‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 200 sur 458 · Td ., pl. XII, fig · texte numérisé non relu

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CH. Y. — NATIVITE DE NOTRE-SEIGNEUR

les deux animaux placés symétriquement; on dirait d’un tabernacle. La sainte Vierge, comme dans les ivoires de Milan, est exclue de cet abri; elle est couchée à gauche et en dehors, saint Joseph assis plus loin, mais du même côté. En pendant on a figuré les bergers et l’ange qui les avertit. L'architecture de ce basrelief est tout à fait antique, elle paraît même plus romaine que les figures.

Paliotto de Milan. — Dans le paliotto de Saint-Ambroise à Milan, la sainte Vierge est assise, ce qui est un signe d’antiquité relative; derrière la crèche un berger ouvre les bras, à côté paraît un personnage mitré dans lequel il est difficile de reconnaître saint Joseph.

Ivoire de la collection Spit^er. (PL XIX.) — L’ivoire que M. Spitzer a eu la bonté de nous communiquer et qui est entièrement consacré aux scènes de l’Incarnation, nous fournit un type intéressant et original pour la Nativité. L’enfant Jésus nimbé et de taille adulte est couché sur un lit très-riche; nu dans la partie supérieure du corps, il est pour le reste couvert d’un drap, disposition analogue à celle du lit de la sainte Vierge dans le bénédictionnaire de saint Æthelwold du xe siècle. Sa tête est appuyée sur la main droite et le bras gauche est hors du drap. Par derrière la sainte Vierge, très-notable particularité, est nimbée et debout , elle lève la main gauche, à côté d’elle saint Joseph debout, sans nimbe, étend les deux mains vers l’enfant, semblant s’écrier : « Voyez-le ! » Deux animaux accompagnent le lit, ils sont peu caractérisés. Trois bergers au pied contemplent le Sauveur qu’un ange leur indique. Cette charmante composition se trouve ainsi terminée à chaque extrémité par un ange, dans deux positions identiques et cependant chacune bien rattachée au sujet. La teinte de l'ivoire est devenue, avec le temps, connue celle du buis. (Voir Annonciation.)

Manuscrit de l oArsenal. (Pl.XXVIL) — Le

bel ivoire antique de la bibliothèque de l’Arsenal recouvre un petit manuscrit du ixe siècle. Au folio 3 nous y trouvons une Nativité : la sainte Vierge couchée avec l’enfant Jésus dans ses bras, saint Joseph assis au pied du lit. Audessous les animaux regardent l’enfant dans son berceau. Dans les deux situations l’enfant est couvert de langes bleus, saint Joseph porte une tunique rouge et un manteau violet. Au folio 4, les bergers sont avertis par l’ange : au premier on voit une tunique rouge, écharpe verte, manteau vert, caleçon violet. Au second, manteau blanc, tunique bleue. Le troisième se cache derrière ses compagnons. L’ange a un manteau vert et une tunique rouge.

Manuscrit 9386 de la Bibliothèque nationale. (PI. XXVII.) — Un manuscrit de la Bibliothèque nationale qui provient de celle de Chartres, et dont nous avons déjà parlé à l’occasion de l’Annonciation^ nous donne la Nativité sous des formes presque aussi barbares qu’au manuscrit de l’Arsenal ; nous n’en offrons deux spécimens que pour prouver une fois de plus que si la disposition des personnages conserve la forme hiératique, la perfection ou l’imperfection du. travail ne peut fixer l’âge d’un monument. Ici le nimbe de la sainte Vierge est rouge, son manteau jaune et sa robe brune, comme dans l’Annonciation.

Xe SIÈCLF.

Coffret du Louvre. ( PI. XXI.) — Le coffret de la collection Sauvugeot, qui nous a déjà fourni plusieurs scènes, nous offre, sur un des petits côtés, une Nativité intéressante. — La scène se passe sous un portique dont les rideaux sont relevés, la sainte Vierge occupe la première travée; l’enfant couché dans sa crèche la seconde, et saint Joseph apparaît dans la troisième sous les traits qu’on lui prête ordinairement.

