‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 49 sur 142 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

, Les contradictions. de la règle de foi protestante ét de ses adeptes.—Le colportage de Bibles ; résultats obtenus.

1 th} D 1° La Bible, toute la Bible et rien que la Bible,; la Bible interprété d'après la raison et le sentiment de chacun ; aucune doctrine ne peut être admise comme ‘article de foi, si elle n'est contenue dans la Bible : voilà le principe fondamental de toules les sectes protes- ‘tantes, quel que soit le nom dont elles se parent, et

quelle qu’en puisse être l'origine...

Or, ce principe n’est nullement contenu dans la Bible, comme nous l'avons démontré précédemment. Donc ces sectes ne peuvent admettre leur principe fondamental sans croire quelque chose qui n'est pas contenu dans la Bible : ce qui est une premiére contradiction. : ah af 2° Non seulement ce principe n’est pas contenu dans la Bible, Mais il est encore tout-à-fait en oppo- “‘sition avec le témoignage de la Sainte Ecriture. En “effet, Jésus-Christ n’a rien écrit lui-même ; puis, “lorsqu'il choisit ses Apôtres, il ne.leur. dit, pas : *«Allez"et écrivez des Bibles que vous distribuerez dans le monde entier». Il ne dit Pas non plus aux fidèles : « Prenez une Bible ; lisez-la ; comprenez-la

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aussi bien que possible, et faites-en la règle de votre foi et de votre conduite». Mais il dit à ses Apôtres : « Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur enfignant à observer tout ce que je vous ai commandé et voilà que je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles ». Il leur dit encore : « Allez dans le monde entier ; prèchez l'Evangile à toute créature : celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. » Il ajoute ailleurs : « Celui qui vous écoute, m'écoute ; celui qui vous méprise, me méprise. »—« Celui qui n'écoute pas l'Eglise doit être regardé comme un païen et un publicain. » Puis l’on voit les Apôtres prêcher et précher sans cesse ; quelques-uns écrivent des épîtres et des évangiles, mais uniquement pour les besoins de certaines personnes ou de certaines Eglises particulières ; la plupart n’écrivent rien. Leurs successeurs prêchent également et ne s'occupent que bien peu de propager celle Bible, cependant si nécessaire, si indispensable, à en croire les protestants. Partout et toujours ils enseignent avec autorité ; les fidèles leur sont soumis en tous points ; aucun vestige de cette liberté individuelle, réclamée par le protestantisme dans l'interprétation de la doctrine. Est-il possible de trouver une opposition plus frappante que celle qui existe entre le principe de nos adversaires et la parole de Jésus-Christ ainsi que la pratiaue universelle et constante de l'Eglise ? Si ee

DU PROTESTANTISAE. 111

n’est pas là une contradiction de leur propre principe, c'est au moins une contradiction évidente des paroles de Notre-Seigneur contenues dans la Bible, pour läquelle ils professent un si profond respect : seconde contradiction.

3° Les protestants admettent l'inspiration, l'authenticité, l'intégrité des Livres Saints, contenus dans leur Bible ; la plupart reconnaissent la validité du baptème des enfants, ou du baptème conféré même par les hérétiques et les infidèles ; bon noïhbre d’entre eux proclament la fameuse distinction entre es articles fondamentaux et non fondamentaux, etc.

Or aucun de ces points de doctrine, aucun de ces articles n’est contenu dans la Bible ; ils ont emprunté les uns à l’Eglise catholique et ont tout simplement inventé l’autre.

Donc les voilà coupables d’une troisième contradiction.

4 Presque tous les protestants célèbrent et sanctifient le jour du dimanche, et cependant l’Ecriture ne parle que du sabbat, ou du samedi. D'où leur vient cette coutume générale, en contradiction avec lcur Bible ? De l'Eglise catholique.—Où les Anglicans ont-ils pris la liturgie que l’on trouve dans leur Common Prayer Book, tout ce qui concerne l’ordination des évêques, des prêtres et des diacrés ? La plus grande partie des choses leur vient de l'Eglise qu'ils ont reniée au XVI° siècle et ne se trouve pas

dans la Bible.—En quoi il est facile de découvrir une quatrième contradiction.

5° Les protestants ne veulent que la Bible laissée à la libre interprétation de chacun. Mais alors pourquoi des chaires dans les temples? Pourquoi des ministres et des évêques qui se mettent en devoir de

prêcher ? Pourquoi viennent-ils, dans des sermons

débités ou écrits, interpréter la Bible au peuple qui est censé pouvoir et devoir l’interpréter lui-même ? N’est-on pas en droit de rejeter leurs opinions et de les proclamer fausses de lout point ou entachées d'erreur ? On trouve répandus par milliers sur les grandes routes et jusques dans les campagnes les plus reculées, des livres, des brochures, des pamphlets protestants : est-ce que tout cela n’est que la Bible pure, ou qu’un moyen de maintenir la liberté d'interprétation de l'Ecriture ? Est-ce que les auteurs de ces écrits, estce que tous ces prédicants trouveraient bon que les fidèles, lisant la Bible, l’interprétassent dans le sens catholique, qu’ils y trouvassent, par exemple, une Eglise divinement constituée pour enseigner les nations, sept sacrements destinés à sanctifier l’homme dans les diverses conditions de la vie ? Non, certes, et chacun sait toutes les injures que certains écrivains déversent contre les catholiques et leurs doctrines. Il est donc bien facile de découvrir entre le principe fondamental et la manière d'agir des protestants une cinquième contradiction.

