‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 38 sur 142 · DÉTRUIT N£.£6SAIREMENT L'UNITÉ · texte numérisé non relu

DÉTRUIT N£.£6SAIREMENT L'UNITÉ

matiser, puisqu'il ne l'y découvre pas. Le catholique y voit la suprématie du Pape ; je le demande à M. Bost lui-même, qu'ordonne au catholique sa conscience, lorsque l’Ecriture Sainte lui parle un tel langage? Cet auteur dirs-t-il que tous ceux qui ne découvrent pas dans la Bible le même sens que lui sont infidèles à l’Esprit-Saint ou à la raison? Il n'oserait. Le reproche d'ailleurs qu'il ferait aux autres, tous n’ont-ils pas un égal droit à le lui adresser? Qui sera juge entre eux? L'Ecriture? Mais elle se {ait, elle souffre violence sans mot dire. La raison ? Qui prétend ne l'avoir pas pour soi? Abjurer doncle prineipe de la réforme, ou se taire devant toutes les erreurs en religion, et leur reconnaître à toutes le droit de s’appeler la pure parole de Dieu, nous ne voyons pas de milieu entre ces deux termes (), »

Il est donc bien constant que de fait ce principe du libre examen n’a conduit qu’à un fractionnement sans fin, à une véritable fourmilière de sectes plus ou moins étranges, disparates, et n’ayant d'autre lien commun que la Bible—leitre morte qui ne dit rien et souffre tout, —et la haine contre l'Eglise catholique. À. voir l’horrible bigarrure que forment ces différentes <ommunions séparées, qui pourrait jamais croire qu'elles ont toutes pour base la même Bible? Qui pourrait soupçonner même que le Puséiste a la même règle de foi que le Méthodiste, le Harmless Christian,

(1) La papauté aux prises avec le protestantisme, p. 809.

ou le Jumper? Il y a toute la différence du jour à la nuit; aussi Luther et Calvin étaient-ils déjà effrayés de ces discordes au sein de la réforme.

Remarquons bien maintenant que ces divisions et subdivisions ne sont pas dues à des circonstances accidentelles et extrinsèques au protestantisme ; elles ne sont en réalité que le produit naturel de son principe fondamental, le libre examen, l'interprétation privée des Ecritures. Il manque au protestantisme une autorité, el sans cette autorité l’unité n’est qu’un beau rêve, une pure chimère.

Notre pauvre raïson humaine, bien que susceptible d'acquérir une certaine somme de connaissances, n’en est pas moins faible, chancelante, sujette à l'erreur et la proie facile du préjugé. Si elle trébuche si souvent dans la démonstration de vérités naturelles, zomment pourrait-elle se constituer juge et reine dans les choses surnaturelles ? Si l’on n’a jamais pu obtenir l’uniformité de sentiments sur des questions philosophiques, comment oserait-on espérer de la réaliser, en dehors de l'autorité infaillible, dans une Sphère qui dépasse la portée de l'intelligence humaine? Que de dogmes sublimes, que de doctrines abstraites renferme la Sainte Ecriture, et que la plupart des fidèles ne sont pas capables de saisir ! que de mystères insondables! que d'expressions sur la signification desquelles on se méprendra complètement! Quels sont ceux qui pourraient, les Ecritures en main, en extraire, par exemple, les trente-neuf

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