SECOND MOTIF : CONSOLER SON ÉGLISE
En second lieu, Jésus-Christ institua l'Eucharistie pour laisser, dans cet adorable sacrement, une consolation à son Église '. Il touchait au terme de son séjour visible ici-bas; sa glorieuse Ascension était proche : l'Église serait-elle donc condamnée, comme une veuve désolée, à ne plus posséder son Époux sur la terre? La bonté du Seigneur ne pouvait le permettre. Grâce au sacrement de l'Eucharistie, l'Église jouit de la présence réelle, quoique non sensible, de son divin Époux, et elle en jouira perpétuellement jusqu'à la fin des siècles. Elle trouve auprès de lui la consolation dans ses peines, le repos dans ses travaux, la joie même au milieu des larmes, le secours dans la tribulation, la force dans la faiblesse, le triomphe dans les combats et un asile au temps de la persécution. Dieu demeurant au milieu d'elle la régit et il ne lui manquera rien; il lui procure l'abondance des biens spirituels, et s'il lui faut marcher au milieu des ombres de la mort, elle ne tremblera pas, parce que Jésus-Christ est avec elle, et qu'il a dressé en sa présence une table contre ceux qui lui font la guerre. Si la barque de Pierre est battue par les flots furieux des hérésies, des schismes et de l'impiété, si la violence de la tempête la menace d'un naufrage imminent, ne craignez rien pour elle. Le divin pilote est là. Il semble dormir, il est vrai, et rien ne révèle extérieurement sa présence ni son action dans l'Eucharistie ; cependant il veille ; il l'a promis par la bouche de son prophète : « Il ne s\issoupira pas, il ne dormira pas celui qui garde
\ . Parce que Jésus-Christ devait dérober à nos yeux le corps qu'il avait pris, et le placer dans le ciel, il crut nécessaire, au jour de la Cène légale, d'instituer le sacrement de son corps et de son sang, afin de por])éluer la înémoire du mystère qu'il avait offert une fois pour notre rédemption et qu'il nous fût toujours présent par sa grâce. C'est pourquoi il nous assure que sa chair est véritablement une nourriture et son sang véritablement un breuvage; ce dont nous ne pouvons douter, puisque l'auteur du don est lui-même témoin de la réalité et de la vérité de ce don. C'est lui qui, quoique prêtre invisible, convertit par sa puissance secrète les créatures visibles en la substance de son corps et de son sang, en disant : Prenez el mdinjez, ceci est mon corjis; et par une seconde sanctification : Prenez et buvez, ceci est mon sang. Comme au commandement de Dieu, les cieux, les mers et la terre sont sortis du néant ; par une sembl;d)le puissance, la vertu de sa parole ordonne et l'effet suit aussitôt. (S. CÉsAiHE, Serm. V de Pascha et hom. VII.)
« Israël 1. » Il commande à la mer, il écarte les dangers, il rend la sécurité au moment où tout parait humainement perdu. A sa parole, les flots tumultueux se calment, les vents s'apaisent et un grand calme succède aux plus horribles tempêtes. Certainement l'Église ne résisterait pas aux assauts que lui livrent les passions des hommes et les haines de l'enfer, si la Sainte Eucharistie n'était pas là comme un bouclier contre lequel tous les traits s'émoussent. Mais avec ce trésor, l'Église descend sans crainte dans l'arène. Pourrait-elle hésiter ou manquer de confiance lorsque Jésus-Christ lui a dit : Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation (les siècles -? Aussi dans les premiers siècles du christianisme, mettait-on tout en œuvre pour procurer le bonheur de faire la sainte communion aux futurs martyrs. « Pendant qu'ils <r vivent encore, dit S. Cyprien, nous devons leur donner la cornet munion, afm de ne pas laisser nus et désarmés ceux que nous « excitons et que nous exhortons au combat. Munissons-les du « corps et du sang de Jésus-Christ ; ce sera leur protection. Puis- « que l'Eucharistie existe pour mettre ceux qui la reçoivent à « l'abri du danger, armons et fortifions de cet aliment divin ceux « que nous voulons rendre invincibles dans la lutte ^. »
TROI.Sli:.ME MOTIF : NOUS FAIRE SOUVENIR DE SA PASSION
Le troisième motif de l'institution de l'Eucharistie fut que Jésus-Christ voulut laisser à son Église un mémorial toujours existant de sa Passion, cause première et source originelle d'où découle le salut de l'homme, en même temps qu'elle est la principale preuve de l'amour du Seigneur pour nous ^. Les Israélites