Ivoire Barberini. — Un des volets de l’ivoire de la Bibliothèque Barberini nous montre Notre- Seigneur entouré par dix scènes évangéliques :

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ICONOGRAPHIE

la Nativité, que nous avons ici spécialement en vue, puis le Baptême, l’Entrée à Jérusalem, la Transfiguration, la Descente de croix, le Crucifiement, l’Ensevelissement, les Limbes, l’Ascension et la Pentecôte. — Dans la Nativité, la sainte Vierge est couchée à côté de l’enfant Jésus ; sur le devant, deux femmes lavent l’enfant; saint Joseph est assis et tient sa tête dans sa main. En haut, à droite, un ange parle à un berger, et à gauche deux anges apparaissent au dessus des trois mages, qui sont coiffés de mitres droites. — Nous reviendrons sur l’autre volet, qui est tout à fait consacré à la sainte Vierge et à son histoire. En classant ce monument au Xe siècle, nous suivons le sentiment de plusieurs archéologues ; cependant d’autres, au nombre desquels se trouve Gori, le font descendre à un temps très-postérieur. On sait quelle difficulté présente en général la classification des ouvrages byzantins, mais nous ne pensons pas qu’on puisse le placer au-dessous du xie ^siècle. La madone, debout, n’estpas un argument contraire, car si les statues de Marie avec l’enfant debout étaient rares alors, on peut citer des exemples de bas-reliefs qui nous la montrent dans cette attitude, entre autres un ivoire publié par M. Labarte atr les monnaies byzantines.

Ménologe. (PL XX.) — Le Ménologegrec du Vatican occupe une des premières places dans notre recueil du xP siècle. — C’est un véritable tableau avec sa composition dramatique, et de plus un tableau pittoresque : c’est peut-être un des premiers types qui nous montre la grotte entourée d’un paysage agreste. — Un rayon de lumière descend du ciel sur la crèche, au-dessus de laquelle, comme les chérubins devant l’arche antique, deux anges sont en adoration. — Un troisième ange avertit le berger. — Marie est assise à l’entrée de la grotte, dans une attitude de prière et*de pieuse sollicitude. — En avant une femme baigne l’enfant dans le bassin, et saint Joseph, à gauche, assis, semble livré aux réflexions que lui inspire un si grand mystère et la charge auguste qu’il a reçue de Dieu. On

voit que dans cette miniature qui a plus de om,r6 de large, le peintre a su s’affranchir de la rigueur des lois byzantines et donner à la sainte Vierge une noblesse de maintien dont les artistes l’avaient dépouillée depuis déjà si longtemps L

Bénédiclionnaire saint Ætliehuold. (PI. XIV.) — Le bénédictionnaire de saint Æthelwold, de la fin du xfi siècle, avec lequel nous avons déjà fait connaissance à l’Annonciation, présente la Nativité au milieu des mêmes qualités et des mêmes défauts, dessin excessivement soigné, plus exact, mais contourné et prétentieux, très-grande richesse, figures humaines bien traitées, incomparablement mieux que celles d’animaux, oubli complet de la perspective. — La sainte Vierge est couchée sur un lit somptueux, saint Joseph, assis près d’elle, la regarde en s’appuyant la tête dans la main, une femme paraît derrière la sainte Vierge, et dans le bas Notre- Seigneur est couché^dans un riche berceau audessous des deux animaux.

XIe SIÈCLE.

Porte d’Hildesheim (Pl. XXV). — Dès le début du xie siècle, nous trouvons la porte de bronze de la cathédrale d’Hildesheim8, et sur ce bronze une Nativité remarquable; si le fondeur a commis la faute de supposer la sainte Vierge

1. La sainte Vierge : manteau violet, robe bleue. Des traits d’or et des traits noirs indiquent seuls les clairs et les ombres. L’enfant Jésus : blond, nimbé d’or, filets bleus, langes blanc bleu. — Ange à gauche : robe bleu clair, manteau blanc de laine. ier Ange adroite: robe bleu clair, manteau lilas. 2e Ange à droite : comme le premier; à tous les trois, ailes brunes aux attaches, blanc bleu aux extrémités, filet d’or sur le brun. Saint Joseph : tunique bleue, manteau blanc de laine et tons verdâtres, ombres foncées, nimbe d’or avec filet bleu clair. La sage-femme : bras nus, robe rouge, bonnet blanc. Les deux vases : ocre avec filets d’or. Le bœuf : ocre rouge, cornes d’or. Ane : gris. Moutons : blanc de laine, cornes d’or. Chèvre : noir. Berger : manteau de poil noir, bras et jambes nus. Les tiges des fleurs et quelques reflets de troncs d’arbre en or. Fleurs : bleues et blanches, rouges et blanches.

2. Forster et de Suckau, Sculpt.} 1, p. 96. La gravure reproduit assez fidèlement le bronze

CH. V

NATIVITE DE NOTRE -SEIGNEUR

couchée, il a au moins relevé la dignité de saint Joseph en l’asseyant sur un trône; Marie a un livre entre les mains. — L’enfant, dans la crèche, a les mains dégagées, et près de lui le bœuf et l’âne.

