‹ La Sainte EucharistieChapitre 50 sur 169 · LE PAIX DE GÉDÉON · texte numérisé non relu

LE PAIX DE GÉDÉON

Les Israélites témoins des miracles et des prodiges que Dieu avait faits dans le désert, étant morts, leurs enfants furent infidèles à sa loi, et l'abandonnèrent pour adorer des idoles, comme les peuples qui les environnaient. Dieu les punit de ce crime, en permettant qu'ils fussent réduits sous la domination de ces mêmes peuples dont ils adoraient les fausses divinités.

Accablés de misères, ils recoururent au Seigneur, qui leur suscita des Juges, pour les tirer de l'oppression, les défendre contre leurs ennemis, et les gouverner.

Gédéon fut l'un de ceux qui furent appelés miraculeusement à cette fonction. Sur l'ordre de Dieu, il marcha contre l'armée innombrable des Madianites, à la tête d'une poignée d'hommes. Arrivé à proximité du camp ennemi, il y pénétra pendant la nuit pour voir ce qui s'y passait, et il entendit deux soldats qui s'entretenaient ensemble. L'un d'eux racontait à son compagnon un songe qu'il avait eu. Il lui avait semblé voir un pain cuit sous la cendre qui, venant rouler contre une de leurs tentes, l'avait renversée par terre. Son compagnon expliqua ce songe en disant que ce pain marquait l'épée de Gédéon, qui devait défaire les iMadianites.

Encouragé par ce qu'il entendait, Gédéon retourne vers sa petite armée. Sur l'ordre de Dieu, il donna à ses soldats, pour toutes armes, une trompette et une lampe dans un vase de terre, avec ordre de sonner tous ensemble de la trompette, de briser leurs vases de terre et d'élever leurs flambeaux en criant : Vive Gédéon et le Seigneur! Les Madianites, épouvantés par le son de cette

multitude de trompettes retentissant soudain au milieu de la nuit, par le bruit de ces vases de terre brisés les uns contre les autres, par la lumière de tant de flambeaux, et par les cris de victoire de l'armée de Gédéon, tournèrent leurs épées les uns contre les autres, sans savoir ce qu'ils laisaient; les soldats de Gédéon ne furent que les témoins de leur défaite.

C'est ainsi, selon la remarque de S. Grégoire le Grand ', que Dieu a renversé et détruit toutes les forces de nos ennemis par la vertu toute-puissante de ce pain miraculeux, la Sainte Eucharisthe, lorsque nous avons mis toute notre confiance, non pas en nousmêmes, mais en lui seul. C'est ainsi que les soldats de Jésus-Christ, condjattant par la trompette de la prédication, sans employer d'autres armes, et par la lumière de la foi dont ils ont fait briller pai-tuut le flambeau, ont vu le monde confondu, et l'innombrable armée des erreurs et des vices mise en déroute et dispersée par la jrràce de ce sacrement.

LES l'AINS d'kLIE

On trouve dans les livres des Juges et des Rois du peuple de Dieu une multitude de passages que l'on peut appliquer à l'adoral)Ie sacrement de l'Eucharistie, pour en faire ressortir l'excellence et montrer tout le respect qui lui est dû; mais parce que nous ne voulons nous arrêter ici qu'aux véritables figures de ce divin sacrement, nous ne recueillerons que celles que nous présente l'histoire du prophète Élie.

L'impiét*' des rois d'Israël, imitée par le peuple, avait profondément irrité le Seigneur. Élie, par son ordre, ferma le ciel, et pendant trois ans et demi, ni la pluie ni la rosée ne rafraîchirent la terre. Une grande famine désola le royaume. Élie se retira vers le torrent du Cédron ; il en buvait l'eau, et des corbeaux lui apportaient soir et matin du pain et de la chair à manger.

Le torrent s'étant séché, Dieu dit à son prophète d'aller à Sareplij, dans le pays des Sidonicns, chez une pauvre veuve qu'il lui désigna. Il la rencontra ramassant du bois et lui demanda à boire. Comme elle alhiit lui en chercher, il la pria de lui donner aussi à manger. Elle lui dit qu'elle n'avait plus qu'un petit reste de farine

Page 1