‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 39 sur 142 · ENGENDRE LE DOUTE · texte numérisé non relu

ENGENDRE LE DOUTE

fameux articles de l’église anglicane, ou le symbole des Apôtres ? Qui ne voit immédiatement qu'une pareille tâche est au-dessus des intelligences même cultivées, mais qui ne font pas des Ecritures une étude habituelle et spéciale ? Les théologiens savent fort bien qu'il est une foule de questions fort ardues

et extrêmement dangereuses pour l’orthodoxie ; elles [e)

ressemblent à ces sentiers étroits, glissants, bordés de précipices affreux ; la moindre déviation peut vous jeter dans le gouffre. Que feront donc dans ces circonstances les chrétiens peu instruits et inexpérimentés ? Chacun prendra sa route, et courra en aveugle vers l’abîme.—Ou bien encore, on croira un jour avoir saisi la vérité ; mais le lendemain d’autres textes viendront réveiller de nouveau les hésitations et le doute ; puis on verra s'évanouir comme ün songe ce qu’on avait pris d'abord pour la pure parole de Dieu.

Qu'il doit être pénible au protestant, désireux de connaître la vérité révélée, de ne pouvoir mettre un terme à cette perpétuelle fluctuation de doctrine, de Chercher en vain une base plus solide que ie sable mouvant de la raison humaine, de remuer sans cesse les feuillets du livre mystérieux, et de ne pouvoir en retirer autre chose qu'un silence désespérant, qu’une; lettre. morte ! Quelle anxiété ne doit pas être la sienne en se voyant, sur une foule de points, contredit par Ges millions de chrétiens aussi intelligents <t aussi doctes que lui ! Ne pourrait-il pas conclure

de suite qu'il n’est pas possible que Jésus-Christ ait : laissé sa créature chérie et rachetée de son sang précieux, dans les terribles angoisses de l'incertitude, qu'il lui ait donné une règle de foi impraticable, au-dessus de la portée de son intelligence, et qui de sa nature doit nécessairement enfanter d’innombrables divisions ? Pourquoi serait-il venu apporter une doctrine sainte aux hommes, s'ils ne devaient en recueillir, malgré tous leurs efforts, que quelques misérables lambeaux de vérité, qu’une lumière faible, vacillante, incertaine, insuffisante your les conduire à la patrie celeste ?

« Condamner chaque fidèle à former lui-même sa foi d’après l’'Ecriture, à poursuivre une à une chaque vérité du ch..stianisme, à la lueur trompeuse de la raison, c’est le placer sur la route des erreurs, et lui interdire dans ce travail le sens traditionnel ; ce n’est pas seulement [y exposer, c’est l’y condamner inévitablement et nécessairement; car c’est lui ôter dans un labyrintie 1e seul fil conducteur. Aussi levez les yeux et voyez: nul enfant de la réforme ne saurait dire à quel caractère il reconnaît la parole sainte, d'où lui vient le livre qui la contient, s’il est arrivé pur de toute altération jusqu’à lui, et si dans son interprétation il ne prend point l'erreur pour la vérité. Le protestanlisme, dans la position qu’il s’est faite, ressemble au Juif errant, qui poursuit sans cesse un but qu’il ne doit jamais atteindre. Aveugle qui ne voit pas au milieu de la plus vive lumière, et qui tâtonne

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