QUATUIKME MOTIF : NOUS PUOCUREU UN ALIMENT SPIRITUEL
Le quatrième motif de l'institution de cet adorable sacrement fut le besoin que nous avons d'un aliment céleste qui entretienne, nourrisse et augmente la vie de notre âme. La vie purement naturelle, la vie du corps exige chaque jour, sous peine de s'éteindre, des aliments qui réparent ses pertes continuelles. Il en est de même de la grâce reçue dans le Baptême, et augmentée dans la Confirmation. La vie nouvelle introduite dans nos âmes par ces deux sacrements s'affaiblirait bientôt et s'éteindrait infailliblement si elle n'était entretenue par le froment des élus et le vin qui fait germer les vierges, dont l'arbre de vie fut la figure, dans le Paradis terrestre. « Ce sang, dit S. Jean Chrysostome 3, fait que a l'image du Roi des rois resplendit en nous; ce sang donne à 1 notre âme sa beauté et sa noblesse ; il l'entretient et la nourrit ; a il ne permet point qu'elle languisse. » C'est en quoi se manifeste admirablement la très suave et très clémente providence du Seigneur. La manducation du Iruit défendu fut une cause de calamités sans nombre et de mort pour le premier homme et pour toute sa postérité : Dieu a voulu que la manducation de cet aliment céleste nous procurât la vie et nous la procurât avec plus d'abondance, qu'une nouvelle vie sortît pour nous de ce qui avait causé notre perle, que l'instrument de notre guérison fût le même dont l'ennemi s'était servi pour nous blesser. Il avait dit, en parlant du
1. Recordarc paupcrlalis et transgressionis meœ, absinthii et fellis. [Thren., m, 19.)
2. Gratiam fideijussoris ne obliviscaris, dédit onim pro te animam suam. [Eccli., xxix, 20.)