- Les disciples de la Réforme ne pourraient-ils pas,

aussi avec raison rétorquer contre ces nombreux prédicants du protestantisme les paroles que M. Merle d'Aubigné Q) dirigeait contre les catholiques : «Nous admettons sans restriction le besoin d'une autorité suprême, absolue et unique pour conduire l’homme dans les voies du salut ; mais cette autorité, nous ne la plaçons pas dans les mains du pécheur, dd célle de l'homme ; ce n’est pas sur la parole de la créature que nous croyons à la parole du Créateur ; nous ne voulons pas une révélation de la révélation, une règle pour la règle, nous ne voulons pas de reflet : nous ne nous chauffons pas au clair de ?: lune».

6° «La Bible, toute la Bible et rien que la Bible, » dités-vous; Mais pourquoi donc ces synodes si péniblement réunis? Apparemment qu'on veut y élucider quelques questions, s'entendre sur certains points ? autrement ils n'auraient aucun sens. Pourquoi ces confessions, bien élastiques, si vous le voulez, et fort vagues, si ce n’est pour mettre un péu d’uniformité dans les croyances, et pour astreindre jusqu'à un certain point les fidèles à s’y conformer ? Pourquoi cette alliance évangélique que le Révd. Wells prétend avoir été plus œcuménique que le concile du Vatican ? Risum teneatis, amici @).: Il est bien manifeste que tous ces petits moyens de cohésion indiquent autre chose que la libre interprétation de la pure parole de

°@ Appel à la conscience des catholiques romains, ap. Magnin, p-. 306.

(2) Morning Chronicle de. Québec, 26 février, 1874.

Dieu et la clarté si lumineuse de la Bible : sixième contradiction.

Si les protestants étaient logiques, s'ils étaient persuadés de la vérité de leur principe fondamental, toute leur propagande religieuse devrait se réduire à un immense colportage de Bibles ; les prédicateurs devraient disparaître complètement pour faire place aux colporteurs.

Il est vrai que ces derniers pourraient être embarassés, si, distribuant leurs Bibles comme livres divins et inspirés, on leur demandait: « Mais qui vous a dit que ces livres contiennent la parole de Dieu? Cette Bible vous est-elle tombée du ciel ? On dit que les originaux ont été écrits en hébreu, en

syro-chaldéen, en grec ; êtes-vous bien certäins que le volume que vous me présentez renferme tous les

livres inspirés et en est une version fidèle ? Ne serait-

ce pas par hasard un livre purement profane au lieu

d’un livre divin ? Pourquoi le Common Prayer Book ou le livre de l’Imitation de Jésus-Christ ne serait-il pas inspiré ? Pourquoi rejetez-vous les livres deutéro-canoniques de l'Ancien Testament, l’évangile de Nicodème, l'apocalypse de saint Pierre, les épîtres de saint Clément et de saint Barnabé ? On a dù avoir des raisons d’y inclure les uns, et d’en exclure les autres. »

Il ne faut pas d’ailleurs un grand effort de réflexion pour découvrir que le colportage des Bibles n’est pas le mode d’anostolat choisi par Jésus-Christ, exercé

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par les Apôtres et leurs successeurs. Avant Luther, la chose était moralement impossible ; depuis cette époque elle est devenue plus facile, mais elle ne peut pes, évidemment, avoir changé l'institution divine du ministère apostolique.

Les sociétés bibliques, établies en Angleterre eten Allemagne, au commencement de notre siècle, ont fait distribuer une énorme quantité de Bibles dans toutes les langues et sur toutes les plages du monde connu. Elles comptent le nombre des conversions par celui des Bibles distribuées ; il faut bien reconnaître que ce calcul est plus chimérique que réel, plus fondé sur le désir ardent que sur les faits. Dans l’avant-dernière réunion de la Société Biblique, tenue à Québec (1872), un révérend orateur crut devoir faire un éloge tout spécial d’un individu qui avait colporté trente mille Bibles (1) ; mais je doute fort qu'avec ce nombre prodigieux de volumesil ait opéré trente conversions sincères au protestantisme, tandis

‘que saint François-Xavier, avec une seule Bible et

son ministère vraiment apostolique, convertit des millions de barbares à la foi catholique. Il est bien constaté maintenant que les quatre-vingt-dix-neuf ventièmes au moins de ceux qui reçoivent de ces Bibles, ou ne peuvent pas les lire, ou n'y comprennent rien, ou ne se donnent pas la peine de les lire, ou ne les lisent que par pure curiosité, ou enfin leur

(1) Morning Chronicle de Québec, 15 février, 1872. Discours du Rérv. Bancroft.

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