Tromb., Sum. aura I
ICONOGRAPHIE
exposé au cabinet des médailles de laBibliothèque nationale , nous fait voir douze sujets tels que l’Annonciation, la Visitation, la Nativité, un sujet effacé qui ne garde que l’inscription MP OU, le Baptême avec les signes IC XC, la Transfiguration, le Crucifiement, etc. Ces images sont trop frustes pour pouvoir être reproduites ,* on distingue cependant dans le mieux conservé la scène de la Nativité. Un premier personnage nimbé semble tenir un enfant dans son berceau, ou plutôt dans son maillot, comme on le voit sur un marbre du musée de Latran1. Le nimbe qui le caractérise exclut la pensée de la sage-femme trop souvent figurée plus tard. A côté, la sainte Vierge se retrouve encore à demi couchée, l’enfant dans la crèche avec une tête de bœuf au-dessus.
Ce cylindre, ou plutôt ce prisme hexagonal, serait un cachet dont on fit usage du me au vne siècle. Voici la note du catalogue à son sujet : « Ce monument offre un exemple, peutêtre unique, au moins très-rare, de l’application aux usages chrétiens de la forme du cylindre si longtemps employée pour la forme des amulettes, dans les religions orientales. Dans son état de conservation très-imparfaite, il est difficile de lui assigner une date, cependant nous serions tenté de le croire antérieur au vme siècle et originaire de la Mésopotamie, c'est-à-dire des contrées où on fabriquait de toute antiquité des monuments analogues. »
Nous devons ajouter cependant que ce travail microscopique nous semble plutôt dû aux Grecs qui en ont fait beaucoup de ce genre; cm y lit : MP OU, ce qui paraît trancher la question. Enfin dans le Crucifiement, la pose souple du Sauveur nous ramènerait à une époque beaucoup plus basse.
V IIIe SIECLE.
Manuscrit de Saint-Marc. — Au vnP siècle la Bibliothèque de Saint-Marc nous offre un manuscrit où la scène byzantine est complète et
i. Eva. ng.. I, pl. XIX, fig. 2.
dans lequel on voit la sainte Vierge couchée, saint Joseph assis, l’enfant dans la crèche audessus des deux animaux, puis lavé par les sagesfemmes, enfin dans le haut, les anges appelant les bergers h
Ravenne. — Un ivoire de Ravenne disposé dans le même sentiment réunit l’adoration des mages et celle des bergers2.
Vatican. — Nous trouvons un ivoire plus simplement traité dans le musée chrétien du Vatican. La sainte Vierge à demi couchée, l’enfant dans la crèche avec les deux animaux, puis, entre les sages-femmes, saint Joseph la main sous le menton et méditant; trois anges adorant le Sauveur, un autre appelant un berger au milieu de son troupeau. Si cet ivoire n’est pas un modèle de finesse, on doit cependant reconnaître dans la pose de la sainte Vierge une noblesse que les madones byzantines n’ont pas toujours su garder. Elle est couchée, mais la tète et le haut du corps sont droits. On peut voir dans cette attitude une preuve d’antiquité ; généralement aux xie et xne siècles, comme aux portes de Pise ou sur la façade de Notre-Dame de Poitiers, la sainte Vierge est absolument étendue. A l’époque de cet ivoire, les artistes se rappelaient encore les premières leçons de l’iconographie chrétienne.
IXe SIECLE.
Ivoire de Kensïngton. (Pl. XIX et CXLIV.) — Un ivoire allemand qui a fait partie de la collection Soltycoff et que possède aujourd’hui le musée de Kensington, nous fournit une Nativité très-intéressante et sans doute du ixc siècle. La scène est figurée aux pieds d’une grande madone. On y retrouve le sentiment antique si savant dans la pondération d’un tableau ; la crèche et l’enfant divin occupent le centre, Jésus est couché sous un riche portique entre
1 Evjng.; pl. XI, fig. t, p. 4).