‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 174 sur 458 · I IO · texte numérisé non relu

I IO

CH. Y. — NATIVITE DE NOTRE-SEIGNEUR

dans sa ville natale. Joseph se leva donc et, conduisant Marie son épouse, il vint à Jérusalem, et il se rendit à Bethléem. Lorsqu’ils furent arrivés tout proche d’une caverne, Marie dit à Joseph que le moment de la délivrance était venu et qu’elle ne pouvait aller jusqu’à la ville. « Mais, dit-elle, entrons dans cette caverne. » Le soleil était au moment de se coucher. Joseph se hâta d’aller chercher une femme qui assistât Marie dans l’enfantement et il rencontra une vieille Israélite qui venait de Jérusalem, et, la saluant, il lui dit : « Entre dans la caverne et tu trouveras une femme au moment « d’accoucher. »

« Et, après le coucher du soleil, Joseph arriva avec la vieille devant la caverne et ils entrèrent. Et voici que la caverne était toute resplendissante d’une clarté qui surpassait celle d’une infinité de flambeaux et qui brillait plus que le soleil à midi. L’enfant, enveloppé de langes et couché dans une crèche, était allaité par sa mère Marie. Tous deux restèrent frappés de surprise à l’aspect de cette clarté, et la vieille demanda à Marie : « Est-ce que tu es la mère de cet enfant? » Et Marie ayant répondu affirmativement, la vieille lui dit : « Tu n’es pas semblable aux filles d’Eve. » Et Marie repartit : « De même qu’il n’y en a parmi les enfants aucun qui soit semblable « à mon fils, de même sa mère est sans pareille parmi toutes les femmes. » La vieille dit alors : « Madame et maîtresse, je suis venue pour acquérir une récompense qui « dure à jamais. » Et Marie lui répondit : « Pose tes mains sur l’enfant. » Lorsque la vieille l’eut fait, elle fut purifiée, et quand elle fut sortie, elle disait : « Dès ce « moment je serai la servante de cet enfant, et je serai vouée à son service durant « tous les jours de ma vie L »

Voici quelques passages du protoévangile de saint Jacques :

« XVII. Lorsque le dénombrement fut décrété pour Bethléem, Joseph se dit : « Je déclarerai mes fils, mais cette jeune fille, sous quel titre la présenterai-je? De » mon épouse ou de ma fille. Mon épouse? elle ne l’est pas. Ma fille? tout Israël sait « qu’elle ne l’est pas. Je ferai ce que Dieu me commandera. » Il fit monter Marie sur une ânesse, et l’accompagna avec Simon. Or s’étant retourné il la vit triste et se dit : « C’est probablement son état qui l’inquiète » ; mais s’étant encore retourné il la vit souriant. Il lui demanda alors la cause de ce qu’elle était tantôt dans la tristesse et tantôt dans la joie. Et Marie lui répondit : « Mes yeux voient deux peuples, l’un « pleurant et gémissant et l’autre joyeux. » Or ils avaient atteint la moitié de la route, et Marie dit à Joseph : « Descends-moi de l’ânesse, le temps est venu de mettre « au jour le fruit que je porte. — Mais, dit Joseph, je ne sais où te conduire, car ce u lieu est désert. » Marie le pressant encore, il la fit descendre.

x. Brunet, p. 62.

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