S. Chrysost. liom. XLV in Joann
MOTIFS DE l'institution DE l'elCIIARISTIE. 81
fruit de l'arbre défendu : Le jour où vous en mangerez, vous mourrez de mort. Mais en parlant du second aliment mystérieux qu'il nous donne, il dit : Celui qui mange ce pain vivra éternellement '. De même, dit S. Basile -, que notre santé corporelle est entretenue et fortifiée, si nous prenons des aliments en rapport avec les besoins du corps, il }• a aussi un aliment propre à nourrir notre àme, à lui donner les forces nécessaires pour avancer dans le bien. Mais quel est cet aliment? C'est certainement celui dont le Seigneur a dit : Ma chair est véritablement une nourriture, et mon sang est véritablement un breuvage ^. Ceux qui ne la cherchent pas dans cette nourriture manquent évidemment de la force que donnent le pain et l'eau.
S. Anselme enseigne que : « Toute la nature humaine étant corrompue par le péché, dans l'àme et dans le corps, il a fallu que Dieu, qui venait racheter l'un et l'autre, s'unît à tous les deux, afin que l'àme de l'homme fût rachetée par l'àme de Jésus-Christ et son corps par le corps de Jésus-Christ ; que c'est pour les représenter qu'on offre sur l'autel du pain et du vin; que lorsque nous y recevons dignement ce pain fait corps, notre corps participe à l'immortalité de celui de Jésus-Christ, et notre àme devient conforme à celle de Jésus-Christ en prenant son sang; rien n'ayant paru plus convenable pour représenter l'àme de Jésus-Christ que le sang qui est le siège de l'àme. Ce n'est pas, ajoute S. Anselme, qu'en recevant le sang de Jésus-Christ on ne reçoive aussi son corps, et qu'en recevant son corps on ne reçoive aussi son àme. Dans la réception de son sang, comme dans la communion de son corps, nous recevons Jésus-Christ tout entier ^. »