CHAPITRE XIV
CINQUIÈME PREUVE DE LA PRÉSENCE RÉELLE : LA FOI CONSTANTE ET UNIVERSELLE DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, DÉMONTRÉE PAR LES DECLARA- TIONS DES CONCILES, L'ADORATION DE L'EUCHARISTIE , ET LA CROYANCE AUX MIRACLES FlUCHARISTIQUES.
I. Déclarations des saints conciles. — IL Respect et adoration des chrétiens des premiers siècles pour la Sainte Eucharistie. — III. Croyance aux miracles opérés dans l'Eucharistie et par l'Eucharistie.
DÉCLARATIONS DES SAIXïS CONCILES
Aux témoignages des SS. Pères, que nous avons invoqués en faveur de la croyance de la sainte Église à la présence du corps et du sang de Notre-Seigneur, dans le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie, nous joindrons ceux des conciles, dont l'autorité est plus inattaquable encore. Un Père pris individuellement peut se trom-
1. Nous arrêtons ici cette citation, mais nous ne saurions trop engager les lecteurs qui s'intéressent aux luttes de la vérité contre les erreurs du calvinisme louchant la Sainte Eucharistie, à lire dans .son entier le grand ouvrage sur la Pcr/)i'hiilè de ht foi dv \'E{i\ui' calhoUiinc sur rHurhnriatir, par Nicole, Arnaii.d, Renauoot.
per, et plusieurs se sont trompés sur certaines questions ; mais un concile générai, un concile dont les déclarations sont acceptées par l'Église universelle et confirmées par l'autorité du souverain Pontife, ne se trompe pas.
Toutes les fois que l'occasion se présenta, pour les saints conciles, d'affirmer leur foi en la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, ils ne manquèrent pas de le faire. Le premier concile de Nicée (325) n'avait pas à affirmer ni à défendre le dogme de la présence réelle, que les hérétiques n'attaquaient point encore; néanmoins on lit dans les actes de ce concile, le premier œcuménique : « Assis à cette table sacrée, necon- « sidérons pas avec des pensées vulgaires le pain et le calice qui « y sont déposés. Élevons nos âmes par la foi; comprenons que « sur cette table sacrée est présent cet Agneau de Dieu qui efface « les péchés du monde et que les prêtres immolent d'une manière « non sanglante ; et lorsque nous prenons véritablement son pré- « cieux corps et son sang, croyons que ce sont là les arrhes de a notre rédemption K » Donc, d'après l'enseignement infaillible du premier concile de Nicée, l'Agneau immaculé, Jésus-Christ, est véritablement offert en sacrifice par les prêtres, et véritablement reçu par les fidèles.
Ce passage repousse évidemment toute interprétation métaphorique. Si la foi de toute l'Église en la présence réelle n'eût pas été unanime et incontestée, il se serait certainement produit pour le moins des explications, car c'était la première fois que les représentants de l'Église se réunissaient en concile général. Rien de semblable ne s'étant produit, il est donc bien acquis que l'Église des trois premiers siècles croyait au dogme de la présence réelle -.
Le troisième concile œcuménique, tenu à Éphèse en 431, ne rend pas un témoignage moins important à cette vérité. « Nous a faisons donc en outre, y est-il dit, cette observation nécessaire :
4. In hac sacra mensa ne humiliter intenti simus ad propositum panoin et calicem ; sed attollentes menlem flde, intelligamus situm in hac sacra mensa Agniim illuin Dei tollentem peccata mnndi, incruente a sacerdotibus immolatum ; et pretiosum ejus corpus et sanguinem vere nos sumentes credamus haec esse nostrse redemptionis symbola. [ConciJ. Nicxn. I, lib. III, cap. de Sacra mensa.)