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Voir PASSERIM, q. Lxxi, art. 1, cap. i

3. Utruni per hoc adcrainentum conferalur (jralia? — Vidclur quod, etc., sed contra est quod Dominus dicit {.loonn., vi, !Ji2) : Panis qnem ef/o daho caro mea est jiro mundi vita. Sed vita spiritualis est per graliam. Ergo per hoc sacramentuin gratia confertur.

Respondeo dicondum quod eiïcctus luijus sacramcnti débet considcrari primo quidem et principaliter ex eo quod in hoc sacramento continetur, quod est Christus; qui sicut in mundum visibiliter veniens contulit mundo vitam gratiae, secundum illud [Joann., i, 17) : Gratia et vcritas per Jesum Christum facta est, ita in hominem sacramenlaliter veniens, vitam gratiae opcratur, secundum illud (Joann., vi, IJ8) : Qui manducat me vivet propter me. Unde et Cyrillus dicit (similia his niulla hal)et lib. IV in Joatin., cap. ii et m ; habetur autem express, in Cateua Aurea D. Th., super hune locum) : « Vivificativum

DES EFFETS DU SACREMENT DE l'eLCHARISTIE. 797

Suarez fait remarquer que le Docteur Angélique fait reposer sa proposition sur quatre excellentes preuves. Il tire la première de ce qui est contenu dans le sacrement de l'Eucharistie : or ce qu'il contient n'est autre que Jésus-Christ lui même. La seconde, de ce qu'il représente : il représente la passion de Notre-Seigneur. La troisième, du mode selon lequel ce sacrement nous est donné : il nous est donné sous la forme d'aliment et de breuvage. La quatrième, de ce qu'il nous est donné sous les espèces du pain et du vin. Chacune de ces espèces, composée de nombreux grains de froment ou de raisin, ne formant plus qu'un seul tout, représente admirablement l'union des fidèles entre eux et avec Jésus-Christ, union que la charité opère.

De ces quatre raisons, les deux premières montrent que réelle-

« Dei Verbum uniens soip.sum propricU carni, feeit ipsam viviticativam. Dece- « bat enim eum nostris ([uodammodo uniri corporilnis pcr sacraiu ojiis carnem « et pretiosum sanguiiiein, quae accipiiniis in Ijenedictioncm vivificativam in « pane et in vino. »

Secundo consideratur ex eo quod per hoc sacramentum repraesentatur, quod est passio Chrisli, siciit supra dictum est (qua?st. lxxiv, art. 1, etqusest. Lxxvi, art. 2 ad 1). Et ideo effectum. quem passio Christi fecit in mundo, hoc sacramentum facit in homine. Unde super iUud {Jonnn.. xix) : Coiitiîiuo exivit sangitis et aqiia, dicit Chrysostomus (hom. LXXXIV in Joonn., circa med.) : « Quia hinc suscipiunt principium sacra mysteria, cum accesseris ad tremen- « dum cahcem, ut ah ipsa hihiturus Christi Costa ita accédas. » Unde et ipse Dominus dicit [Malth., xxvi, :2S) : Hic est srfnffids meus.... qui pro vnlns eff'inidelur in remissionem peccalornm.

Tertio consideratur elïeclus hujus sacramenti ex modo quo traditur hoc sacramentum quod traditur per modum cUn et potus. Et ideo omnemefïectum quem cibus et potus materiaHs facit quantum ad vitam corporalem, (|Uod scilicet sustealat, auget, réparât et delectat, hoc totum facit lioc sacramentum, quantum ad vitam sjjiritualem. Unde Ambrosius dicit îde S'icranienlis. hb. \, cap. IV, circa médium) : « Istepanis est vitas œterna?, qui anima? nostrœ subit stantiam fulcif. » Et Chrysostomus dicit (super Jonnn., hom. XL\', a medio) : « Prœstat se noljis dosiderantibus et pal})are, et comedere, et amplecli. » Unde et ipse Dominus dicit {Jonnn. , vi, !J()i : (]nr() nieti vere eut cihiis et snnoni.'i meus vere est potus.

Quarto consideratur effeclus hujus sacramenti ex specieltus in quibus traditur hoc sacramentum. Unde Augustinus iljidem (sciiicet tract. XX^'I in Jonnn. parum ante finem) dicit : « Dominus noster corpus et sanguinem suum in eis « rébus commendavit qua^ ad unum ahquid rediguntur ex multis; namque <( ahud (scihcct panis) ex multis granis in unum constat ;ahud (scihcetvinum), « in unum ex multis acinis confluit. >- Et ideo ipse ahbi dicit (super Jonnn., loc. cit., a medioi : 0 sacramentum pietatis, o signum unitatis, o vincukim cliaritalis! <> El quia Chrislus et ejus passio est causa grati.e et spiriluahs refectio, et charitas sine gi-atia esse non ])otesl, ex omnibus ])ra^missis nianifestum est quod lioc sacramentum graliam confert. (S. Tiiom., 111. (|. i.xxix, art. 1.)

incnt la Sainte Eucliaristie confère la grâce. Pourrait-elle, en effet, ne pas la conférer lorsque ce sacrement contient Jésus-Christ luimême, qui est la source de la grâce, et représente sa passion par laquelle il nous a mérité la grâce?

Les deux dernières raisons font connaître le mode selon lequel ce divin sacrement nous confère la grâce. Il nous la confère sous forme de nourriture et de repas. D'où Ton doit conclure qu'il ne donne pas la grâce en toute occasion, mais seulement lorsqu'on la possède déjà à un certain degré. En effet, un aliment suppose la vie dans celui qui le prend; la Sainte Eucharistie est un aliment spirituel, elle suppose donc la vie spirituelle; il faut que cette vie préexiste pour qu'elle la soutienne, l'augmente, la répare et procure quelque jouissance â ceux qui la reçoivent.

On divise la grâce en grâce première et grâce seconde. La grâce première est celle en vertu de laquelle, d'ennemi de Dieu qu'il était, un homme devient son ami ; de mort qu'il était, il commence à vivre de la vie spirituelle. La grâce seconde est celle qui augmente cette amitié de Dieu, cette vie spirituelle de l'âme réconciliée avec lui.

S. Thomas ne distingue pas, dans la réponse qu'il fait à cette question, « la grâce est-elle conférée par le sacrement de l'Eucharistie ? » parce que ce sacrement a la vertu de donner l'une et l'autre grâce, même la grâce première, dans certaines circonstances. Cependant la fin directe de son institution est de donner, non pas la première, mais la seconde grâce, autrement dit d'augmenter la grâce.

S. Bonaventure ^ enseigne que l'Eucharistie n'augmente pas la grâce en elle-même, mais seulement la ferveur. Un autre grand docteur de l'ordre de Saint-François, Alexandre de Ilalès '', incline vers le même sentiment; cependant il ne l'affirme pas d'une manière al)Solue, il ne parle que par mode de comparaison, en disant que cette augmentation est plutôt un accroissement de force qu'un développement de l'essence même de la grâce. Il semble résulter de sa manière de dire que l'Eucharistie n'augmenterait pas la grâce sanctifiante elle-même ni la vertu, mais y ajouterait les secours de la grâce actuelle.

Mais, laissant de côté les différentes manières que les docteurs et

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