De Nativitate Christi
Agnoscat omne sæculum Venisse vitæ prœmium Post hostis asperi jugum Apparuit redemptio.
VIIe SIECLE ET SUIVANTS.
Dès le vne siècle, le dogme du virginal enfantement de Marie était proclamé au fond de la Grande-Bretagne. Le concile de Hatfield, en 680, reçut et publia les décrets du concile de Latran, enu trente et un ans plus tôt, parmi lesquels on lisait le suivant : « Celui qui ne confesse pas, suivant la foi de nos pères, que la sainte et toujours vierge Marie est proprement et vraiment la mère de Dieu... par la vertu du Saint-Esprit, et qu’elle conçut spécialement et vraiment Dieu lui-même, le Verbe, lequel, avant tous les siècles, est engendré de Dieu le Père, qu’elle lui a donné naissance, sans aucune corruption, et en conservant intacte sa virginité, qu’il soit anathème1 ! »
Esaias quæ concimt Compléta sunt in virgine ;
Annuntiavit Angélus Sanctus replevit Spiritus.
Maria ventre concipit^
Verbi fidelis semine ;
Quem totus orbis non capit Portant puellæ viscera.
Radix Jesse jam floruit,
Et virga fructum edidit;
Fecunda partum protulit Et Virgo mater permanet.
Præsepe poni pertulit Qui lucis auctor extitit :
Cum Patri cœlos condidit,
Sub Matre pannos induit.
Legem dédit qui sæculo,
Cujus decem præcepta sunt,
Dignando factus est homo Sub lege esse vinculo.
Adam vêtus quod polluit,
Adam novus hoc abluit;
Tumens quod ille dejecit,
Humillimus hic erigit.
Jam nata lux est et salus,
Fugata nox et victa mors,
Venite, gentes, crédité Deum Maria protulit.
(F. Clément, p. 328 et 358.)
x. Bridgett, Our lady’ s dowry.
CH. V. — NATIVITE DE NOTRE-SEIGNEÜ R.
Ælfric. — Au x° siècle, Ælfric, dans ses homélies, rappelle la prophétie d’Israël et la porte mystérieuse qui symbolise Marie, porte que ne devrait ouvrir aucune main humaine et qui était réservée à Dieu lui-même. Il parle aussi de la verge aride d’Aaron, dont la sève miraculeuse fut une image de la maternité de la sainte Vierge1.
Leofric. — Un ancien manuscrit que Leofric, évêque saxon d'Exeter, donna en 1066 à sa cathédrale, contient une collection de poésies anonymes qui appartiennent au ix° ou Xe siècle et dont nous rappelons ici quelques passages :
« O Marie, la plus pure des femmes qui soit sur la terre et qui pourront jamais y paraître, tu possèdes un privilège que ne peut rendre la langue humaine, tu as la joie d’être l'épouse du plus sublime Seigneur du ciel. — Tu es la plus élevée dans les cieux, aussi les disciples du Christ disent en chantant que tu es leur reine et que tu dépasses en gloire et en vertus toutes les créatures... Le Seigneur du triomphe commande à son haut messager de s’éloigner à tired’aile de sa Majesté et de voler vers toi pour te faire connaître sa puissance, pour te dire que le Fils du Seigneur, dans une chaste nativité, sortirait de toi pour le rachat du genre humain, et que toi-même, ô Marie, tu demeurerais sans tache... Nous connaissons maintenant l’honneur que tu reçus de Gabriel, le messager de Dieu. — Ah! daigne nous le faire connaître à nous, pauvres habitants de la terre, afin que nous tressaillions d’allégresse. — Nous pouvons maintenant contempler cet Enfant dans nos pensées ; intercède pour nous par des paroles hardies, atîn qu’il ne nous laisse pas plus longtemps dans cette vallée de mort, obéir à l’erreur, mais qu’il nous conduise dans le royaume de son Père, où désormais sans angoisse, environnés de gloire, nous habiterons avec les hôtes de Dieu. »