‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 53 sur 142 · RS A · texte numérisé non relu

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à transcrire la parole de Dieu ? et ces magnifiques exemplaires, éclatants d’or et de pourpre, n'ont-ils pas survécu au naufrage des empires, pour témoigner du respect de l'Eglise catholique pour le livre qu'ells multipliait par ces splendides copies ? N’a-t-elle point fait, en outre, un précepte de l'étude des Ecritures dans toutes les communautés religieuses dans toutes les universités, dans tous les colléges ecclésiastiques ? N'a-t-elle point voulu qu’en tous lieux, en tous temps elles fussent enseignées ? Dans lous les siècles, n’at-elle point enfanté des hommes de science et de piété, qui ont consacré leurs labeurs à faciliter l’intelligence des Ecritures, par des commentaires pleins d'érudition, et par des expositions nettes et précises qui en popularisaient la connaissance ? Dans ces âges qu’on appelle âges de barbarie, n’y avait-il point des savants hommes, comme Alcuin et Lanfrance, qui consacraient la plus grande partie de leur vie à éliminer du texte sacré les fautes et les erreurs qui s’y étaient accidentellement glissées ? N'est-ce point à la persévérance de cette sollicitude que nous devons l’existence des-Ecritures ?.........

« Avant qu'aucune version protestante de la Bible, quelle que fût d’ailleurs la langue, eût été publiée, il existait non pas deux, non pas cinq, non pas dix, mais d'innombrables traaucticns des Ecritures ; non pas des traductions manuscrites, mais des traductions imprimées et publiées pendant le court espace de temps qui s’écoula entre l'invention de l'impri-

merie et l'avènement du protestantisme. Comme l'opinion contraire s’est répandue jusque parmi les catholiques, je sens le besoin d’étayer mon assertion en citant quelques faits à l'appui.

« Prenons l'Allemagne, par exemple. Un ministre, qui se fit remarquer parmi les plus ardents promoteurs du jubilé protestant, parle de la version de Luther comme de la première qui ait été publiée en Allemagne. Il se contente de dire que, «vers l’année «1446, une traduction, dont l’auteur est resté in- « connu, fut imprimée en Allemagne ; qu’à peine la « réforme eût-elle commencé, que Luther médita une «traduction nouvelle @ ». Et il ajoute, quelques lignes plus bas : «qu’outre les traductions faites par «les protestants, il y en eut aussi de composées par « les théologiens catholiques, et que quelques-unes « de ces dernières parurent presque aussitôt que celle « de Luther». Maintenant, pour vous fane juger quelle est l'exactitude de ces allégations, je me bornerai à meltre sous vos yeux une énumération des traductions catholiques et des éditions qui en ont été publiées avant la traduction de Luther, commencée on 1523, mais qui ne fut terminée qu'environ onze ans plus tard.

«En premier lieu, il existe encore aujourd'hui un exemplaire d’une traduction imprimée si anciennement qu'il ne porte point de date; car on sait que les premiers livres imprimés ne portaient ni date, ni

(1) Horne, vol. II.

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mention des presses d'où ils sortaient, En second lieu, une traduction catholique de la Bible fut imprimée par Fust, en 1472, près de soixante ans avant que la traduction de Luther fut parachevée ; une autre avait paru en 1467 ; une quatrième en 4472, et une cinquième en 1493. A Nurenberg, il y eut une version publiée en 1477, qui eut trois éditions successives, avant que la traduction de Luther parût. Il en parut une à Augsbourg, dans la mème année, qui eut huit éditions, toujours avant qu'il fut question de celle de Luther. A Nuremberg, Kobu:g en publia une en 1483 et en 1488; il y en eut une encore à Augsbourg, qui parut en 1518 et fut publiée de nouveau en 1524, dans la même année où parurent les premiers livres de la traduction de Luther. Les éditions de cette dernière version d’Augsbourg se sont succédé si nombreuses jusqu’au temps où nous sommes, que je n’entreprendrai pas de vous en indiquer le chiffre.

« En Espagne, une traduction de la Bible parut en 1478, avant le travail de Luther, et presque avant sa naissance. En Italie, dans le pays le plus directement soumis à la domination papale, les Ecritures furent traduites par Malerm' * Venise, en 1471, et cette version eut dix-sept éditions consécutives avant la fin du siècle, et trente-trois avant l’apparition de la Bible de Luther. Une seconde version d’une partie des Ecritures fut publiée en 1472, une troisième à Rome, en 1471, une quatrième, par

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Brucciolli, à Venise, en 1532, et une édition revue et corrigée, par Marmochini, en 1538, deux ans après que Luther eut complété la sienne. Et toutes ces traductions de la Bible furent publiées, nonseulement avec les approbations et les autorisations ordinaires, mais avec celle de l’inquisition, qui approuva qu'elles fussent publiées, distribuées et répandues.

« En France, une traduction fut publiée en 1478 ; une autre, par Ménand, en 1484; une autre, par Guiars de Moulin, en 1487: on pourrait plutôt appeler celle-ci une histoire de la Bible ; enfin une dernière, par Jacques Lefebvre, en 1512. Ceite dernière eut plusieurs réimpressions.

« Une traduction de la Bible, en langue flamande, fut publiée à Cologne en 1475, et, avant 1488, elle avait obtenu trois éditions ; une seconde traduction parut en 1518.

«Ïl y eut aussi une traduction bohémienne publiée en 1488, et trois fois réimprimée avant Luther, sans parler encore des versions orientales. En ‘ neleterre, il est connu qu'il y avait des traduct' . beaucoup antérieures à celle de Tyndal et

«icklef. Sir Thomas More a fait observer que A Sainte Bible, longtemps avant les jours de Wicklef, fut traduite en anglais et fut lue par ’es fidèles avec une grande dévotion et un grand fruit; et, si l’Ecriture Sainte fut si peu répandue, il faut l’attribuer à

: l'insuffisance des moyens mécaniques et au petit “é nombre des personnes qui savaient lire.

» «J'ai rappelé ces faits pour montrer combien est { erronée l’assertion de ceux qui prétendent que c’est 4 la réforme qui a donné l'essor aux traductions de la

Bible, comien est injuste cette accusation si souvet et : RS A ce

renouvelée contre l'Eglise, d'avoir fait ses efforts pour ôter l’Ecriture sainte des mains du peuple ; mais

3 ; remarquez le changement qui s'est opéré à cet égard : ar les Saintes Ecritures ont été répandues parmi les tôt fidèles ; elles auraient pu continuer à l'être, si de ne dangereuses doctrines venant à s'élever, on n'avait er- pas enseigné aux hommes à secouer le principe de

toute autorité, et à s'établir juges suprêmes en made, tière de religion ; système que nous avons vu enfanter elle tant et de si effroyables conséquences, qu’il n’est pas tion étonnant que, par une précaution disciplinaire, on

ait arrêté pour un temps la diffusion des Ecritures, nne devenues dangereuses en présence de ce mauvais ant principe. Sir Thomas More fait observer, avec raison,

qu’en se rapportant à l’acle du parlement relatif à cet objet, on trouve que ce n’est pasl’a: torité ecclésiastique, mais l’autorié civile qui intervint la première, Ce fut lorsque Îles Ecritures commencèrent à être lues et commentées sous l'inspiration de ce mauvais principe, au temps de Wicklef, qu’on vit naître celte doctrine que les magistrats de l’ordre civil perdaient toute leur autorité lorsqu'ils avaieñit commis un crime,

et qu'aucun homme ne rouvaitl exercer légitimement

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