‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 132 sur 458 · Ab. Barbier, p · texte numérisé non relu

Ab. Barbier, p

et couronne des saints ; je vous salue, gloire des fidèles et cantique des solitaires; je vous salue, ornement très-éclatant de la hiérarchie céleste ; je vous salue, ô le plus grand prodige de l’univers; je vous salue, bonheur de la terre entière; je vous salue, paradis de délices, d’agrément et d’immortalité; je vous salue, arbre de la vie, de la joie et du plaisir; je vous salue, lis des vallées, trésor des fidèles et salut du monde; je vous salue, port très-tranquille et très-désirable, libératrice de ceux qui sont agités par les flots et par les tempêtes; je vous salue, secours de ceux qui sont dans les dangers; je vous salue, résurrection des enfants d’Adam ; je vous salue, agréable liberté ; je vous salue, mère de tous ; je vous salue, fontaine de grâce et de toute consolation ; je vous salue, refuge et hôtellerie des pécheurs ; je vous salue, propitiatrice des affligés ; je vous salue, asyle des étrangers ; je vous salue, très-glorieux trône de notre Créateur; je vous salue, splendeur très-illustre et très-brillante de la vie; je vous salue, espérance de ceux qui sont éprouvés par les adversités; je vous salue, précieux soutien de ceux qui se convertissent; je vous salue, reine et patronne des hommes et des femmes; je vous salue, excellente médiatrice de Dieu et des hommes; je vous salue, très-efficace conciliatrice du monde entier; je vous salue, reine des citoyens célestes et des anges;... je vous salue, porte des cieux ; je vous salue, espérance sûre et très-excellente de notre âme ;... je vous salue, lumière très-éclatante qui illumine le monde;... je vous salue, vous qui avez renfermé dans votre sein et qui avez porté dans vos bras Celui qu’aucun espace ne peut contenir...1 »

Saint Augustin. — Saint Augustin semble continuer cette paraphrase de saint Ephrem ; a Vous êtes bénie, ô Marie, avant votre enfantement, à cause de votre enfantement; en enfantant vous êtes bénie par votre enfantement et vous ôtes bénie après votre enfantement à

1. L’auteur transcrivait cette admirable salutation bien peu de jours avant de la repéter lui-même à la trèssainte Vierge sur le seuil de l’éternité.

AVE MARIA. 69

cause de votre enfantement. Vraiment bénie, vous qui avez enfanté si miraculeusement que, vierge avant, vous êtes restée vierge pendant et après l’enfantement. Vous avez donc mérité d’être appelée bénie parce que ce n’est pas un homme ni un ange que vous avez enfanté, mais le Seigneur des hommes et des anges 1 »

L’usage de Yodve Maria , comme prière, doit être particulièrement ancien en Orient; à la tin d’un rituel pour le baptême et la pénitence dans l’Église syrienne, on trouve une collection de prières à l’usage du peuple. Après la prière dominicale, vient la Salutation angélique dans la forme suivante : « Paix à toi, 6 Marie, pleine de grâce, Notre-Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes et béni est le fruit de tes entrailles. Jésus-Christ, Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pécheurs. QÂmen. » Le rituel en question est attribué à Severus , patriarche d’Antioche en 513, par les Bollandistes, qui défendent son authenticité contre les objections de Grancolas 2.

VIe SIÈCLE.

Chez les Latins, nous trouvons dans un antiphonaire de saint Grégoire le Grand, qu’on doit dire le dimanche avant la vigile de Noël : « oAve, Maria , gratia plena, Dominas tecum , benedicta tu in mulieribus. cAlleluia.

André de Crète s’exprimait en ces termes au vie siècle : « Je vous salue , ô pleine de grâce, qui êtes l’organe de notre vraie consolation ; par qui le triste arrêt de notre condamnation a été révoqué et changé en un jugement plein de faveur et de miséricorde pour nous. Je vous salue, ô Vierge très-illustre et vraiment bénie, qui avez été choisie pour être le temple magnifique de la gloire de Dieu, et le palais sacré du Roi des cieux. Votre sein virginal est la demeure royale en laquelle s’est faite l'heureuse alliance de l'humanité de Jésus-Christ avec la divinité. C’est en vous que s’est faite la réconciliation de Dieu avec

t. Ab. Barbier, 170.

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