‹ La Sainte EucharistieChapitre 47 sur 169 · PREPARATION DE L EUCHARISTIE DANS L ANCIEN TESTAMENT · texte numérisé non relu

PREPARATION DE L EUCHARISTIE DANS L ANCIEN TESTAMENT

moins. Jésus-Christ s'y proportionne à la grandeur et aux dispositions de cliacun ; tous y trouvent de quoi s'y rassasier. Ceux qui y apportent un plus grand cœur et une plus grande charité y puisent de quoi remplir cette capacité; et les petits en vertu n'en tii'ent aussi qu'une petite portion de grâces. La charité est la mesure des faveurs que l'on y reçoit ; ceux que la cupidité y amène trouvent la corruption, les vers et la mort, dans ce qui est pour les autres l'aliment de la vie.

Le soleil naturel lorsqu'il se lève, le raisonnement humain lorsqu'il est assez hardi pour chercher à scruter les mystères de ce pain céleste, n'y comprend rien, il croit l'anéantir, il le méprise et le perd; au lieu que le feu de la plus ardente charité, lorsqu'on le sait allumer et conserver dans le cœur, cuit ce pain, et lui donne un goût délicieux. C'est le goût de l'huile et des grâces du ciel ; c'est un goût de farine de froment et de miel, car il renferme le solide et l'agréable ; de sorte que ceux qui sont embrasés de ce feu divin trouvent plus de plaisir à le savourer que les sensuels n'en goûtent en se nourrissant des mets les plus exquis.

Mais c'est uniquement lorsqu'on n'a plus de goût pour les viandes d'Egypte que l'on y ressent ce plaisir; car rien n'est plus insipide aux amateurs du siècle que cette divine nourriture ; elle fait goûter aux saints des joies qui rassasient tous leurs désirs, mais elle est insupportable aux hommes que ce siècle enchante. Ils disent avec mépris : Qu'est-ce que cela? Notre âme a des nausées à cause de cette nourriture très légère ', comme parlaient les Juifs à .Moïse. En un mot, pour les uns, c'est une folie, et pour les autres la grande vertu et la sagesse de Dieu qui les enlève et les ravit d'admiration.

Un si grand miracle ne devait point être mis en oubli ; c'est pourquoi Dieu fait réserver de la manne pour en conserver le souvenir, comme il veut que nous ayons un mémorial et un gage perpétuel de son amour dans la Sainte Eucharistie. Son corps adorable est présent et se conserve dans le Sacrement comme la manne dans le vase d'or que Moïse en avait rempli pour le déposer dans l'arche, image de nos tabernacles.

Il fallait donner un breuvage miraculeux au peuple d'Israël

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