas maintenant et n’auront jamais un symbole commun de foi, quelque limité qu’on ie suppose ; ils pourront parler d'alliance évangélique autant qu’il leur plaira, faire des assemblées pompeuses chaque année, porter jusqu'aux nues le spectacle de leur unité, le résultat final sera toujours le même () ; l’unité de foi est

(1) Morning Chronicle, du 27 février, 1874. Le Rév. Dr. Burns a ea le courage ! de lancer ces affirmations : “ Protestantism must be looked upon as a gréat united whole, in spite of the prejudice and passion which the discussion of religious principle might evoke. Upon the great points of christian doctrine, they are all at one, and the sole difference lays in matters of government. The book brought them together and united them...”?

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pour eux radicalement impossible, et JAMAIS on ne verra le protestantisme vérifier ces paroles du Sauveur : «Il n’y aura qu'un seul troupeau et qu’un seul pasteur. »

Mais, me dira-t-on, vous rangez parmi les protestants des sectes qui ne sont pas même chrétiennes.

—Quand vous m'aurez déterminé les articles de foi qu'il faut absolument admettre sous peine de cesser d’être chrétien, alors il vous sera loisible de refuser ce nom à ceux qui ne consentiront pas à les recevoir. Mais comme vous n'avez jamais pu réussir à vous entendre sur ce point, et que toules ces sectes, appuyées comme vous sur la Bible, prétendent bien être chrétiennes, je ne vois pas pourquoi il me faudrait ajouter foi à votre parole plutôt qu’à la leur, surtout lorsqu'elles prennent pour base votre règle de foi, votre principe fondamental, la libre interprétation de l'Ecriture. Ou bien renoncez à votre principe, ou bien cessez d’anathémathiser ces sectes, lorsqu'elles ne font que l’appliquer.

C’est aussi ce que faisait sagement remarquer M. Pabbé Magnin, lorsqu'il écrivait ces lignes : «M. Bost ne saurait voir la primauté de saint Pierre et celle du Pape dans le texte Tu es Petrus ; il en rejette le sens catholique et d’après son principe il a raison. Mais Je socinien ne peut trouver dans l’Ecriture Sainte la divinité du Verbe ; il a donc raison de la nier d’après le même principe. Luther voit dans l’Ecriture la présence réelle que Calvin, de son côté, doil anathé-

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