Porte de Saint-Paul. — Sur le tableau des portes sculptées que nous avons tracé plus haut, p. âo); on pourra voir notre sujet plusieurs fois répété. Contentons-nous de rappeler ici la célèbre porte de Saint- Paul, que nous avons pu étudier exactement dans les estampages qu’on nous a permis de prendre. H XC TENECIC, telle est l’inscription qui nous signale la Nativité parmi les nombreux panneaux de ce bronze L — -En haut apparaissent trois anges et deux bergers; Natre- Seigneur dans la crèche au-dessous des deux animaux; la sainte Vierge, couchée, chasse de la main le lièvre, emblème contraire à la pureté ; saint Joseph, à droite, paraît méditer. Deux femmes lavent le petit enfant Jésus dans un large vase.

Bibliothèque nationale, grec Ji°y 4(P1. XV). — Arrivons à la Bibliothèque nationale de Paris, ce riche trésor où nous pouvons puiser à pleines mains des œuvres du xie siècle; notons d’abord le joli manuscrit grec n° 74, où la Nativité se présente sous une forme très-compliquée. Nous y voyons, comme toujours, la sainte Vierge à demi couchée, l’enfant dans la crèche, les deux animaux, saint Joseph dans le bas, les deux sages-femmes, l’ange et les deux bergers ; mais un trait original et particulier à ce petit tableau nous montre, au tournant de la colline, les mages à cheval arrivant au galop en élevant les bras en signe d’enthousiasme.

IP M iVoft' -r Latin, na 9438 (PI. XXVII.)

scrit du fonds latin à peu près contemporain

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on n’y voit que la Vierge, l’enfant et les deux

animaux1. — Ce manuscrit a appartenu à la cathédrale de Limoges ; on n’y trouve pas la fête de saint Martial du Miracle des Ardents, qui arriva en 9514 ; d’autre part, il est antérieur au concile de Limoges de 1034; c’est donc entre ces deux dates qu’il a été écrit.

Si les miniatures ont peu de mérite artistique, par compensation la calligraphie en encre noire est magnifique , elle est ornée de beaucoup de lettres rouges, d’un grand nombre de jolies majuscules et de quelques belles lettres ornées2.

Manuscrit 12117 (Pl. XXII.) — Unmanuscrit de om2 5 sur om3 5 , parmi des suj ets fort disparates 3, contient plusieurs sujets sacrés, entre autres la Nativité, la Présentation au temple, la Fuite en Égypte, l’Adoration des mages. La Nativité, dans un demi-ovale, présente la sainte Vierge

1. La sainte Vierge et l’enfant ont des nimbes d’or et des bandes d’or disposées sur leurs vêtements. Au-dessous, un ange parle à deux bergers coiffés du bonnet phrygien. Trois chèvres broutent un arbre de couleur rouge; la sainte Vierge étend la main au-dessus de l’enfant.

2. Voici le relevé de ce manuscrit 9438, dont nous avons gravé dans l’Évangile le baptême et les noces de Cana. F0 29 : la Présentation. F0 44 : Notre-Seigneur entre deux apôtres qu’il envoie préparer la Pâques et l’entrée de Jérusalem, o il figurent l’ânesse et l’ânon, Zachée, un homme qui étend la tunique, quatre ou cinq personnes qu’on aperçoit dans la ville. F0 46 : la Cène, le Lavement des pieds, figures sans aucune proportion. F0 58. Notre-Seigneur dans une auréole. F° 59 : le crucifix, horrible dessin. Notre-Seigneur semble dessiné par un calligraphe; il a les yeux fermés, les deux pieds séparés; en haut, le soleil et la lune; en bas, deux morts sortant du tombeau. F0 76 : en haut un ange tout à fait renversé tient un encensoir. Un autre assis sur une pierre de couleur rouge, les linges pliés en rond, trois saintes femmes; l’une a les mains noires et tient un objet rouge qui 11e peut être qu’une boîte à parfums. F0 87 : La Pentecôte; en haut, Notre-Seigneur; en bas, 12 personnages sans distinction pour la sainte Vierge, ce qui fait penser qu’elle n’y est pas représentée. Douze filets rouges partant des oreilles de Jésus-Christ vont sur la tète des apôtres.

3. Ce manuscrit a 187 feuillets et des sujets très-disparates, tels qu’un trai-té des poids et mesures par Rhemnius Fanius. Dix livres des Constitutions de saint Clément. Deux chroniques depuis Adam jusqu’à Charlemagne, quarante-deux ans de son règne. Généalogie des rois de France jusqu’à Henri 1er. Traité d’astrologie. Ephémérides de Bède. Traité des 7 planètes.

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