‹ La Sainte EucharistieChapitre 111 sur 169 · i/niL, arl. '.i el · texte numérisé non relu

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naturellement sujettes d'abord. Mais si ces changements sont tels qu'elles cessent d'être réellement des accidents de pain ou de vin, la présence du corps et du sang de Notre-Seigneur cesse en même temps. Au contraire, tant que les espèces méritent réellement le nom d'espèces du pain et du vin, on ne peut pas citer un cas où Jésus-Christ cesse d'y être présent.

Lorsque les accidents du pain et du vin subissent un changement qui ne leur permet plus de retenir en eux le corps et le sang du Seigneur, leur substance première qu'ils ont perdue ne revient pas; elle n'existe plus, et Dieu ne la crée pas une seconde fois ; leurs éléments s'unissent à de nouvelles formes, s'attachent à de nouvelles substances, et servent ainsi à former des composés nouveaux, absolument comme silepainetle vin n'avaient pas cessé d'exister.

Les esprits les plus subtils se sont épuisés à chercher le comment de toutes ces transformations, sans pouvoir résoudre toutes les difficultés. Il faut s'en remettre à la puissance et à la sagesse de Dieu. Lui seul connaît toutes les lois de la nature qu'il a créée. Et lorsque le jeu naturel de ces lois ne suffit pas pour le but qu'il se propose, il a le miracle à sa disposition. Croyons humblement ce que la foi nous enseigne; attachons-nous simplement, pour les opinions libres, à ce qui nous semble s'accorder avec les enseignements de la foi et ceux des plus illustres docteurs. Le reste importe peu.

S. Thomas se pose encore cette question ' : Les espèces sacramentelles peuvent-elles nourrir ceux qui les consomment? 11 n'y a pas (le raison sérieuse pour qu'elles ne nourrissent pas ceux qui les prennent, puisqu'elles conservent toutes les apparences et toutes les propriétés qui étaient naturelles au pain et au vin avant la consécration. Les accidents du pain et du vin demeurent aptes à subir toutes les transformations; ils peuvent donc devenir un suc nourricier, qui s'unit à la chair et au sang de l'homme. Mais en devenant ce suc, ils cessent évidemment d'être espèces sacramentelles; le sacrement n'existe plus dans l'estomac qui a reçu et digéré les saintes espèces.

Ne poursuivons pas plus loin cet examen minutieux. Sans doute la puissance de Dieu et sa sagesse éclatent admirablement dans

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