‹ La Sainte EucharistieChapitre 51 sur 169 · I. s. (iiiEc, Muni/., iil). XXX, c;)]). wii · texte numérisé non relu

I. s. (iiiEc, Muni/., iil). XXX, c;)]). wii

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et un peu d'huile dont elle allait faire un pain pour elle et pour ses enfants, s'attendant ensuite à mourir de faim.

Élie lui dit de commencer par lui en donner, et qu'il l'assurait, de la part de Dieu, que la farine et l'huile ne lui manqueraient point jusqu'à ce que l'abondance fût revenue. Elle le fit, et la prophétie s'accomplit. La charité de cette femme obtint une autre récompense. Son fils vint à mourir pendant que le prophète habitait chez elle, et Élie le ressuscita en invoquant le nom du Seigneur.

Nous ne dirons pas que la première nourriture apportée au prophète par les corbeaux sur le bord du Cédron soit la figure de la Sainte Eucharistie. Elle est plutôt l'image de celle que les créatures fournissent aux hommes, par ordre de Dieu, pour entretenir la vie corporelle. Les corbeaux sont des animaux carnassiers qui marquent la vie toute charnelle et toute sensuelle de ceux qui ne songent qu'à cette nouriiture grossière dans le désert de cette vie, tandis qu'au point de vue spirituel leur àme se dessèche et meurt de besoin.

Mais le pain sans levain de la veuve, que la charité la plus pure lui fit donner au prophète dans son besoin, ce pain miraculeux, qu'un continuel prodige faisait se reproduire sans cesse, aussi bien que l'huile qui servait à le pétrir, était une véritable figure de l'adorable sacrement de nos autels. La veuve de Sarepta représente bien l'Église, qui donne à ses enfants le pain eucharistique, après l'avoir reçu de Celui dont le prophète Élie était le serviteur.

La Sainte Eucharistie est un pain de charité, un pain qui se reproduit sans cesse, aussi -bien que l'huile sacrée de la grâce de Dieu et de ses miséricordes qui le composent. C'est par la vertu de ce pain tout divin que la vie nous est rendue. C'est par ce pain que Jésus-Christ, imitant son prophète dans la résurrection de l'enfant de la veuve, se raccourcit, pour ainsi dire, pour mettre ses membres sur les nôtres, nous pénétrer de sa substance, nous embraser du feu divin de sa charité, faire rentrer la vie dans notre àme morte par le péché, et lui donner une force nouvelle. C'est parce pain qu'essuyant les larmes de l'Église, il lui cause plus de joie par cette résurrection miraculeuse que la mort ne lui avait causé de douleur.

Élie se met par trois fois sur l'enfant, selon le récit de la Sainte Ecriture, pour marquer les trois manières dont Jésus-Christ s'est

mccouroi, on pourrait dire anôanli, pour nous ressusciter à la grâce. Il l'a lait dans son Incarnation, sur la croix et dans l'Eucliarislie, et c'est par cette dernière surtout qu'il nous rend la vie.

L'impie Jézabcl poursuivait Élie à son tour; elle avait juré de lui ôter la vie. Averti de ses projets sanguinaires, le prophète s'enfuit dans le désert. Épuisé de fatigue, il s'était endormi à l'ombre d'un genévrier. Un ange vint l'éveiller et lui dit de manger du pain cuit sous la cendre qu'il lui présenta. Il le fit ainsi manger par deux lois. Elie, fortifié par cet aliment miraculeux, marcha pendant quai-anle jours et quarante nuits, jusqu'à ce qu'il arrivât sur la montagne d'Oreb, où il fut favorisé de la vision de Dieu.

L'Église, dans l'office divin, regarde ce pain que l'ange donne au prophète comme une figure de la Très Sainte Eucharistie K

C'est véi-itablement le pain des anges dans le ciel, car ils s'en nourrissent en quelque manière, se sustentant de sa connaissance et de son amour, qui nourrit aussi les hommes lorsqu'ils reçoivent ce céleste aliment.

C'est un pain sans levain, car c'est un Dieu très pur et très saint qui veut que sa chair sacrée nous serve de pain. Il est cuit sous la cendre ; c'est l'ardeur de sa charité pour les hommes qui l'a cuit sous la cendre, et cette cendre est la bassesse de notre néant dont il s'est revêtu dans les humiliations de sa croix.

C'est un pain qui possède une vertu merveilleuse pour nous nourrir et pour nous fortifier dans notre voyage à travers le désert de cette vie, et pour nous faire marcher jour et nuit en la présence du Seigneur, jusqu'à coque nous soyons arrivés à la sainte montagne, au sonmiot des vertus, et à la gloire au sein de laquelle Dieu se fait voir à nous tel qu'il est.

Telles sont les principales figures de l'adorable sacrement de l'Eucharistie que nous olfre l'Ancien Testament. Ces figures renfermaient autant de promesses; mais ce n'était pas assez pour la miséricorde de Dieu, qui voulait préparer les hommes à faire un digne accueil au bienfait incomparable qu'il leur préparait. Aux

1. Respexit Klias .-id c.-ipul siium suhcinoriciuin pancm, qui surgens comedit et bibit, et Jimliulavit in forJitudine cibi illius usque ad montem Dei. Si quis mandn.averit ex hoc p.ine vivet in œternum. (Brevl\rium Rom., in festo Corjioris Chrisii, \. Nort., resp. ad lect. in.)

