DANS LES MONUMENTS CHRÉTIENS
celle des Apôtres, toutefois il en résulte, par une conséquence pour ainsi dire naturelle et conforme à la suave Providence de Dieu,—surtout si l’on fait attention que le Saint-Esprit n’inspire pas l'Eglise et ne lui fait pas de nouvelles révélations, mais ne fait que l’assister, la diriger et la préserver de l’erreur,— qu’elle doit veiller à la conservation entière et perpétuelle de la doctrine révélée au moyen de documents écrits qui attesteront aux âges futurs la croyance du siècle présent ().
J'ai dit que la révéletion élit écrite partout ; j’aurais pu ajouter qu'elle est incrustée jusque dans la pierre et le marbre, qu'elle est coulée en bronze, qu'elle est gravée jusque dans les entrailles de la terre. Voyez en effet les catacombes de la Rome chrétienne : il y a là des peintures représentant Jésus crucifié, Jésus ressuscité, la Sainte Vierge, les Apôtres; la plupart des scènes bibliques y sont viyantes. Vous verrez là des autels où se célébrait l’auguste sacrifice de l'Eucharistie, et sous la pierre où Jésus s’immolait pour le salut de l'humanité on
(1) Voyez Franselin, De divina traditione et Scriptura, p. 132-3, Perrone, Prælect. theolog., vol. II, p. II, p. 300, eto.
On donne souvent le nom de tradition active à l’ensemble des moyens, des actes par lesquels la doctrine soit théorique, soit pratique, s’est propagée et conservée jusqu’à nous. Il est clair que la. tradition active renferme l’objet transmis, puisqu'il n’a pu être conservé qu'avec elle et par elle. Quelquefois aussi on désigne sous le nom de tradition et la vérité transmise et le mode de transmission, comme l’ont fait, par exsmpie, les Pères du Concile de Trente, dans la session quatrième. Franzelis, Op. citato, p. 12.
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198 LA CRADITION CONSERVÉE
plaçait alors, comme à présent, les ossements de quelque martyr ou de quelque autre saint; on croyait à la présence réelle de Jésus-Christ au Saint- Sacrement ; on croyait au purgatoire, à la résurrection des corps; on vénérait la Sainte Vierge, les saints, les martyrs qui avaient donné leur vie pour la foi @). Voilà des témoignages authentiques de la croyance des siècles qui nous ont précédés.
Sans vous imposer la rude tâche d'aller fouiller les vieux manuscrits ou les in-folios des grandes bibliothèques, allez faire une petite halte auprès des immenses basiliques dont l'origine se confond avec les premiers siècles du christianisme. Partout vous y retrouverez la croix, ce signe de notre croyance en la Rédemption par Jésus-Christ ; l'autel qui nous rappelle l’Eucharistie, à la fois sacrement et sacrifice ; le confessional où s'obtient le pardon des péchés ; le baptistère qui nous fait voir la foi cafholique en la régénération spirituelle ; les reliques des saints expusées à la vénération des fidèles, etc. Dans les cathédrales, il vous sera facile de remarquer un siége particulier et plus élevé, destiné à l’évêque ; c’est l’emblême de sa supériorité et de son autorité sur le clergé et les fidèles. Ailleurs, comme à Saint-Paulhors-les-murs, vus pourrez admirer ces belles mosaïques, en forme de médaillons, qui représentent toute la série des Papes, depuis saint Pierre jusqu’à Pie IX ; et si vous avez vu la basilique Vaticane, vous
(1) De Rossi, Roma sotterranea cristiana, Roma, 1864.