‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 170 sur 458 · IC · texte numérisé non relu

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les cas, sont indispensables à l’explication de l’iconographie chrétienne. Voici des extraits du protoévangile de saint Jacques :

« Le sixième mois de la grossesse étant arrivé, Joseph revenu de ses travaux et, en entrant chez lui, il vit sa femme enceinte; il se jeta alors à terre, pleura amèrement, délibérant sur ce qu’il aurait à faire. Enfin, se relevant, il dit à Marie : « O toi qui « étais l’objet des soins de Dieu, qu’as-tu fait? As-tu oublié le Seigneur, ton Dieu? « Toi qui as été élevée dans le Saint des saints, qu’as-tu fait de ton âme? A quoi u t’a-t-il servi d’avoir été nourrie de la main des anges? » Mais elle pleurait aussi disant : « Je suis pure et je n’ai point péché. — Mais d’où vient que tu es enceinte? — « Je ne sais comment, répondit Marie, mais mon Dieu est vivant. » Joseph stupéfait continuait à se dire : « Qu’en ferai-je? Si je cache sa faute, on me trouvera coupable « selon la loi de Dieu. Si je la livre aux enfants d’Israël, je crains de n’être pas juste, « et j’exposerai le sang innocent à une condamnation capitale; je la quitterai secrè- « tentent. » Comme il était dans ces angoisses, voici qu’un ange du Seigneur lui dit : « Ne crains pas de conserver ton épouse, car le fruit qu’elle a vient du Saintci Esprit; elle enfantera un fis que tu appelleras Jésus; car il lavera son peuple de ses « péchés. » Joseph, éveillé, glorifia Dieu qui lui avait fait une aussi grande grâce et garda la Vierge. Or, comme le scribe vint trouver Joseph et lui demanda pourquoi il n’avait pas assisté au synode : « Parce que j’étais fatigué de mon voyage, répondit « Joseph, et je me suis reposé le saint jour. » Alors le scribe, se tournant vers Marie, vit qu’elle était enceinte, et s’en alla aussitôt vers le grand prêtre auquel il dit : <c Joseph, à qui tu as accordé ta confiance, a commis une grande faute vis-à-vis de la « Vierge qu’il avait reçue du temple, il n’a pas déclaré sa grossesse. » Le grand prêtre ne voulant pas le croire envoya ses agents qui reconnurent qu’en effet Marie était enceinte, et la conduisirent avec Joseph pour être jugée. Le prêtre fit des reproches à Marie sur sa conduite et surtout d’avoir oublié qu’elle avait été élevée dans le Saint des saints, nourrie de la main des anges. Elle pleurait amèrement et dit : « Le Seigneur Dieu vivant est témoin de ma pureté! »

« Le prêtre s’adressant ensuite à Joseph lui dit : « Qu’as-tu fait? » Joseph répond : « Mon Dieu est vivant et son Christ vit aussi, je suis pur de tout ce que vous « m’accusez envers elle. — Dis la vérité, reprend le prêtre, tu as dérobé ses noces, « et tu ne l’as pas déclaré aux fils d’Israël et tu n’as pas baissé ta tête sous la main « du Tout-Puissant pour qu’il bénît ta descendance; » et Joseph garda le silence.

« Le prêtre dit encore : « Prends la vierge que tu as reçue du temple de Dieu. » Comme Joseph fondait en larmes, le prêtre dit : « Je vous ferai boire de l’eau de « l’épreuve et votre péché éclatera aux yeux de tous. » Ayant fait boire Joseph, il l’envoya dans la montagne, et Joseph revint sain et sauf. La même épreuve répétée

sur Marie obtint le même résultat; et tout le peuple admira que le péché ne fût pas

ioô CH. IV. — SOUPÇONS DE SAINT JOSEPH.

révélé. Le prêtre leur dit alors : « Dieu n’a pas manifesté votre péché, et moi je ne vous jugerai pas » ; et il les renvoya absous. Joseph reconduisit Mai'ie chez lui plein de joie et glorifiant Dieu. »

Nous donnerons maintenant un autre récit tiré de l’évangile de la Nativité :

« 11 advint ensuite que le bruit se répandit que Marie était enceinte. Et Joseph fut saisi par les ministres du temple et conduit au grand prêtre, qui commença, avec les prêtres, à le charger de reproches, disant : « Pourquoi as-tu fraudé les noces « d’une vierge si admirable que les anges de Dieu avaient nourrie comme une colombe « dans le temple de Dieu, qui n’a jamais connu un homme et qui était si merveil- « leusement instruite dans la loi de Dieu? Si tu n’étais pas coupable, elle serait « demeurée vierge jusqu’à présent. »