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figures il njoula les prophéties. Nous ne citerons que celles qui se rapportent à cet adorable sacrement, de l'aveu de tous.

PROPHÉTIES DE ^lALACHIE ET DE DAVID 1

« La prophétie est à la figure ce que la légende qui accompagne un tableau est à ce tableau. La légende du tableau en explique le sens et la signification ; le tableau donne un corps à la légende et l'anime. Dieu s'est servi de ces deux voies pour annoncer la plupart des mystères de la Loi nouvelle. Il s'en est servi en particulier à l'égard de l'Eucharistie.

a L'Ancien Testament nous offre deux prophéties manifestement relatives à l'Eucharistie : Tune est de Malachie, l'autre de David.

« Parlant par la bouche du prophète Malachie, Dieu, après avoir déclaré qu'il rejette les sacrifices des prêtres d'Aaron, parce qu'ils méprisent le nom du Seigneur, ajoute prophétiquement : De Vorienl à Coccident, mon nom est grand parmi les nations.... et une oblation pure lui est offerte '-. Quelle est cette oblation pure que toutes les nations de la terre devaient offrir au nom de Dieu ? Les Juifs ne la pouvaient connaître. Cette prophétie leur apprenait seulement que leurs sacrifices seraient abolis, et qu'une oblation pure et unique y serait substituée. Pour nous qui vivons depuis Jésus- Christ, nous avons vu la prophétie de Malachie s'accomplir d'une manière si manifeste, qu'il nous est absolument impossible de douter que l'oblation dont il y est parlé ne soit l'Eucharistie. L'Eucharistie est, en effet, l'oblation la plus pure qui puisse être offerte à Dieu, et il n'est pas de pays connu où elle ne l'ait été. Il n'y en a donc pas d'autre que l'on doive attendre.

« La prophétie de David est sinon plus claire, du moins plus explicite. Mon Dieu, dit le prophète en parlant du Messie, vous n'avez pas voulu, ni des sacrifices, ni des autres offrandes; mais vous m'avez préparé un corps. Vous avez rejeté les liolo-

1. Nous empruntons sur ce point quelques lignes au Grand Catéchisme de la persévérance c/irétienue, t. IX, p. .'jt»3.

2. Al) ortu eniin solis usque jid occasum, magnum est nomen meum in gentibus, et in omni loco sacriticalur et olïertur nomini ineo oblatio munda. [Malac/i., I, M.)

causfcs et les saoifices d'eirpiation ; alors fai dit : Je viens pour accomplir votre volonté '. L'on voit encore ici les sacrifices anciens rejetés, et remplacés par un sacrifice nouveau. La victime y est, (le plus, clairement indiquée : ce sera le Messie. Je dis que la victime du sacrifice chrétien est clairement indiquée, du moins pour nous qui avons vu l'accomplissement de la prophétie; car pour les Juifs, ces paroles de David ne laissaient pas de renfermer encore beaucoup d'obscurité, parce qu'ils ignoraient le mystère de la l'éparation. Toutefois elle était singulièrement propre à tenir les esprits en éveil, et à les disposer à recevoir la révélation plus complète qui leur serait faite au temps marqué par Dieu. »

On trouve en outre dans la Sainte Écriture une multitude de passa i^-es qui sont des allusions au Très Saint Sacrement, plutôt que des prophéties proprement dites. C'est ainsi que l'on y rapporte ordinairement ces paroles de la bénédiction d'Isaac à Jacob : Que Dieu te donne de la rosée, de la graisse de la terre, et une abondance de blé et de vin ~. De même, on peut entendre de la Sainte Eucharistie ces paroles du Roi-Prophète : // a consacré la mémoire de ses merveilles, le Seigneur miséricordieux et compatissant ; il a donné une nourriture à ceux qui le crai- '| gne)d '-K Au psaume xxii il dit au Seigneur : Vous avez préparé en ma présence une table en face de ceux qui me tourmentent '*. Les âmes vraiment chrétiennes qui, au milieu de leurs tribulations, recourent au sacrement de nos autels, savent bien quelle est cette table que Dieu leur a préparée pour leur défense et leur soutien. Ils le savaient aussi, les chrétiens des premiers siè- <-les, dont la Sainte Écriture était la force au milieu des persécutions et des tourments les plus épouvantables.

On lit au livre des Proverbes : La sagesse s'est bâtiune maison; rite a immolé ses victimes, mêlé le vin et dressé la table. Elle a envoyé ses servantes pour appeler ses conviés, à la forteresse et aux murs de la cité. Si quel(iau)i est tout petit, quil vienne à moi. Et à des insensés elle a dit : Venez, mangez mon pain et

\ . Sîicrificium etol)lalionern noluisti ; aures autem perfecisti inihi ; liolocausta • tpro porc-jito non postulasti : tune- dixi : Eccc venio, ut facerem voluntatem lu.'iin. (/'.S'. x.XM.x, 7-i>.)

Dans rH])ilre aux ll(''l)n'ux, x, 7 : Curjiua futlrni ajilf/sli mihi.

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