‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 63 sur 142 · LES SOUVERAINS DEVENUS PAPES · texte numérisé non relu

LES SOUVERAINS DEVENUS PAPES

Christ a été transféré aux chefs de la société civile ; tous ces grands mots de liberté des cultes, d'affranchissement des consciences n'étaient destinés qu’à voiler les chaînes de l'esclavage. En effet, comment a-ton cherché à retarder l’action trop rapide de ce principe dissolvant € 1 libre examen ? Comment a-ton implanté l’hérésie en Europe ? Par quoi a-t-on remplacé l'autorité du Pape qu’on voulait à tout prix éliminer ? Par l'autorité civile en général ; en Allemagne, par les princes de l’Empire; en Suisse, par les conseils cantonnaux et par le grand Conseil de Berne ; en Angleterre, en Danemark, en Suède, par les rois et les parlements ; en Russie, par le Czar ; en Turquie, par I: Sultan. L’hérésie ne voulait plus de la tutelle bienfaisante de l'Eglise ; elle considérait

le Souverain Pontife comme un souverain étranger,

usurpant le domaine des âmes ; mais en se soustrayant à l'autorité légitime, elle devait nécessairement chercher ailleurs un point d’appui, pour se protéger contre une ruine prochaine et inévitable ; elle se fit la servante des rois ; elle chercha à bénéficier des révolutions politiques ; elle prodigua les caresses aux grands seigneurs ; elle rampa et rampe encore devant

“tous les pouvoirs, qui sont en réalité maîtres de son

existence. Dès le principe, elle eut pour grandprêtre un roi avili, débauché, et pour papesse une reine « qui avait tous les défauts sans avoir aucune des vertus de son sexe, » et qui condamnait même les protestants « «ni protestaient autrement qu’elle. »

Depuis ce lemps, que de conseils de ministres sans foi, que de parlements athées ont nommé les évêques, résolu les questions de dogme et de discipline, prescrit des jeûnes, réformé le rituel ! N’est-il pas humiliant. d’avoir à subir les ordres d’une autorité usurpée, d’un pouvoir qui vient, sans mission aucune, s'imposer aux consciences, façonner à son gré la doctrine du Christ et franchir le seuil sacré des âmes, sur lesquelles il n’a pas le moindre domaine ? Voyez ce qui se passe encore de nos jours, surtout en Prusse, en. Suisse et en Russie ; y eùût-il jamais Pape qui se conduisit avec un arbitraire aussi odieux ? Y eût-il jamais tyrannie plus insupportable, pesant sur la conscience d’un homme, d’un chrétien ? Et l’on vient après cela vous présenter le protestantisme comme le père et le protecteur-né de toutes les libertés, de la liberté de conscience, de la liberté des cultes, de la liberté de pensée! N'est-ce pas là une amère dérision ? Les évêques actuels sont bannis, condamnés à de fortes pénalités, jetés en prison, comme aux beaux jours d’Elizabeth ; et pourquoi ? Parce qu'ils. ne veulent pas être infidèles à Dieu, à leur devoir, à leur conscience ; et l’on appelle cela de la liberté ! Ils revendiquent leurs droits religieux, et, au mépris d’une liverté tant vantée, on leur donne en échange l'exil ou les cachots ! On proclame à son de trompe l'ère nouvelle de la liberté, on se vante d’en avoir pleine jouissance pour répandre des Bibles falsifiées

Lai

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