Et Joseph assurait son respect par serment. Le grand prêtre Abiathar lui dit : « Vive le Seigneur! nous allons te faire boire l’eau de l’épreuve du Seigneur, et « ton péché se manifestera aussitôt. » Alors tout le peuple d’Israël se réunit, et sa multitude était innombrable. Et Marie fut conduite au temple du Seigneur. Les prêtres et ses proches et ses parents pleui'aient et disaient : « Confesse aux prêtres ton péché, /< toi qui étais comme une colombe dans le temple de Dieu et qui recevais la nourriture « de la main des anges. » Joseph fut appelé pour monter auprès de l’autel, et on lui donna à boire l’eau de l’épreuve du Seigneur. Lorsqu’un homme coupable l’avait bue, après qu’il avait fait sept fois le tour de l’autel du Seigneur, il se manifestait quelque signe sur sa face. Lorsque Joseph eut bu avec sécurité et qu’il eut fait le tour de l’autel, aucune trace de péché n’apparut sur son visage. Alors tous les prêtres et les ministres du temple et tous les assistants le justifièrent, disant : a Tu es heureux, car « tu n’as point été trouvé coupable ». Et, appelant Marie, ils lui dirent : « Toi, quelle » excuse peux-tu donner ou quel signe plus grand peut-il apparaître en toi, puisque la « conception de tes entrailles a révélé ta faute? Puisque Joseph est purifie, nous te « demandons que tu avoues quel est celui qui t’a trompée. Car il vaut mieux que ta « confession t’assure la vie que si la colère de Dieu se manifestait par quelque signe sur « ton visage et rendait ta honte notoire. «Alors Marie répondit sans s’effrayer : « S’il y « a eu en moi quelque souillure ou s’il y a eu en moi quelque défaut de pureté,

« que Dieu me punisse en présence de tout le peuple, afin que je serve d’exemple de « châtiment du mensonge. » Et elle approcha avec confiance de l’autel du Seigneur, et elle but l’eau d’épreuve, et elle fit sept fois le tour de l’autel, et il ne se trouva en elle aucune tache. Et comme tout le peuple était frappé de stupeur et de surprise en voyant sa grossesse, et qu’aucun signe ne se manifestait sur son visage, divers discours commencèrent à se répandre parmi le peuple. Les uns vantaient sa sainteté, d’autres l’accusaient et se montraient mal disposés pour elle. Alors Marie, voyant que

NOTES ARCHÉOLOGIQUES ET EXÉGÉTIQUES. 107

les soupçons du peuple n’étaient pas entièrement dissipés, dit à voix haute, ce qu£ tous entendirent... qu’elle était vierge. — Alors tous l’embrassèrent, en la priant de pardonner leurs mauvais soupçons. Et tout le peuple, et les prêtres et les vierges la reconduisirent chez elle, en se livrant à l’allégresse et en poussant des cris, et en lui disant : « Que le nom du Seigneur soit béni , car il a manifesté ta sainteté à tout le « peuple d’Israël 1 »

NOTES ARCHÉOLOGIQUES

ET EXÉGÉTIQUES.

§ 2. Voluit occulto dimittere eam. L’abbé Orsini ne parle pas de renvoi, mais d’abandon ; il montre toutes les tribulations de saint Joseph, puis la résolution d’abandonner sa femme. C est l’avis de saint Jean Chrysostome ; saint Bernard pense que saint Joseph pénétra de lui-mème le mystère de la naissance de Jésus-Christ, et cependant que, par un sentiment d’humilité, il pensa à s’éloigner de la Vierge *.

§ 7. QÂccepit conjugem suam : accipere, que l’on rend généralement par recevoir, peut se traduire aussi par se charger de; ce qui n’exprime aucune contradiction, ni avec renvoyer , ni avec renoncer à ou s’éloigner et ne blesse par conséquent point le sens qui implique l’abandon de saint Joseph, qui aurait quitté la maison conjugale.

ICONOGRAPHIE

IVe SIÈCLE.

Nous citerons en première ligne le sarcophage du Puy, qui nous montre saint Joseph endormi, et l’ange lui apparaissant pour justifier Marie. Nous l’avons décrit au chapitre précédent.

VIe SIÈCLE.

Ravenne. Chaire épiscopale. — Une des plus

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