P. Bridgett, 0 ur Lady' s dowry.p
les hommes. Vous êtes le trésor de la vie immortelle , le ciel dans lequel a commencé de paraître sur l’horizon de cette vie le soleil de gloire, le tabernacle céleste du Verbe incarné... Vous êtes bénie entre toutes les femmes puisque toutes les nations vous disent bienheureuse, les rois vous glorifient, les princes vous rendent hommage, les premiers du peuple vous offrent leurs vœux et les vierges les plus saintes tiennent à honneur de marcher à votre suite... (Abelly, p. 148.)
VIIe SIECLE.
Saint Ildephonse. — Saint Ildephonse de Tolède (607 + 667), entrant dans l’église la veille de l’Assomption, vit la sainte Vierge assise sur un trône, environnée d’une grande gloire. Alors, fléchissant les genoux, il répéta un grand nombre de fois : oAve, Maria, gratia plena, Dominus tecum, benedicta tu in mulieribus et benedictus fructus ventris tui , recommençant sa prière jusqu’à ce qu’il fût arrivé à ses pieds. On pense qu’en cette circonstance saint Ildephonse ne fit que suivre un usage déjà consacré dans l’Église.
VIIIe SIECLE.
Saint Jean Damascène. — Saint Jean Dana ascène (676 + 754), après avoir commenté les deux premières parties de la Salutation angélique, termine par une prière dans laquelle il invoque sa miséricorde et lui demande d'intercéder pour nous auprès de son fils.
André de Crète, parlant du salut éternel, paraît demander à la sainte Vierge son secours pour l’heure delà mort lorsqu'il termine la Salutation angélique par ces mots : Obsecra ut salutem consequamur animarum nostrarum.
Xe siècle.
Saint Pierre Damien. — Saint Pierre Damien (988 + 1072) raconte qu’un jeune clerc, devenu presque fou, avait conservé parmi les
CH. III
ANNONCIATION
pratiques de dévotion, que l’habitude au temps de saine raison lui avait le plus profondément inculquées, la coutume de s’incliner chaque jour devant l'autel de la sainte Vierge et d’y réciter YoAve Maria.
Mabillon, Benoît XIV, Trombelli, Grancolas et les nouveaux continuateurs des Bollandistes ne doutent pas que, dès le Xe siècle, cette prière ne fût répandue dans le peuple 1.
XIe SIÈCLE.
Saint Pierre Damien, parmi les vers pieux qu'il composa, fit une pièce de quarante-quatre vers, divisée en onze strophes dont chacune commençait par un mot de la Salutation angélique 2 .
Voici encore une paraphrase des bénédictions annoncées par l’ange, que nous trouvons dans la bouche de saint Anselme (1033 + 1109): « Jésus-Christ est le fruit du pain, du vin, de l’huile et du miel. Bénie soit la terre de ce fruit; béni soit sur toutes choses ce fruit lui-même, par lequel nous sommes délivrés de tous nos maux ; quelles dignes actions de grâces rendrai-je à la mère de mon Dieu et de mon Seigneur, par la fécondité de laquelle je suis racheté de ma captivité, par l’enfantement de laquelle je suis exempt de la mort éternelle, par le fruit de laquelle, étant perdu, je suis rétabli, et de l’exil de la misère je suis ramené à la vraie patrie? O bénie entre les femmes, le béni fruit de vos entrailles m’a donné toutes ces précieuses richesses dans la régénération de son sacrement de baptême 3.
XIIe SIÈCLE, ETC.
VoAve Maria a été souvent développé et paraphrasé par les poètes des xn°et xm° siècles. L'importance que le moyen âge ne cessa de lui